Election présidentielle 2022 : Boubou Cissé fait-il peur ?

Il est désormais certain que Dr Boubou Cissé ambitionne être candidat de l’URD à l’élection présidentielle de février 2022. Même si le processus de candidature suscite beaucoup d’interrogations, d’intrigues et même de grincements de dents.

 

En adhérant à l’URD pour devenir le « Secrétaire chargé des questions économiques » de la section de Djenné du parti vert et blanc, le samedi dernier, le dernier Premier ministre d’IBK, Dr Boubou CIssé opte clairement pour l’atteinte de son objectif politique du moment. Il s’agit de se porter candidat à l’élection présidentielle de février 2022 à la tête d’une formation politique d’envergure. Il jette son dévolu sur l’URD de feu Soumaïla Cissé au sein duquel il a des soutiens de taille dans l’appareil dirigeant. L’homonymie patronymique n’est peut-être pas un hasard : Boubou Cissé pour tenter de porter l’héritage de Soumaïla Cissé ! Certains gros poissons du Bureau exécutif national du parti de la poignée de mains y croient dur comme fer, et ce n’est pas l’ancien Directeur de campagne de « Soumi Champion », l’ancien député Gouagnon Coulibaly, qui dira le contraire… Il est appuyé par l’ancien ministre Amadou Cissé dit Djadjiri, son homonyme et ancien député de Djenné Amadou Cissé et d’autres Ces cadres pourront-ils damer le pion à Mamadou Igor Darra, Dr Hamed Sow, Me Demba Traoré, Dr Madou Diallo, potentiellement candidats à la candidature du parti ? Rien n’est moins probable ! En tous cas, Dr Boubou Cissé atterrit à l’URD avec désormais l’ambition ferme, celle de se lancer à la conquête du fauteuil laissé vacant par IBK le 18 août 2020. Une équation dont la résolution n’est pas gagnée d’avance. Surtout que certains soutiens potentiels de Boubou Cissé pourraient rechigner à le suivre à l’URD.

Ce qui est certain, c’est que même si quelques esprits contestataires n’ont pas applaudi cette adhésion qui va faire ombrage à leurs ambitions, Boubou Cissé s’est désormais installé et commence son « travail » pour convaincre les réticents à rallier sa cause, qu’il ne cache plus. « Mon ambition est de trouver le moyen de fédérer les Maliens pour qu’ensemble, on réfléchisse aux solutions qui permettent de sortir notre pays des difficultés… ». Sauf que cette ambition peut inquiéter au-delà du parti de Soumaïla Cissé.

En effet, les réactions suscitées par cette adhésion de Boubou Cissé à l’URD tant sur les réseaux sociaux que dans la presse ont montré que le dernier Premier ministre d’IBK n’est pas un prétendant à négliger dans la marche vers le palais présidentiel de Koulouba. IBK et lui ont-ils gardé de bons rapports ? IBK n’a-t-il pas finalement perdu son pouvoir pour avoir maintenu Boubou contre certaines adversités ? IBK voudra-t-il lui tendre une perche de réhabilitation à son honneur ? Trop tôt pour répondre à ces interrogations ! Ce qui est certain, c’est que l’enfant terrible de Djenné pourrait avoir le soutien de certaines personnalités fortes du microcosme national comme l’avocat et ancien vice-président de l’Assemblée Nationale, Me Kassoum Tapo, président du Mouvement pour la refondation du Mali (MOREMA) et de certains religieux. Auquel cas, des ténors pourront redouter l’effet Boubou comme leader nouveau en quête de la colline du pouvoir. L’on cite que l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga ne devrait pas le minimiser… Les deux hommes, avec des carnets d’adresses étoffés, des moyens financiers importants, ne manquent pas d’arguments pour peser dans la bataille présidentielle. D’autres aspirants au palais présidentiel des hauteurs de Bamako, comme Housseini Amion Guindo,  Moussa Mara, Tiéman Hubert Coulibaly, Seydou Mamadou Coulibaly et autres devraient désormais tenir compte du positionnement du Premier ministre qui a cumulé son portefeuille avec celui de ministre de l’Economie et des finances dans l’histoire du Mali.

En outre, Dr Boubou Cissé compte de nombreux amis au sein du mouvement qui semble avoir le vent en poupe, le M5-RFP, devenu un allié des colonels putschistes de Kati. Sans compter que Dr Cissé garde ses bons rapports avec de nombreux anciens collaborateurs d’IBK et au sein de certaines formations politiques comme l’ADEMA-PASJ. Pourra-t-il piocher des soutiens au sein du RPM, l’ex-parti présidentiel ? Ce n’est pas à écarter, puisque l’homme peut surfer sur des liens communautaires avec Moussa Timbiné, l’éphémère président de l’Assemblée Nationale, non moins ex-député influent de la commune VI, en froid avec la direction du parti du tisserand.

Concernant les éventuelles démêlées judiciaires à la charge de Boubou Cissé, il semble que les autorités actuelles redouteront un effet de harcèlement, après l’épisode dit de déstabilisation de la transition, dont l’homme est sorti blanchi et presque requinqué. Pour les cas éventuels de détournements murmurés à son encontre, certains analystes assurent que « Boubou est plus propre que beaucoup d’acteurs politiques, même si certains dans son environnement ne sont pas trop corrects ».

A tout cela, l’on ajoute que l’électorat malien est trop fluctuant au point que « son impopularité aux côtés d’IBK peut se dissiper dans le Djoliba… ». Certainement pas par une baguette magique, mais à coups d’opérations politiques de charme de l’URD et, le cas échéant, d’alliés sociopolitiques

Rappelons que Boubou Cissé fait ses études primaires à Bamako à l’école Mamadou Konaté, puis à l’école fondamentale de N’Tomikorobougou. Après ses études primaires, il étudie en République Fédérale d’Allemagne puis aux Émirats Arabes Unis.

Il poursuit ses études universitaires en France, à Clermont-Ferrand en intégrant le Centre d’études et de recherches sur le développement international (CERDI, université d’Auvergne). Il obtient une maîtrise en sciences économiques, suivie d’un DEA en économie du développement. En 2004, il obtient un doctorat en sciences économiques à l’université d’Aix-Marseille1.
Il commencera sa carrière professionnelle en tant qu’économiste pour la Banque mondiale en 2005. En 2008, il est promu économiste principal et directeur de projet de la Division du développement humain. Il travaille ensuite au Nigeria et au Niger en tant que représentant résident de la Banque mondiale.

Boubou Cissé est nommé ministre de l’Industrie et des Mines du Mali en 2013 et ministre des Mines en avril 2014. Il est ministre de l’Économie et des Finance de janvier 2016 jusqu’au 22 avril 2019. Premier ministre du Mali
Premier gouvernement
Le 22 avril 2019, il est nommé Premier ministre du Mali. Il forme son gouvernement le 5 mai. En juin 2020, Boubou Cissé est reconduit comme Premier ministre et chargé de former un nouveau gouvernement malgré une contestation populaire demandant la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta5. Un gouvernement restreint est formé le 27 juillet… La suite est connue !

Bruno D SEGBEDJI

Source : Mali Horizon

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