Face à la tension politique : Choguel joue la carte de l’apaisement

Face aux tensions politiques entre lui et certains regroupements politiques ayant suscité l’implication du président de la Transition, le Premier ministre a commencé à jouer la carte de l’apaisement. Au cours d’une rencontre, il a indiqué qu’il n’y a ni « d’anciens ni de nouveaux dignitaires » et a appelé tous au rassemblement pour sauver la nation malade.

Lueur d’espoir pour la décrispation du climat politique au Mali ! Oui, la sortie récente du premier ministre l’annonce. Bien que court, ce message du Dr Choguel Kokalla Maïga pourra apaiser la colère de ses adversaires politiques et rassembler les Maliens.

En effet, la situation politique était tendue ces derniers temps. La classe politique, notamment le cadre d’échange des groupements et partis politiques pour une transition réussie s’est sentie exclu du processus de la transition. Aussi, a-t-il estimé que le Premier ministre ne travaillait pas dans l’inclusivité. Ce groupement politique avaient rejeté la tenue des ANR et la création de l’organe unique de gestion des élections.

De son côté, le chef du gouvernement rencontre les forces vives de la nation pour leur expliquer la nécessité des Assises nationales de la refondation, des réformes politiques et institutionnelles avant les élections. Beaucoup, même certains partis du cadre d’échange ont adhéré à l’initiative.

Mais ce qui a aggravé la tension politique, c’est la sortie du premier ministre face aux légitimités traditionnelles et religieuses. « Vous vous souviendrez, il y a de cela un peu plus de trois décennies, sous le couvert de l’instauration de la démocratie, qui a été présentée comme une panacée contre le sous-développement, on a promis au Peuple des lendemains qui chantent. Ce qu’il en a résulté est connu : tous les leviers de l’État : les Forces de Défense et de Sécurité, l’École, l’Administration, la Justice se sont retrouvées vidées de leur substance. La déliquescence progressive a atteint tous les secteurs de la vie de la Nation. La corruption et l’impunité devenues monnaie courante ont contribué à désarticuler les fondements de notre sécurité. La gestion du pays est passée entre les mains des PTF et des ONG et, le seul indiscutable bilan que la démocratie nous a légué est la floraison des associations et des partis politiques ». C’est ce passage du discours du premier ministre qui a suscité les réactions virulentes des acteurs du mouvement démocratique qui se sont sentis visés par le chef du gouvernement.

La crispation du climat politique entre le premier ministre et la classe politique a conduit à l’implication du président de la Transition. Ce dernier a reçu, à Koulouba, les différentes formations politiques. Il s’est aussi personnellement impliqué pour que les Assises nationales de la refondation en vue soient beaucoup plus inclusives. C’est d’ailleurs ce qu explique le report de ces assises.

Le PM joue à l’apaisement

Dans une vidéo, le premier ministre a joué la carte de l’apaisement du climat politique très tendu. Il a mis l’ancien sur le rassemblement des Maliens. « Il n’y a pas d’anciens ou de nouveaux dignitaires. On est tous Maliens. Nous devons nous donner la main pour sortir le pays de la crise », a-t-il indiqué. Selon le chef du gouvernement, le président de la transition a insisté sur l’unité des Maliens. Aussi, le PM a rappelé ses efforts pour à aller vers la classe politique. « J’appelle certains leaders politiques. Je vais à la rencontre de certains chez eux, même les nuits. Je reçois certains au bureau », a-t-il indiqué. La tenue inclusive des Assises nationales de la refondation est, selon Dr Choguel Kokalla Maïga, ce sur lequel le gouvernement et le président sont convenus. Le premier ministre a enfin plaidé à ce que les Maliens mettent de côté leurs divergences politiques religieuses, ethniques pour se donner la main pour une sortie de crise.

Boureima Guindo

Source : LE PAYS

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