Fraude massive en préparation avec des cartes NINA sans photos à Lyon en France

En effet, cette demande a été faite lors de la réunion d’information que le ministère de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de l’Aménagement du Territoire (MATDAT) a organisée, hier, sur la transparence électorale et la remontée des résultats. C’était en présence des mandataires des candidats à l’élection présidentielle du 28 juillet prochain qui ont demandé que les cartes non personnalisées au cœur de la polémique actuelle soient envoyées au Mali pour y être sécurisées.Moussa_Sinko_Coulibaly

L’information relative à l’existence de 1 900 000 cartes NINA sans photo, que certains auraient en vue d’utiliser de manière frauduleuse lors du scrutin du 28 juillet prochain, a fait sortir le ministère en charge de l’organisation technique et matérielle des élections de son silence. C’était à la faveur d’une réunion dite  » d’information sur la transparence électorale et la remontée des résultats  » dont les principaux animateurs étaient le Secrétaire Général dudit département, Dr Brahima Fomba et le Directeur Général de l’Administration du Territoire, Bassidi Coulibaly.

De leur exposé, il ressort que c’est le fichier produit par la Délégation Générale aux Elections (DGE) qui a servi à la production des cartes NINA personnalisées, au nombre de 6 877 449 sur une commande – prévision initiale- de 8 millions de cartes NINA. A la question de savoir le sort réservé aux cartes NINA non personnalisées, les responsables de l’Administration Territoriale diront que  » ces cartes non personnalisées n’ont jamais franchi les frontières du Mali « . Alors que le ministre Moussa Sinko Coulibaly avait, selon le mandataire d’un candidat, déclaré devant les députés que lesdites cartes allaient être remises à la CENI pour être mises sous scellé.

Voilà deux versions différentes qui ont amené plusieurs partis présents à cette rencontre à se demander laquelle des versions prendre comme proche de la vérité. Pour le Secrétaire Général, Dr Brahima Fomba,  » tous les citoyens ont droit à la carte NINA, y compris ceux qui ne votent pas « .

 

De ce fait, a-t-il souligné, « le fichier biométrique n’est pas parfait dans la mesure où des citoyens ne pourront pas voter à cause du fait de l’Administration ». Pour étayer cela, il a souligné tout d’abord que « cette année, par exemple, il n’y aura qu’un seul document de vote, à savoir la carte NINA ».

En ce qui concerne la sécurisation des votes, Dr Brahima Fomba et Bassidi Coulibaly ont fait observer que celle-ci est assurée par les Forces Armées Maliennes (FAMA) qui seront, en cas de besoin, appuyées par les forces de la Minusma. Les cartes NINA non personnalisées, qui se chiffrent à 1 122 551, ont fait, selon les animateurs de la rencontre, l’objet de beaucoup de spéculations.  ‘’Toutes ces spéculations sont non fondées » a déclaré le Secrétaire Général, Dr Brahima Fomba.

Il a dit que les 1122 551 cartes  non personnalisées sont des cartes vierges, donc non utilisables et qui sont stockées et sécurisées à Lyon en France, auprès de la société SAFRAN Morpho. Pourquoi les garder en France, alors que le Mali a payé et que celles-ci sont sa propriété? Se sont interrogés les mandataires de plusieurs partis politiques. Surtout quand on sait que l’attribution gré à gré du marché des cartes NINA avait, en son temps, fait couler beaucoup d’encre et de salive.

Les uns soupçonnant le fils d’un des candidats actuels d’avoir servi de démarcheur  au profit de la société attributaire dudit marché. C’est dire, dans cette affaire, qu’il y a une mare de suspicions qui sépare le MATDAT d’une partie de la classe politique, notamment du FDR.

Le fait que le ministre en charge des élections, Colonel Moussa Sinko Coulibaly, est un élément de l’ex-junte ne joue pas forcément en faveur d’une relation de confiance entre celui-ci et ces formations politiques. En effet, le président du FDR, Ibrahima N’Diaye avait, vingt quatre heures auparavant, dénoncé le fait que  » certains soldats » battaient publiquement campagne au profit d’un candidat.

Aussi, les partis membres du FDR estiment que ces militaires sont en « mission commandée » pour donner le pouvoir à un candidat sur un plateau d’argent. Voilà pourquoi, malgré un effort certain, les conférenciers ne sont pas arrivés à convaincre la masse des représentants des partis politiques qui avaient fait le déplacement à cette rencontre.

Aussi, les mandataires de plusieurs candidats ont réclamé que les cartes NINA non personnalisées, qui sont au cœur de la polémique actuelle, soient expédiées de Lyon au Mali, et cela dans les meilleurs délais. Surtout que lesdites cartes demeurent la propriété du gouvernement du Mali. Que font-elles alors en France ?

En l’absence d’une réponse claire à cette interrogation, les uns et les autres ont demandé que le ministère les fasse envoyer dans notre pays où elles seront auditées et mises en sécurité auprès de la CENI.

 

Les conférenciers avaient souhaité qu’une mission du département se rende à Lyon pour faire de visu le constat de la présence de ces cartes qui y seraient en sécurité.

Les responsables du MATDAT ont promis de faire analyser, en haut lieu, cette proposition de faire venir à Bamako les cartes non personnalisées afin que tout le monde puisse se rendre compte qu’elles ne serviront pas à frauder. Et cela avant le 28 juillet. Quel challenge !

Raison pour laquelle, le Secrétaire Général, Dr Brahima Fomba a demandé aux uns et aux autres de se faire confiance. Sera-t-il écouté ? Il est permis d’en douter.

En tout cas, la réussite ou l’échec de la transition dépendra de la transparence ou de la non transparence du scrutin du dimanche prochain.

 

Mamadou FOFANA

Source: L’Indépendant

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