Dr. Abdoulaye Sall : «La constitution de l’unité africaine est dans l’ADN du Mali indépendant»

Dans le cadre de la célébration de la Journée de l’Afrique, le Cercle de réflexion et d’information pour la consolidation de la démocratie (Cri 2002) a organisé une conférence-débat sur le thème : «Les défis, enjeux et perspectives de l’unité africaine», à la lumière du 20ème siècle et de la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale.  C’était le mercredi 25 mai 2016 au Gouvernorat du District de Bamako.

 docteur Abdoulaye Sall president cri2002

Cette conférence-débat était animée par le président de Cri 2002, Dr. Abdoulaye Sall, en présence du maire de la Commune IV, Siriman Bathily, et du Coordinateur des chefs de quartiers de Bamako, Bamoussa Touré.

 

D’entrée de jeu, le conférencier a rappelé qu’en parlant de l’unité africaine, on parlera du 25 mai 1963. Il a expliqué que cette unité africaine a été réalisée pour résoudre le problème du 20ème siècle. Dr. Abdoulaye Sall a placé son exposé dans la triple dynamique de la bataille du souvenir, de la bataille de l’avenir et de la bataille du devenir. À l’en croire, la bataille du souvenir, c’est le passé. C’est pourquoi, dit-il, avant qu’il y ait le 25 mai 1963, déjà dans la Constitution du 22 septembre  du Mali, il est écrit que le Mali est prêt à donner une partie ou totalité de son territoire national, s’il s’agit de réaliser l’unité africaine. Le conférencier dira également que dans la dernière Constitution du 25 février 1992, on parle aussi de l’unité africaine, au titre 15. «La constitution de l’unité africaine est donc dans l’ADN du Mali indépendant», a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que c’est dans le sang des pionniers qu’on peut réaliser cette unité africaine.

 

Du point de vue du Dr. Abdoulaye Sall, aujourd’hui, le premier enjeu, le premier défi, la perspective à la lumière de notre siècle et à la lumière de la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale, c’est d’abord de revaloriser, de replacer cette disposition de notre Constitution et de travailler pour l’érection du chant national des pionniers en chant national des enfants et des jeunes du Mali.

 

Par ailleurs, il a expliqué que l’OUA (Organisation de l’unité africaine) a été créée le 25 mai, mais elle a accouché d’une longue confrontation entre deux groupes. Il s’agit du groupe de Casablanca et de celui de Monrovia. Selon lui, le groupe conduit par Kwameh Nkrumah voulait un gouvernement panafricain, la création de deux Chambres : la Chambre des Etats et la Chambre des peuples ; alors que le second groupe, sous l’égide de l’Ethiopie, voulait plutôt que cette organisation soit une organisation des Etats et non des peuples. «Mais au finish, la balance a pesé du côté du groupe conduit par l’Ethiopie», a-t-il dit. Avant de se questionner : «53 ans après, où en sommes-nous ? Bien qu’on ait créé l’Union africaine en 2002 à Durban en Afrique du Sud, où en est-on avec cette Union africaine ? Où en est-on avec notre indépendance économique et sociale et culturelle ? Où est-on avec notre intégrité territoriale ?»

 

Le conférencier a en outre rappelé les 4 objectifs que s’était fixé l’Afrique dans la Charte qui avait été signée le 25 mai 1963. Il s’agissait de renforcer l’unité, la solidarité des Etats africains et malgache ; d’offrir de meilleures conditions d’existence au peuple d’Afrique ; de défendre la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance de l’Afrique ; et enfin, d’éliminer le colonialisme sous toutes ses formes, tout en favorisant la coopération internationale conformément à l’esprit et à la Charte de l’Onu et de la Déclaration universelle des droits de l’homme. «Où en est-on avec ces 4 objectifs ? D’autant que l’Afrique est confrontée aujourd’hui au terrorisme, au manque d’emplois, à la migration irrégulière…», s’interroge Dr. Abdoulaye Sall.

 

De façon globale, il recommande l’érection et l’émergence du chant des pionniers en chant des enfants et des jeunes du Mali ; l’appui-conseil et l’assistance des jeunes et des femmes aux autorités traditionnelles pour leur permettre de jouer leur rôle et une synergie alternative pour servir la nouvelle vision de la décentralisation fondée sur la régionalisation ; et la mise ne œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale.

Diango COULIBALY

 

Source : Le Reporter

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