Démocratie : Insondable Afrique !

C’est à la faveur du célèbre discours de la Baule du Président français François MITERRAND, le 20 juin 1990, que la démocratisation a été imposée à l’Afrique.

president malien ibrahim boubacar keita ibk partie rpm leaders partis politiques chef opposition depute assemble nationale soumaila cisse pm premier ministre moussa maraCertains Présidents africains avaient ressenti cette injonction comme une intrusion inacceptable dans leur souveraineté. Mais la plupart des autres suivront le mouvement.

Cependant, au lieu de s’engager dans une véritable démocratie, les Présidents africains vont se servir des astuces des règles démocratiques pour perpétuer leur pouvoir.

Avant ce fameux 20 juin 1990, le continent africain vivait sous le rythme des coups d’Etat que la plupart des pays ont connus.

Un peu partout étaient imposés aux Africains un régime de parti unique censé rassembler tous les fils du pays. Sous ces régimes de dictature étaient interdits la plupart des libertés fondamentales.

Arrestations arbitraires, déportations, assassinats, intimidation, exécutions extrajudiciaires étaient le lot de ceux qui osaient critiquer le régime en place. Les plus chanceux passaient devant la justice dans des simulacres de procès où les verdicts étaient connus d’avance.

A cette époque cependant, les puissances occidentales n’avaient cure des conditions où vivaient les peuples africains.

Tant que leurs intérêts étaient assurés, elles ont entretenu d’étroites relations avec les pires dictateurs du continent noir, laissant les peuples à leur merci.

On se souvient de l’histoire des fameux diamants que Jean-Bedel BOKASSA aurait remis au Président Valérie Giscard D’ESTAING et Jacques CHIRAC, alors Premier ministre, considérait Mobutu Sésé Séko comme son « cher ami ».

Quand le mur de Berlin est tombé en 1989, un vent nouveau souffla sur le monde. Les démocraties occidentales s’imposaient comme l’unique puissance mondiale quand l’ancienne URSS éclata.

Le développement économique a été alors lié à l’implantation de la démocratie. Les Africains ne pouvaient pas ne pas prendre le train de la démocratisation. Moussa TRAORE, qui rechigna, en fera les frais, le 26 mars 1991.

 

De façon générale, les chefs d’Etats africains adoptèrent la démocratie mains en la tournant à leur faveur.

Pour se perpétuer au pouvoir, beaucoup de Présidents africains profiteront de la révision constitutionnelle. Dimanche dernier, le congolais Denis Sassou NGUESSO s’est ouvert la voie à une présidence à vie en faisant passer une nouvelle Constitution où la limitation d’âge et de mandats (qui le frappe) est gommée.

Hier c’était le Président Burundais et demain KABILA de la RDC, NIASSIMGBE du TOGO, KAGAME du Rwanda pourraient emprunter la même voie.

Comme toujours, les occidentaux réagissent différemment selon les pays. Si HOLLANDE a, en son temps, conseillé à COMPAORE de s’en aller, il reste très conciliant avec Sassou NGUESSO qui approvisionne la France en pétrole.

Ainsi, comme toujours, ce sont les intérêts des pays occidentaux qui priment. Mais en réalité, les Présidents africains qui veulent s’éterniser au pouvoir ont trouvé l’astuce imparable du droit à la révision constitutionnelle étant assurés que le résultat d’un référendum ne peut être que favorable à cause de la manipulation.

En plus de la révision constitutionnelle, les pays africains organisent des élections où les vainqueurs sont connus d’avance, très souvent dès le premier tour. Partout l’opposition est muselée et traitée d’ennemie.

Voilà la nouvelle Afrique, celle qui refuse de grandir. Les manœuvres dilatoires pour se maintenir au pouvoir provoquent partout des affrontements violents, parfois armés.

C’est en Afrique particulièrement que les lendemains de vote sont des jours de violences car rarement les scrutins sont libres et transparents.

Insondable Afrique que celle qui louvoie !

Sous l’apparence de la démocratie, les partis uniques se perpétuent d’autant plus que les partis qui devraient être dans l’opposition, s’empressent, au lendemain des élections, d’entrer dans la mouvance présidentielle pour se maintenir près du pouvoir.

Comme dans le cas du Burundi, la communauté internationale devrait s’ériger contre cette nouvelle prise en otage de la démocratie.

Mais il y a peu de chance que cela soit. Alors il faut espérer que la solution burkinabè fasse tache d’huile et que les peuples se soulèvent pour chasser leurs tyrans.

 

 

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