GESTION DU MALI : Modibo Sidibé, un homme d’État qui galvaude son capital de crédit

Grand commis de l’État, respectable et respecté pour ses qualités d’homme d’État, les services qu’il a rendus à la nation malienne et son ambition de faire du Mali un des pays émergents, Modibo Sidibé est, lui-même, en train de travailler à sa chute politique. Certaines de ses décisions et alliances politiques en sont la cause. Son appartenance au M5-RFP « Malikura » en est une de ces alliances qui risquent de lui coûter cher, même parmi ses soutiens dans la population.

Ancien ministre de la Santé, ancien Premier ministre sous le président ATT, président des Fare Anka Wuli, Modibo Sidibé est l’un des hommes politiques les plus respectés au Mali.  A la différence de beaucoup d’hommes politiques, il a été toujours constant durant son combat politique. Toutes les qualités d’un grand commis de l’État sont en lui. Beaucoup sont les Maliens qui voient en lui les qualités du prochain président de la République après la Transition. Ces qualités, il les a prouvées durant ses passages dans les ministères et à la Primature. Partout où il est passé, il a laissé des résultats probants.

Modibo Sidibé, faut-il le rappeler, est l’un des rares hommes politiques maliens qui ont toujours réclamé la refondation du Mali. Il a fait une analyse profonde de la situation du Mali dans son programme politique lors de la campagne présidentielle dernière. Les propositions concrètes qu’il fait pour une sortie de crise au Mali et ses multiples actions en faveur d’un Mali nouveau ont suscité le respect de bon nombre de Maliens à son égard.

Aussi, dans ses combats politiques, Modibo Sidibé n’est jamais à l’excès. C’est pourquoi pendant les combats du M5-RFP, beaucoup ont estimé qu’il est l’un des hommes qu’il fallait soit comme président de la Transition ou président de la République après la transition.

L’alliance du discrédit

A la chute du président Bah N’Daw, les militaires au pouvoir ont confié la Primature au M5-RFP qui, à son tour, a choisi le président de son comité stratégique Dr Choguel Kokalla Maïga. Et ce dernier, depuis sa nomination, a promis la refondation de la nation malienne. Un combat mené par Modibo Sidibé depuis des années. Cette décision devrait être une fierté pour lui. Le dialogue qu’il a toujours prôné a été également promis par les autorités de la transition. Une autre victoire de Modibo Sidibé.

Mais quelques mois après la nomination du Dr Choguel Kokalla Maïga, le M5-RFP a été divisé. Certains, au lieu de travailler à la réussite de la transition, ont préféré se lancer dans un combat de personnes. Ainsi, une guerre a été ouverte contre le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga dont il réclame la tête. Les acteurs de cette rébellion au sein du mouvement hétéroclite sont Mme Sy Kadiatou, Me Mohamed Aly Bathily, Konimba Sidibé, Cheick Oumar Sissoko. Ce qui a été surprenant, c’est de voir Modibo Sidibé auprès de ces personnalités.

On pouvait comprendre la mésentente entre Mme Sy Kadiatou et Dr Choguel Kokalla Maïga, car l’un acteur du mouvement démocratique et l’autre, un soutien à Moussa Traoré. Quant à Cheick Oumar Sissoko, il voulait être Premier ministre. Sa mécontente pourrait se comprendre. Konimba Sidibé et Me Mohamed Aly Bathily, eux, n’ont aucun poids politique. Aujourd’hui, ce sont les mêmes acteurs qui ont créé le M5-RFP Mali Koura. Lors du lancement du mouvement, ils ont attaqué le Premier ministre et ont affirmé avoir écarté ce dernier du Comité stratégique du M5. Le M5-RFP peut-il être opposant au Premier ministre et soutien au président de la transition ? Très difficile, car jusqu’à preuve du contraire, le Premier ministre a le soutien de son chef.

Et aujourd’hui, les Maliens,  dans leur majorité, se reconnaissent en ce que font les autorités de la transition. Les hommes politiques opposés à la transition sont dénoncés par ceux-là qui vont élire le prochain président de la transition.

Pourquoi Modibo doit rester en dehors des querelles politiciennes

Le président des Fare avait toutes les chances de gagner la présidentielle prochaine, si Assimi Goïta n’est pas candidat. Il a un résultat qui pourrait convaincre les électeurs. Son programme est riche et conforme à l’évolution actuelle de la situation du pays. Mais, sa posture actuelle, surtout son allusion avec des Konimba Sidibé et Me Mohamed Ali Bathily  qui n’ont aucun poids politique, risque de lui coûter cher. Modibo Sidibé gagnerait mieux s’il restait à équidistance de ces querelles politiques.

B. Guindo

Source: LE PAYS

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