Gestion de la transition au Mali : Les concertations ont débuté hier

Au Mali, après des conciliabules sur les termes des références, les concertations nationales sur la gestion de la transition ont démarré hier, jeudi 10 septembre 2020. Durant trois jours, les Maliens vont essayer de « convenir de la feuille de route de la transition, de définir l’architecture et les organes de la transition, et de contribuer à l’élaboration de la charte de la transition.» Une question est sur toutes les lèvres : la gestion de la transition sera -t-elle confiée à un militaire ou à un civil ? La question divise aujourd’hui les Maliens malgré l’exigence faite par la CEDEAO de désigner un Président et un Premier ministre de la transition, tous deux civils, d’ici le 15 septembre.

 

A l’ouverture des travaux, hier, le colonel Assimi Goïta, le président du Conseil National de la Transition( CNSP) a déclaré que le Mali est à un tournant décisif de son histoire. « Nous devons laisser de côté nos différends pour poser les jalons d’un Mali  reformé. Je tiens à renouveler notre volonté de participer à la mise en place de l’architecture de la transition. Nous sommes condamnés à réussir pour les futures générations et nous réussirons par la grâce d’Allah et par les bénédictions de nos anciens», a indiqué le colonel Assimi Goïta.

Lors de cette première journée des concertations, 5 groupes de travail ont été mis en place. Ils ont planché sur deux points : la feuille de route et la charte de la transition. L’architecture et les organes de la transition seront au cœur des travaux de la journée de ce vendredi 11 septembre.

Les débats promettent d’être bien animé entre les participants, qui ne partagent pas forcément la même vision des choses.

Pour les soutiens de la junte militaire au pouvoir, il faut « une transition dirigée par l’armée ». C’est dans ce sens qu’une foule nombreuse, à l’appel du Mouvement Populaire du 4 septembre( MP4), s’est rassemblée, le mardi dernier, sur le Boulevard de l’indépendance à Bamako. « Les militaires ne sont pas venus du ciel, ils sont des humains comme nous, ils sont sociaux comme nous et ils comprennent nos préoccupations, donc, vu la rigueur qu’ils affichent, le peuple doit rester souder derrière eux pour réussir une transition », explique Seydou Oumar Traoré, l’un des responsables du Mouvement Populaire du 4 septembre.

Le Mouvement du 5 juin( M5 RFP), dont le Conseil National pour le Salut du Peuple dit être venu parachever le travail, selon certains de ces responsables, opte pour une transition civile. L’Imam Mahmoud Dicko, l’une des figures du Mouvement de contestation du 5 juin (M5), a indiqué qu’il préférait un civil à la tête de la transition au Mali. « Je privilégierais un civil parce que je ne souhaite pas que l’on se mette dans une situation qui nous mette en porte-à-faux avec la communauté internationale. Il faut faire en sorte de conserver avec elle de bonnes relations pour qu’elle nous accompagne et que nous puissions vraiment sortir de cette situation.»

Dans un tweet, Mamadou Ismaël Konaté, ancien ministre de la justice au Mali, estime que « la tentation est envahissante d’y être et de se maintenir au bonheur de gens, sceptiques quant aux capacités réelles de politiques en mal de corruption et de Patrie. De son avis, « il est plus facile de prendre militairement d’assaut l’État, mais il est plus difficile de lever le camp ! »

Les plus modérés appellent à plus de discernement pour le choix de l’homme qui va s’occuper de la transition. « Aux Maliens qui s’entredéchirent sur le choix d’un civil ou d’un militaire pour diriger la transition, je dirais que dans toutes ces deux catégories, il n’ y a pas d’or pur. Il va falloir plutôt s’entendre sur des critères précis qui permettront d’éviter une « ordure » », déclare Selon Ousmane Sy, ancien ministre de l’administration territoriale.

aÀ noter que la CEDEAO continue de faire pression sur les militaires au pouvoir au Mali afin qu’ils remettent rapidement le pouvoir aux civils. C’est sur une note martiale que le 57eme Sommet extraordinaire tenu le 28 août 2020 s’est achevé. Dans son communiqué final, la CEDEAO s’est adressée au Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP), qui a renversé le pouvoir du président Ibrahim Boubacar Kéïta, en lui demandant de désigner un président et un Premier ministre de transition d’ici au 15 septembre. «La Conférence demande que le Président et le Premier ministre de la transition, tous deux civils, soient désignés au plus tard le 15 septembre 2020.» La CEDEAO a réaffirmé « sa détermination à assurer un retour rapide à l’ordre constitutionnel dans ce pays, avec une transition politique dirigée par un Président et un Premier ministre civils pour une période de 12 mois. » Selon le communiqué, la Conférence maintient l’ensemble des décisions prises lors de son Sommet extraordinaire tenu le 28 août 2020 et prend note des consultations en cours entre les acteurs maliens, initiées par le Conseil National de Salut du Peuple (CNSP).

  1. K. Diakité

Source: Le republicain mali

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