Forum de Bamako: l’urbanisation au centre des préoccupations

Placés sous le haut parrainage du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, et présidés par le Premier ministre Modibo Keïta, les travaux de la 17e édition du forum de Bamako ont été officiellement lancés hier jeudi à l’hôtel Radisson Blu de Bamako, pour trois jours.

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C’était en présence du président de la Fondation Forum de Bamako, Abdoullah Coulibaly ; du Chef de la Délégation de l’Union européenne au Mali, M. HOLLEVILLE Alain ; de l’ambassadrice de France au Mali, Mme Évelyne DECORPS ; du Représentant spécial du Secrétaire Général (RSSG), Chef de la MINUSMA, M. Mahamat Saleh ANNADIF. Ont pris part également à cette cérémonie, les membres du gouvernement et les leaders religieux.
« L’Afrique face à la croissance urbaine : Les défis et les Enjeux », tel est le thème pour la 17e édition du forum de Bamako qui se veut un espace de réflexion de haut niveau sur l’avenir du continent. Le Forum de Bamako, faut-il le rappeler, a pour objectif de favoriser le métissage de connaissances et le partage des savoirs dans une approche participative.
Pour Abdoullah Coulibaly, Président du forum de Bamako, cette rencontre est axée sur les enjeux du développement de l’Afrique. « C’est un lieu et un temps d’échanges d’idées et de dialogue où se rencontrent chefs d’entreprises, hommes et femmes politiques, décideurs publics, universitaires, experts, représentants de la société civile et des médias, du continent africain et des autres continents », a-t-il dit.
Pour le thème retenu, cette année, à savoir « L’Afrique face aux défis de l’urbanisme : faire de la ville un levier de prospérité collective et d’harmonie sociale », il soutient qu’il cadre parfaitement avec l’actualité. Car selon lui, les populations des villes d’Afrique sont en croissance et celles-ci s’étendent spatialement sans pouvoir fournir des services de qualité aux usagers.
« Il s’agit entre autres de l’étalement des villes et des risques d’implosion sociale liés à la gestion foncière », a-t-il dit. En prenant l’exemple sur la capitale malienne, M. Coulibaly a laissé entendre que la croissance urbaine n’avait pas seulement changé Bamako, mais qu’elle l’avait aussi défigurée par endroits. En conséquence, poursuit-il, tout espace, quels que soient la mémoire, le symbole, la beauté et la nécessité qu’il incarne, est devenu objet de tentation et de convoitises malsaines.
« En un laps de temps, l’accaparement de l’espace a fini de détruire ce que la nature avait mis des siècles à construire ; il a fini de détruire ce que nos ancêtres avaient eu la sagesse et la patience de planter, de sauvegarder, de respecter, par devoir de génération et pour l’équilibre de la chaine écologique où tout est lié à tout, ou tout dépend de tout. Les collines, dont les hauteurs et les arabesques qui en faisaient des chefs d’œuvres naturels, sont de nos jours, balafrées, tailladées et concassées par les chasseurs d’Espaces », déplore-t-il.
À ces problématiques, M.COULIBALY a cité celles des insuffisances des fonds alloués au développement urbain, d’infrastructures de mobilité et de divertissement, des services urbains de base (eau, assainissement et électricité) ; sans oublier la concentration de la population dans une seule ville. Face à tous ces défis, une analyse fine, sur le type de ville qui correspond le mieux à l’émergence de l’Afrique, est attendue des expertises et des acteurs du développement, selon lui.
M. HOLLEVILLE de l’Union européenne a pour sa part exprimé sa fierté personnelle et celle de son institution d’être, depuis quelques années un partenaire dudit forum qu’il qualifie d’une plateforme d’échange de très haut niveau sur les questions fondamentales qui concernent l’Afrique en général et le Mali, en relation avec leurs voisins et partenaires. Il a par ailleurs soutenu que le thème de ses assises cadre parfaitement avec les objectifs de l’Union européenne, compte tenu des défis de son accroissement. « Le défi auquel l’Afrique doit faire face est sans précédent. La population urbaine en Afrique devrait tripler au cours des 50 prochaines années.
Promouvoir une urbanisation réussie constitue une condition nécessaire pour répondre aux défis du développement de l’Afrique, notamment en matière de démographie, de sécurité et pour lutter contre la pauvreté », a-t-il.
Pour sa part, M. Modibo Keita a indiqué qu’au-delà de l’analyse sur les causes de l’attraction des villes, il faudra réfléchir sur la répartition des richesses, à travers la création des conditions pouvant maintenir les jeunes dans les villages.

Par Christelle KONE

 

Source: info-matin

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