G5 Sahel : le ministre Abdoulaye Diop prône un partenariat stratégique et inclusif face aux défis sécuritaires et de développement du Sahel

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a présidé ce mardi 26 juillet 2016, le lancement du Comité national de coordination des actions du G5 Sahel (CNC). C’était au Centre international de conférence de Bamako (CICB) en présence du ministre de la Défense et des Anciens combattants, Tieman Hubert Coulibaly ; du représentant du secrétaire permanent du G5 Sahel, Mamadou Samaké ; du représentant spécial de l’Union européenne pour le Sahel, Angel Losana.

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Créé en février 2014 à Nouakchott par les chefs d’État du Burkina Faso, du Niger, du Tchad, du Mali et de la Mauritanie, le G5 Sahel est un cadre institutionnel de coordination et de suivi de la coopération régionale en matière de politiques de développement et de sécurité. Le G5 Sahel s’avère comme un élément fondamental pour la stabilité de la région, ceci sur le plan économique que sécuritaire.

 

Pour l’atteinte de ces objectifs, chaque Etat membre du G5 Sahel s’est doté d’un Comité national de coordination des actions (CNC).

Chaque CNC bénéficie, pour son fonctionnement, des ressources financières de son pays.

 

Le CNC, selon le représentant du secrétaire permanant du G5 Sahel, doit jouer un rôle de coordination, de suivi et de proposition dans la mise en œuvre des programmes du G5 Sahel. Il jouera aussi un rôle de catalyseur entre les acteurs et œuvrera à faire connaître le G5 Sahel auprès des organisations de la société civile et des organes de presse. S’y ajoute le suivi-évaluation des programmes de l’organisation.

 

Le ministre Abdoulaye Diop a expliqué que l’objectif principal du G5 Sahel est la reconstruction économique et social de la région du Sahel afin de donner à ses peuples la paix, la sécurité, la stabilité, la démocratie et la prospérité. Pour ce faire, ll faut une approche stratégique inclusive de tous les acteurs pour atteindre les nombreux défis auxquels la région du Sahel est confrontée.

 

Une zone de tous les dangers

 

Au plan sécuritaire sous-régional, la bande sahélienne cumule radicalisation religieuse, résurgence des rébellions armées et des conflits intercommunautaires, fragilités structurelles, apparition de nouvelles routes d’immigration clandestine, de la drogue, trafics d’armes illicites, blanchiment d’argent et risques sanitaires. Toutes choses qui, hélas, contribuent à l’instauration d’une insécurité chronique dans cet espace et empêchent en conséquence les efforts de développement entrepris par nos Etats et nos partenaires. Aussi, on assiste à l’émergence de partenariats d’opportunité entre réseaux criminels et terroristes, dont le développement est facilité par l’absence des structures étatiques et par l’extension des zones de non-droit, ce qui doit nous alerter sur la nécessité d’investir dans la durée en faveur du développement et de la gouvernance.

 

Au plan socio-économique, les populations du Sahel demeurent durement confrontées aux aléas climatiques, à une insécurité alimentaire et nutritionnelle quasi-permanente, et à un déficit en infrastructures et services de base (transport, énergie, hydraulique et télécommunications).

Face à cette situation, les populations du Sahel, a indiqué Abdoulaye Diop, ont besoin d’un horizon plus visible et plus crédible pour retrouver l’espoir et se mobiliser de façon constructive pour réussir leur développement durable.

 

C’est pour cette raison que les Chefs d’État du Burkina Faso, du Niger, de la Mauritanie et du Tchad ont décidé la création du G5 Sahel.

À travers une stratégie pour le développement et la sécurité, les pays du G5 Sahel ambitionnent de réaliser l’intégration économique sous-régionale, en faisant de la paix et de la sécurité, la condition sine qua non de la croissance et du développement durable.

 

À noter que la feuille de route du G5 Sahel est axée sur la gestion des flux migratoires, le renforcement de la sécurité dans les zones frontalières, la lutte contre la criminalité organisée et la création des opportunités économiques durables pour la jeunesse.

 

“Nous devons nous tourner vers nos partenaires qui partagent avec nous la volonté de maintenir un outil de défense crédible et des capacités sécuritaires suffisantes pour l’atteinte de nos objectifs communs”, a souhaité le ministre Diop.

 

Il a saisi l’occasion pour demander aux acteurs d’accélérer l’élaboration de la matrice des initiatives et des projets prioritaires de la stratégie de développement et de sécurité (SDS-Mali) et d’en assurer le suivi ; d’assurer le suivi de la mise en œuvre de la feuille de route du G5 Sahel et des autres dossiers auprès de l’administration nationale. Il a également exhorté les acteurs nationaux que l’ensemble des Partenaires Techniques et Financiers (PTF), à soutenir et à participer davantage à la synergie d’action déclenchée au sein et entre les Etats de la sous-région sahélo-saharienne en matière de développement durable et de lutte contre le terrorisme et les crimes organisés.

 

Le chef de la diplomatie malienne a conclu en assurant les acteurs du G5 Sahel de la détermination du Gouvernement du Mali d’engager l’ensemble de ses moyens institutionnels, humains, techniques et financiers pour contribuer à la mise en œuvre de toutes les actions initiées par le G5 Sahel.

 

Le représentant spécial de l’Union européenne pour le Sahel a indiqué l’UE sera aux côtés du G5 Sahel pour faire de la région sahélienne un havre de paix et de développement.

 

“L’UE n’est pas là à travailler pour l’Afrique, mais à travailler avec l’Afrique et le Sahel”, a conclu Angel Losana.

En marge du lancement du CNC, des présentations ont été faites sur le G5 Sahel, sur son programme d’investissement prioritaire et sur les missions du CNC et des partenaires financiers du G5 Sahel.

 

Abou Berthé

 

La rédaction

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