Entre corruption-népotisme-insécurité et risque de partition : Le Mali d’IBK autopsié par Soumaïla Cissé

Le Mali sombre dans le chaos; il est même en danger de partition sinon de disparition du fait de la gestion calamiteuse et catastrophique du président Ibrahim Boubacar Kéïta.

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Telle est l’intime conviction de Soumaïla Cissé qui l’a dévoilé mercredi dernier à l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux de son parti, l’Union pour la République et la démocratie (Urd). Bien dans son rôle, le chef de file de l’opposition malienne s’inquiète des fléaux comme la corruption, la concussion, le népotisme, le clientélisme et le favoritisme qui gangrènent aujourd’hui l’administration et le tissu économique ; ainsi que des pourparlers d’Alger qui semblent mener le pays droit vers la partition. En bon citoyen, Soumaïla souhaite que l’année 2015 soit une année de réconciliation, de paix et de développement au Mali.

Le président de l’Union pour la République et la démocratie n’utilise pas la langue de bois quand il a l’occasion de se prononcer sur les travers du régime d’Ibrahim Boubacar Kéïta.

Le mercredi 21 janvier dernier, Soumaïla Cissé était face aux cadres de son parti pour recevoir leurs vœux de nouvel an 2015 présentés par le 1er vice-président, Pr. Salikou Sanogo. Au cours de cette cérémonie, l’ancien ministre a rappelé qu’en 2014, l’Urd a connu un tournant historique de son existence, avec la tenue, fin novembre, du congrès ordinaire de l’Urd qui a placé Soumaïla Cissé à la tête du parti pour poursuivre l’œuvre du doyen Younoussi Touré, présent dans la salle et qui a reçu des hommages mérités.

Les défis pour l’année  2015 ? Pour Salikou Sanogo, il s’agira principalement d’œuvrer à engranger des victoires éclatantes lors des élections communales pour avoir beaucoup plus de conseillers que maintenant. Aujourd’hui, la deuxième force politique du pays compte 2200 conseillers communaux, 141 maires, 15 conseillers nationaux et 14 présidents de conseil de cercle.

 

Népotisme-Gabegie-Gaspillage…

Ayant rendu la politesse à ses camarades, Soumaïla Cissé va à l’essentiel, s’attaquant d’emblée aux maux qui minent le pays du fait de la gestion, qui frôle l’amateurisme, de son premier responsable, Ibrahim Boubacar Kéïta.

De la corruption au risque de partition du pays, en passant par la concussion, le népotisme, le clientélisme, le favoritisme, la gabegie, le gaspillage, les malversations en tous genres et l’insécurité, le principal opposant malien égrène les fléaux et scandales qui ont mis l’économie malienne au pas et asphyxié tout un peuple en 2014.

« Nous venons de terminer une année 2014 qui a été extrêmement éprouvante pour notre pays. Nul besoin de vous rappeler que les généreuses promesses faites pompeusement hier n’ont nullement été concrétisées », affirme d’entrée de jeu le président de l’Urd. Et pour cause : « L’année 2014 a été déclarée par le président de la République ‘’Année de lutte contre la corruption’’. Contre toute attente, la corruption et la concussion se sont propagées ; le népotisme, le clientélisme et le favoritisme se sont accélérées; la gabegie financière et le gaspillage des ressources sont devenus la règle. La spirale des perversions et malversations en tous genres et en tous lieux a pris une allure cyclonique », explique-t-il.

Pendant le règne d’IBK, poursuit le leader de l’opposition, « les problèmes et crises touchant le cœur du pouvoir se sont accumulés si bien que des drames couvent sournoisement, minant plus encore le pays, le moral des populations, l’esprit politique et la crédibilité internationale de nos institutions ».

Mais, pour Soumaïla Cissé, sans minimiser ces maux qui ont mis le pays dans le chaos, le plus grave se situe ailleurs. Et si l’on n’y prend garde, le Mali fonce droit vers la division, craint-il : « L’insécurité généralisée et grandissante continue à présent d’affecter dangereusement la paix et la quiétude sociale. Les attaques terroristes et djihadistes touchent, en plus du nord, le centre du pays. Le cercle de Ténenkou a été fortement secoué ces derniers jours plongeant du coup les populations dans une situation de panique et de désespoir.

Au même moment, le processus de réconciliation traîne de manière incompréhensible, les négociations piétinent dangereusement à Alger et tentent de déboucher sur des accords qui risquent de consacrer la partition du pays ».

Cependant, Soumaïla Cissé croit en un Mali qui peut et doit se redresser. L’Urd soutient toujours le Mali Un et indivisible. « Notre parti prône la paix, la justice et rejette toute forme de violence comme moyen d’expression, condamne fermement le terrorisme sous toutes ses formes, le trafic des drogues et autres criminalités en bandes organisées dans notre pays », conclut le président de l’Urd. Qui souhaite au Mali, pour 2015, une année de réconciliation, de paix et de développement.

Sékou Tamboura

source : L aube

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