Focus : L’appareil d’Etat bloqué

Depuis le 15 janvier 2014, la salle du conseil des ministres est demeurée hermétiquement close à Koulouba. Congé gouvernemental ? Absence d’équipe gouvernementale ? Ce n’est ni l’un, ni l’autre. L’explication se trouve ailleurs. Et elle est d’une simplicité ahurissante, mais reflète l’état de déliquescence de l’appareil d’Etat du Mali. Alors pourquoi depuis un mois, un seul conseil ne s’est pas tenu ? Parce que tout simplement, le président de la République semble engagé dans un tour du monde qui, forcement, l’éloigne du pays, des dossiers de la nation et des préoccupations nationales. Hier, il était successivement à Nouakchott, Alger et Doha au Qatar. Aujourd’hui, il vient de boucler un voyage (officiel) à Tunis et un séjour (imprévu) en France. Et demain…! Pendant ce temps, l’appareil d’Etat a cessé de fonctionner, il est bloqué.IBRAHIM BOUBACAR KEITA IBK president malien sommet union africaine addis abeba ua

L’administration malienne a du mal à se mettre en marche après la crise ; l’incertitude règne dans les régions du nord ; la psychose gagne le reste du pays et même Bamako, où des rumeurs, sur l’éventualité d’attentat circule avec insistance.

Au même moment, les Maliens commencent à douter. Oui, à douter sérieusement sur les capacités d’IBK… toutes ses capacités.

En réalité, le locataire du palais de Koulouba, en cinq petits mois, ne fait que confirmer tout le mal que de nombreux Maliens pensent de lui. Ces compatriotes qui l’ont vu à l’œuvre sous Konaré (à la Primature) et sous ATT (à l’Assemblée nationale). La seule question qui se pose aujourd’hui est de savoir si le président Kéïta est réellement conscient de la (vraie) réalité du pays ? A-t-il échos de tous ces murmures d’inquiétudes au sujet de sa gestion débutante des affaires de l’Etat ?

La situation chaotique actuelle du pays s’explique par ailleurs par l’immobilisme d’un gouvernement en manque de vision et qui, s’il lui arrive de sortir de son immobilisme, n’a d’autre choix que le pilotage à vue. Cette équipe gouvernementale, composée de vieux chevaux de retour, d’affidés et /ou proches de la famille présidentielle, est-elle en mesure de sortir le pays du gouffre ? Le doute est permis. Car, depuis sa mise en place, presque toutes les décisions prises par cette équipe étaient déjà dans le circuit. Et Tatam continue de tâtonner, parce qu’il évolue à l’ombre d’un président qui se veut au centre de tout et de toutes les décisions dans une République malade. Voilà comment le bateau Mali tangue au gré des vagues, avec un commandant qui est loin de rassurer, y compris son équipage.

CH. Sylla
SOURCE: L’Aube

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