Focus : Fracture !

Il est indéniable que le président IBK eut le temps et même tout le soutien nécessaire pour honorer ses multiples engagements vis-à-vis des Maliens.

Le président, fraîchement plébiscité en 2013, s’était engagé en ces termes : « « Je jure devant DIEU et le peuple malien, le Président de la République que je suis désormais, grâce à cette confiance massive des Maliennes et des Maliens, fera de ce socle le départ du renouveau de notre pays dans tous les domaines… ». Encore lui en ce moment d’enchantement : « Je veillerai à la bonne gestion des deniers publics, je mettrai en place les mécanismes appropriés pour assurer la transparence et l’efficacité de la dépense publique… ». Bref, IBK égrenait un long chapelet d’engagements sur fond de discours pour convaincre les Maliens qu’ils ont tout simplement fait le bon choix en le portant à la magistrature suprême.

Sept longues années après, qu’est-ce qui a changé au Mali ? Le niveau de vie du Malien moyen s’est-il amélioré ? La corruption a-t-elle reculé ? Quelle justice sous IBK ? Quelle est la situation sécuritaire malgré une loi de programmation militaire à coups de centaines de milliards ? La désillusion, en lettres de feu, est là.

Aujourd’hui, 7 ans après, l’espoir placé au président IBK et à sa gouvernance fut déçu, des engagements n’ont pas été tenus, c’est peu dire ; ils ont été trahis, il faut l’admettre et en tirer les enseignements. Conséquence ? La fracture morale entre IBK et une frange importante du peuple malien est consommée. Pouvait-il en être autrement ?

Le contexte qui prévalait au moment de l’élection d’IBK exigeait que le président de la République fut le Patriote qui allait guider les Maliens à sortir de la crise multiforme qui a ébranlé les fondements de notre nation. Aussi, les Maliens s’attendaient à un Président capable de poser des actes forts pour « le nouveau départ du renouveau de notre pays ».

Ce fut plutôt le désenchantement, la désillusion, la déception jusqu’au désespoir, qui furent au rendez-vous.

En 7 ans d’exercice du pouvoir, IBK s’est illustré par une gestion chaotique des affaires de l’Etat. La famille présidentielle, ses affidés et le clan ont pris les commandes de l’Etat.

Et, logiquement, les scandales politico-financiers se sont multipliés, les caisses de l’Etat ont été confondues aux poches des tenants du pouvoir. Une crise de confiance s’installa entre gouvernants et gouvernés. Au-delà, une crise de confiance des partenaires techniques et financiers à l’égard de notre pays est née. Jamais dans l’histoire de la République, le gouvernement malien n’avait été mis au pas au point de lui exiger de faire la lumière sur le plus gros scandale politico-financier de ces 20 dernières années : surfacturations liées aux différents marchés de fournitures d’équipements militaires à l’armée et l’acquisition de l’avion militaire. Quel gâchis !

C H Sylla

Source: L’Aube

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