Dialogue national inclusif : Les raisons du boycott par le FSD de Soumaila Cissé

C’est officiel, le Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD) ne participera pas au Dialogue national inclusif. L’annonce a été faite le weekend dernier par son président, l’honorable Soumaila Cissé. Cette décision a été prise suite à la non-prise en compte des propositions du FSD pour la réussite du Dialogue national inclusif par l’atelier de validation des Termes de référence tenus du 14 au 16 septembre dernier.

Le FSD de Soumaila Cissé qui a participé à l’Atelier de validation du projet de Termes de référence du « Dialogue politique inclusif » (DPI) dans le but de partager ses observations et contributions au cadre conceptuel du Dialogue afin d’en faire une réussite, ne prendra pas part au Dialogue national inclusif. Raison : Beaucoup de propositions pour la réussite de ce dialogue n’ont pas été prises en compte par l’atelier de validation des Termes de référence.

Les propositions du FSD à l’atelier de validation des Termes de référence du Dialogue national inclusif

Le FSD de l’honorable Soumaila Cissé ne souhaite pas participer à un dialogue bâclé. Pour cela, il a soumis plusieurs propositions à l’atelier de validation des Termes de référence pour la réussite du Dialogue national inclusif. Ces propositions sont, entre autres , revenir au concept de Dialogue national inclusif ; évaluer l’utilité de tous les participants et allier l’inclusivité à la représentativité paritaire, tant de la majorité, de l’opposition que de la société civile, en évitant la surreprésentation de l’État qui devrait se limiter strictement à la facilitation logistique, sécuritaire et budgétaire ; préciser à l’avance le processus décisionnel qui devrait être sanctionné par une majorité qualifiée des trois quarts (3/4), à défaut de consensus sur un point donné ; débattre sur les raisons des retards et blocages de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger et, le cas échéant, envisager sa relecture ; apprécier l’opportunité et la pertinence de la révision constitutionnelle en ce moment en raison, entre autres, de l’absence de l’État à Kidal et dans bien des localités du centre et du nord, de la persistance voire l’aggravation de l’insécurité ; et de la nécessaire mise en place des règles et mécanismes permettant la transparence des consultations électorales ou référendaires ; affirmer clairement le caractère exécutoire et contraignant des résolutions adoptées ; mettre en place le mécanisme d’un Comité de Suivi indépendant et participatif.

Les constats du FSD après l’atelier de validation des Termes de référence du Dialogue national inclusif

Selon la déclaration de l’honorable Soumaila Cissé, les constats du FSD ont progressivement confirmé ses inquiétudes et réserves exprimées tout au long des travaux de l’atelier. Il déplore que le concept « Dialogue politique inclusif » soit maintenu jusqu’à la clôture de l’atelier après que le concept « Dialogue national inclusif » soit adopté dès l’ouverture de l’atelier. À en croire les propos de l’honorable Soumaila Cissé, la déception du FSD fut grande lors de cet atelier. « Notre exigence d’évaluer, à toutes les étapes du Dialogue, « l’utilité et l’inclusivité » dans la représentation paritaire de tous les participants, s’est butée à la volonté ostentatoirement affichée par les tenants du pouvoir de noyer le débat et la participation de l’Opposition politique qui, sur plus de 500 participants, n’avait reçu qu’une vingtaine d’invitations », a-t-il précisé. Pis, les représentants du FSD, selon son président, n’ont pu prendre part qu’aux travaux de trois groupes de travail annoncés à la plénière d’ouverture de l’Atelier. Le Chef de file de l’opposition malienne déplore que les représentants de son groupement politique ne puissent pas participer au quatrième groupe de travail qui a été constitué. Selon le FSD, le régime a la mauvaise volonté de discuter à fond sur les questions fondamentales pour la sortie de crise. «  Du reste, nous avons senti la ferme intention de ne pas intégrer les questions de fond constituant les paramètres fondamentaux de la crise multidimensionnelle malienne, telles que les raisons du blocage dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger en vue de sa nécessaire relecture, ainsi que la question de l’opportunité et la pertinence de la révision constitutionnelle en ce moment crucial d’aggravation de l’insécurité, mais aussi et surtout en l’absence de l’État à Kidal et sur des pans entiers du territoire national », lit-on dans le document publié par le député de Niafunké. À en croire le premier responsable du FSD, ses propositions d’affirmer clairement le caractère exécutoire et contraignant des résolutions adoptées au cours du Dialogue, et leur suivi par un Comité paritaire indépendant, ont essuyé un refus catégorique à travers une « fronde injustifiée ». Aussi, le FSD n’est pas convaincu des assurances du Premier ministre de prendre en compte les recommandations du Dialogue national inclusif dans sa DPG. « Par la suite, c’est au fil de son discours de clôture que le Premier ministre dit attendre justement « les résolutions » du Dialogue envisagé pour les intégrer dans sa Déclaration de politique générale, étant entendu qu’en l’absence de caractère exécutoire contraignant et d’un mécanisme de suivi paritaire et indépendant, le chef de gouvernement ne retiendra que les points de résolution qu’il voudra », déclare le challenger d’IBK aux présidentielles de 2013 et 2018. Ce n’est pas tout, le FSD déplore que la plénière des participants à l’Atelier n’ait  pas disposé des Termes de référence consolidés des différents Groupes de travail aux fins de validation définitive.
Ce qui est, selon le FSD,  contraire à la démarche traditionnelle pour une telle rencontre. « D’ores et déjà, les péripéties décrites ci-dessus témoignent à suffisance du bien-fondé de nos réserves, et nous fondent à accorder du crédit aux assurances données çà et là », laisse entendre Soumaila Cissé avant d’annoncer la non-participation de son front au futur Dialogue national inclusif : « Au regard de ce qui précède, le Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD) déclare, solennellement, ne pas participer au reste du processus du Dialogue tel que mis en œuvre ».

La non-participation de ce plus grand front d’opposition est de déjà un obstacle à la réussite de ce dialogue.

Boureima Guindo

Source: lepays

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