Force du G5 Sahel : Entrave à son statut politico-juridique à l’ONU

La force militaire virtuellement créée par les pays du G5 Sahel pour lutter contre le terrorisme dans leurs espaces va devoir franchir un obstacle de taille avant de prendre véritablement corps.

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Pour preuve, son soutien politique et juridique que la France espérait lui trouver facilement auprès des Nations-Unies se trouve confronté à la réticence des Américains et des Britanniques. Ceux-ci reconnaissent, certes, le bien-fondé de cette force anti djihadiste en instance mais ils refusent pour l’heure de lui voter une Résolution, histoire de ne pas être obligés de mettre la main aux portefeuilles pour son financement.

 

La conséquence de cette donne est que Paris et les cinq pays du G5 Sahel se retrouvent contraints de prendre leur mal en patience en espérant que les discussions qui se poursuivent en coulisse, depuis le vendredi dernier, parviendront à faire revenir Américains et Britanniques à des meilleurs sentiments.

Tout a commencé le mardi dernier lorsque la France a introduit sa première requête visant à faire voter rapidement une Résolution pour donner un soutien politique et juridique à l’envoi d’une force anti djihadiste de 5000 Hommes au Mali. Selon ce projet de Résolution, cette force militaire pourrait utiliser tous les moyens nécessaires pour «combattre le terrorisme, le trafic de drogue et le trafic de personnes». C’était sans compter l’opposition des Américains et des Britanniques qui estiment, toutefois, que ce mandat délivré à la force du G5 Sahel manque de précisions. Les Etats-Unis préféreraient une simple déclaration du Conseil, plutôt qu’une Résolution. Washington juge le mandat de cette force beaucoup «trop large et manquant de précisions», craignant que cela ne crée un dangereux précédent en autorisant l’usage de la force pour une large palette d’activités. Officiellement, une simple déclaration du Conseil de Sécurité des Nations-Unies suffirait, selon les opposants au projet de Résolution, à donner un soutien politique à cette nouvelle force antiterroriste au Sahel. Officieusement, ils ne veulent surtout pas se retrouver contraints à payer pour le déploiement d’une force africaine qui viendrait soutenir la MINUSMA et l’opération Barkhane en se concentrant sur la lutte antiterroriste transfrontalière.

Il fallait, donc, que Paris revoie sa copie. Ce qui fut chose faite, vendredi 9 juin 2017, lorsque les Représentants français ont proposé au Conseil de Sécurité un nouveau texte, le premier révisé  qui précise cette fois-ci que les groupes armés ciblés par la force du G5 Sahel figurent sur la liste des groupes terroristes des Nations-Unies. Washington et Londres ne voulant pas de fonds des Nations-Unies pour cette opération alors que l’Union Européenne a, quant à elle, déjà accepté de verser 50 millions d’euros pour cette force régionale, un vote sur le projet de Résolution français pourrait intervenir dans le courant de cette semaine. Ce, d’autant plus que des négociations se poursuivent. Patience, donc, au Général de Division malien, Didier Dacko, récemment promu à la tête du commandement de cette force du G5 Sahel. Le chemin, quelque peu montueux de sa garnison doit être aplani avant toute entame effective de la mission à lui confiée.

Katito WADADA

 

Source: LE COMBAT

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