Discours de Soumaïla Cissé à l’occasion de la célébration du 58è anniversaire de l’indépendance nationale

Mes chers Compatriotes,

Maliens de l’Intérieur et de l’Extérieur,

Mes frères et sœurs de tout âge, de toute condition et de toute communauté,

À la veille de la fête nationale, je m’incline respectueusement devant la mémoire des pionniers de l’Indépendance, les fondateurs du Mali contemporain ! Puisse Allah les couvrir de sa grâce éternelle. Amine !

Le 22 septembre 1960, dans un sursaut de dignité et de patriotisme dont seuls les grands peuples sont capables, les Maliens ont décidé de prendre en main leur destinée et d’exercer pleinement, en tant que Nation, leur droit inaliénable à la souveraineté nationale et internationale. Pendant des décennies, des générations de Maliens ont, au prix de mille sacrifices, forgé une Nation et posé les fondations du développement national.

Cet édifice patiemment construit connaît aujourd’hui des fissures : -de gros nuages planent sur l’unité nationale et l’intégrité du territoire; -le centre, passerelle humaine et géographique, trait d’union et creuset de diverses communautés qui composent la Nation, est entrée dans une sanglante ébullition ; – la démocratie et les libertés chèrement conquises souvent même dans le sang sont foulées aux pieds ; -le vote sur lequel repose la souveraineté nationale du peuple est détourné et confisqué.

L’élection présidentielle 2018 a été l’illustration d’une perversion démocratique sans précédent depuis l’indépendance : le coup d’État contre les élections et contre la volonté du peuple a pris, entre autres,  les formes de bourrage des urnes, de falsification des résultats avec la complicité d’une Cour constitutionnelle dont la vassalité lui a malheureusement fait perdre toute crédibilité.

La célébration du 58ème anniversaire de l’accession du Mali à la souveraineté nationale et internationale me donne l’occasion de saluer l’émergence d’une conscience nationale malienne : celle qui, à Bamako, dans les villes et les villages de l’intérieur du pays et au sein de la diaspora, résiste contre le hold-up électoral, exprime son dégoût et son rejet de la fraude et exige, semaine après semaine, le respect du suffrage des électeurs, la souveraineté de notre peuple et le rétablissement de la vérité des urnes.

Cette nouvelle conscience malienne est un des principaux acquis de cette étape cruciale de notre Histoire que nous traversons. Honneur aux jeunes et aux femmes du Mali ! Honneur aux femmes et aux hommes de la diaspora dont le cœur vibre à l’unisson avec les Compatriotes de l’intérieur ! Hommage à celles et à ceux qui refusent le fait accompli de la dictature de la  fraude !

Mes chers compatriotes,

La nouvelle résistance malienne contre les élections frauduleuses prolonge la tradition de lutte héroïque de notre peuple pour l’indépendance et la souveraineté nationales. Le respect des règles de la démocratie et du vote du peuple doit être un principe cardinal respecté par tous.  Le Président de la République, les députés, les maires et autres responsables des collectivités doivent être élus de manière irréprochable. Il est donc impératif de renouer avec le dialogue, le temps qu’il faudra, pour sécuriser le processus électoral et rassurer la société civile, l’ensemble des partis et autres acteurs politiques, par une saine et consensuelle gouvernance électorale. Il faut rétablir un minimum de confiance pour, de nouveau, aller aux urnes !

J’invite mon frère aîné Ibrahim Boubacar Keita à se ressaisir et à sortir par la grande porte en évitant à notre pays les conséquences d’une crise supplémentaire. Je l’invite à un dépassement de soi et j’affirme ici, très solennellement que je rassure ses partisans. Le Mali doit être un État gouverné par la loi, rien que la loi, à laquelle tous doivent se soumettre : le peuple, les faibles comme les puissants.

J’ai toujours affirmé ma volonté de construire un État juste, qui traite tous les Maliens équitablement, quelle que soit leur origine ou leur appartenance partisane. Je m’adresse enfin à toutes les Maliennes et à tous les Maliens de bonne volonté, vous qui mettez le Mali au-dessus de tout. Au-delà de nos divergences partisanes, nous devons nous rassembler sur l’essentiel : l’unité, la sécurité de notre pays et la légitimité de nos institutions.

 Chers Compatriotes,

C’est à nous de restaurer l’espoir. Ils ont voulu désenchanter les Maliens et nous plonger dans une nuit de cauchemars sans fin. C’est à nous d’aller chercher la lumière et de ranimer le rêve malien de grandeur et de dignité.  Dans notre programme, nous avons proposé toutes les mesures d’urgence et de long terme pour restaurer l’autorité de l’État, rétablir la sécurité des Maliens, relancer une économie au service de la population et non de prédation. Ce programme et ce projet pour le pays finiront par triompher, car ils constituent la seule issue. Je serai le président de tous les Maliens. Vive la République, Vive le Mali éternel !

 

Communiqué

Le  directoire de campagne de la plate forme ENSEMBLE RESTAURONS L’ESPOIR a adressé une lettre d’information au gouverneur du district de Bamako le 18 septembre 2018 relative à l’organisation d’une caravane  a travers toutes les communes le vendredi 21 septembre 2018 suivi d’un meeting le samedi 22 septembre sur l’esplanade de la bourse du travail.

En réponse  le gouverneur du district d’abord par un simple SMS, puis par copie de lettre adressée au directeur de campagne a notifié ne pas pouvoir donner une suite favorable à ces manifestations.

Nous rappelons que le droit de manifester au Mali est un droit constitutionnel  et que cette  mesure d’interdiction est une violation de la loi et de la charte des partis.

Elle ne repose sur aucun motif valable et procède tout simplement du fait du prince.

La plate forme a suffisamment démontré si besoin en était, son caractère pacifique et républicain lors de toutes les manifestations qu’elle a organisé et où aucun débordement n’a été constaté. La plate forme rend le gouvernement entièrement responsable de toutes les conséquences issues de cette violation des libertés.

Une dizaine de personnes ont été arrêtées

Plusieurs véhicules des membres de l’opposition ont été saccagés par la police ainsi que le siège l’association Kaoural Renouveau en commune 4. La plate forme condamne avec la dernière rigueur ces arrestations arbitraires survenues ce jour 21 septembre 2018 et exhorte les responsables à se ressaisir en libérant immédiatement ces victimes innocentes. Nous prenons à  témoin l’opinion nationale et internationale de cette volonté manifeste de la part d’un état  policier de confisquer les libertés démocratiques en utilisant la force contre des manifestants pacifiques aux mains nues.

Nous resterons debout et mobilisés pour défendre la démocratie et la République.

Bamako  le 21 septembre 2018

Pour La Plate forme

 

Source: Le Reporter

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