DPG : Modibo Keïta obtient le quitus des députés

Le vote de la Déclaration de politique générale (Dpg) du Premier ministre Modibo Kéïta a eu lieu le jeudi 11 juin 2015. À la suite d’un débat ouvert et plein de contradictions, l’Assemblée nationale l’a votée. Il reste à l’Exécutif de traduire en actes le contenu de ce document.  Avant le vote, il a fallu deux tours de questions entrecoupés par des réponses du Premier ministre. Modibo Keïta a donné des assurances quant à la bonne application de cette feuille route gouvernementale.

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La séance plénière des débats a débuté par les interventions des députés de la majorité présidentielle, soit trois groupes parlementaires : Rpm, Apm et Adéma/ASMA. Les députés Rpm ont salué le document du Premier ministre qui a fait ressortir les performances économiques du moment. Yacouba Michel Koné a estimé que la situation économique du pays connaît une performance avec la dissipation des zones d’ombre entre le Mali et le FMI, l’annulation de la dette monétaire par la France et le taux de croissance qui connaît une évolution. Le cadre macro-économique est satisfaisant en raison de l’assainissement des finances publiques, a-t-il déclaré.

Le député de Kidal Hamoudéne Ag a parlé de la situation sécuritaire avec la multiplicité des attaques. Il a posé entre autres questions au Premier  ministre : quand est-ce que les Maliens pourront-ils dormir tranquillement ? Quel espoir pour nous à l’horizon 2016 ?  Mais, avant cela, il a souhaité le désarment de tous les individus armés, la réouverture des postes de contrôle, le retour de l’administration dans la région de Kidal.

Les autres députés Rpm ont demandé la réouverture des écoles à Kidal, le payement des enseignants des collectivités, des infrastructures sanitaires de qualité partout au Mali. La députée de San, quant à elle, a demandé l’introduction de l’enseignement du portugais dans les programmes et des cantines scolaires. Elle a aussi requis des mesures contre la mendicité et l’utilisation des enfants jumeaux.

Le Pr. Kalilou Ouattara a souhaité la réhabilitation de l’hôpital de Kayes et qu’une place de choix soit donnée aux questions sanitaires. L’emploi et la lutte contre le chômage, l’augmentation des salaires, la correction des injustices entre les salaires des travailleurs des collectivités et les fonctionnaires sont les point soulevés par N’Doula Thiam. Concernant la crise au niveau du football malien, il suggère qu’elle soit gérée par le Premier ministre.

Le député de Ségou, Yacouba Traoré, a dressé un tableau sur les routes à construire, les efforts consentis et la connexion des localités en routes bitumées. Pour un meilleur désenclavement, il a conseillé la création de nouvelles compagnies aériennes et une nouvelle voie ferrée. La justice n’a pas échappé aux députés Rpm, qui demandent l’extension des travaux de réhabilitation des juridictions à l’ensemble du pays, en dotant aussi le Mali d’une nouvelle carte judiciaire. Mais surtout la formation des agents pour une meilleure distribution de la justice.

Les députés du groupe Apm ont abondé dans le même sens en y ajoutant la politique de migration, la carte diplomatique, le relèvement du pouvoir d’achat, le caractère social des logements sociaux, le secteur privé de l’éducation. Sur ce dernier point, le député Hady Niangadou dira que «n’importe qui est enseignant, promoteur d’école, cela joue sur la qualité de l’enseignement». Il a requis au Premier ministre le respect de ses décisions par les cadres de l’administration malienne.

Le groupe Adéma/Asma, à travers la députée de Tombouctou, a beaucoup mis l’accent sur les conséquences des récentes attaques qui ont occasionné le déplacement de 3000 personnes, soit au Mali ou à l’extérieur. Elle croit savoir que la plupart des déplacés n’ont aucun soutien alimentaire de la part des autorités maliennes. Son autre inquiétude, c’est la saison agricole qui est menacée, dit-elle, dans toute la région de Tombouctou.

Intervenant au nom du groupe parlementaire Vrd,  Boureima Béridogo s’est penché sur l’attaque de Misséni et la question de Ménaka. «Les  jihadistes Ansar Eddine, au Sud du Mali, ont attaqué la localité de Misséni. Ils ont laissé deux drapeaux. Les renforts sont venus vers 15 heures et les militaires maliens, faute de munitions, n’ont pas répliqué aux jihadistes. Au lieu de faire des dépenses de prestige pour la réhabilitation d’une Maison des hôtes à 5 milliards Fcfa, il fallait équiper les Forces armées maliennes…On ne comprend pas du tout», a lancé Boureima Beridogo, tout en s’interrogeant sur la situation à Ménaka. Il dit ne pas comprendre pourquoi tant d’intérêt pour la localité de Ménaka.

Les députés du groupe Vrd ont aussi déploré l’absence de chronogramme et de sources de financement pour la réalisation des actions contenues dans la déclaration de politique générale du Premier ministre. «Comment va se faire l’indemnisation des victimes des soulèvements de 2012 et quels sont les sorts des victimes actuelles civiles et militaires», se demandent les députés.

Quant aux députés non-inscrits du parti Sadi, ils ont pris la parole à travers Amadou Namoko Mariko. Pour que la DPG tienne compte de la situation actuelle du pays, estiment-ils, la gestion du pays a besoin d’une réforme administrative. C’est pourquoi Sadi s’insurge contre le découpage de notre pays, tel que proposé par la communauté internationale dans les récents documents venus d’Alger. Sadi propose un débat national entre Maliens afin de trouver des solutions à la malienne, mais pas la destruction du pays, avec une orientation claire vers les enjeux économiques.

 

Selon Papa Désiré Mariko, il faut un Etat de type nouveau tenant compte des aspirations de notre peuple, un développement autonome, un Etat qui préserve sa souveraineté. «Nous sommes de la majorité, mais nous devons être vigilants et exigeants avec nous-mêmes face aux défis du moment», a-t-il conclu.

À l’issue des débats et du vote, le Premier ministre a obtenu le quitus des députés pour la mise en œuvre de sa déclaration de politique générale.

Kassim TRAORE

source : Le Repoter

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