Enlèvement de Soumaïla Cissé : Trop de suspicions….

Au Mali, dans la classe politique, on se connait comme des membres d’une même famille. Mais lorsque des intérêts politiques sont en jeu, le danger peut planer sur la tête de tout un chacun. La loi de la jungle fait office de ‘’constitution’’.


Dans quelles conditions Soumaïla Cissé a été pris en otage en pleine campagne électorale dans son fief avec ses plus proches ? La question reste posée depuis le lendemain de cette prise d’otage du président du parti de la poignée de mains. Ses proches libérés en ont donné des explications qui peuvent forer la réflexion et la pousser au-delà des limites normales.
Au fil du temps et en fonction des quelques fuites çà et là, beaucoup d’observateurs ont fait des analyses en fonction des données qu’ils disposent et les informations qui sont à leur disposition. Leurs conclusions n’ont pas tardé. Certains de ces observateurs ont préféré passer par la déduction logique et pour faire comprendre au commun des maliens la vérité de façon rapide et précise. Mais, le peuple est pris entre les tenailles de deux grands évènements du moment. Le premier est la survie face au danger du COVID19 (le soi-disant couvre-feu, les mesures de restrictions, la cherté de la vie et cynisme de l’Etat). A loupe, le malien lambda voit clairement que ce régime a une mission commando : réduire le peuple au néant par tous les moyens possibles et les stratégies qui vont avec. Le second est le présumé coup d’Etat. Une situation peut cacher une autre, nous apprenait un adage d’ailleurs.
Ce qui a le plus attiré l’attention du peuple et le faire pencher sur la question de façon approfondie est le comportement et la réaction des plus hautes autorités, en premier chef, le président IBK face au péril du chef de file de l’opposition. Un vieux affirmait que si c’était le contraire, Cissé allait sans réfléchir ni calcul se rendre en personne sur les lieux ou l’acte a été commis. L’exemple qu’il a donné est son déplacement pour féliciter IBK à son domicile lors de sa victoire électorale en 2013.
Les promesses d’abord ensuite le reste
On se souvient que lors du second tour de l’élection présidentielle de 2018, il y a eu des alliances quasiment forcées avec en toile de fond des promesses qu’il faut tenir coûte que coûte pour finir son mandat en beauté. Seulement, les contraintes sont nombreuses et peuvent empêcher le respect de ses promesses. Parmi ses contraintes figurent des hommes politiques compte tenu de leur poids dans l’arène. Ils sont assez puissants et sont même des barrières infranchissables pour que ces promesses soient une réalité.
Pour s’en débarrasser, il ya deux possibilités très raffinées. La première est le simulacre de coup d’Etat que nous appris. Là, l’objectif recherché est faire compatir le peuple à leur situation et le faire épouser à l’idée selon laquelle, ce sont les autres qui empêchent au président et son gouvernement de s’occuper des problèmes essentiels et cruciaux ? La vérité est connue depuis des années, car même les slogans de départ ont changé. Parmi le peuple il y a des gens qui voient les choses de façon claire et précise ; ils n’ont pas l’occasion de le dire haut et fort à qui de droit. La seconde possibilité est celle de faire intervenir des mains invisibles pour commettre des sales besognes et sans se faire prendre directement ou indirectement. Dans cette option, il ne doit être négligé et tout est fait selon des calculs trop machiavéliques : il faut attirer l’oiseau vers son nid et le prendre par un appât, personne n’est responsable de sa situation. Pour concrétiser leur plan, la nature était aussi favorable : les circonstances et les conditions étaient toutes réunies donc il ne faut pas laisser passer l’occasion.
Pour le moment, les deux stratégies marchent à merveille et ont tous donné des résultats à hauteur de souhait en attendant que la vérité soit au grand jour. Pour arriver à cette fin, il y a eu une véritable expertise de ruse et de renseignements tant du côté de ceux qui veulent que le plan soit mis en œuvre et que ceux qui devaient le mettre en œuvre. Cette synergie d’action a donné le résultat attendu.
L’URD est totalement déboussolée et ses candidats n’arrivent à produire des résultats. Avec ces élections, le parti voulait prendre sa revanche sur le RPM et la Convention de la Majorité Présidentielle. IBK le sait et certainement ne va pas se laisser faire facilement. « Quand la tête tombe, le reste du corps n’a plus la force de tenir longtemps »
Au fur et à mesure que le temps passe, les proches de SOUMI champion commencent à murmurer que les autorités gouvernementales y sont pour quelque chose dans cette affaire. Vrai ou faux !
Pour les spécialistes des enquêtes de ce genre, la célérité avec laquelle le président en personne a poussé le directoire de l’URD de ne pas accepter l’aide de Soumeylou Boubeye Maïga est un autre élément à prendre en compte dans l’analyse des causes. Pour ces mêmes spécialistes, l’objectif de cette stratégie est d’empêcher que SBM soit proche du dossier et comprendre une quelconque implication d’un tel ou tel. « Si les gens dorment, Dieu ne dors jamais », disait un membre de l’URD.
Pour tenter de trouver une solution rapide et permettre a ce que SOUMI soit libéré, sa femme et certains membres clés du parti sont à Niafounké depuis plus d’une semaine et ne comptent pas partie sans que leur mentor ne soit libéré.
Comment va se finir cette histoire ? « Le temps est le maitre qui éclaire la lanterne des hommes », enseignait un savant et théologien contemporain.
B.M

Source: Le Point du Mali
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