Défense et sécurité : FERMETE ET ASSURANCES

Les élus de la nation ont donc débattu et approuvé vendredi, la Déclaration de politique générale du Premier ministre Moussa Mara. Les députés ont soulevé plusieurs préoccupations de nos compatriotes relatives aux questions de défense et de sécurité, à la réconciliation nationale et à la situation à Kidal.

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L’honorable Karim Keïta, le président de la Commission défense nationale, sécurité et protection sociale a rappelé que « notre pays a besoin d’un outil de défense et de sécurité à la dimension des menaces auxquelles il fait face». Il a donc invité le chef du gouvernement à mettre « un accent particulier sur la dotation de nos forces de défense et de sécurité en moyens financiers et matériels conséquents et à revaloriser les primes et les salaires» des militaires. L’élu en Commune II du District de Bamako a salué l’élaboration de la Loi de programmation militaire.

Soulignant que « le monde change constamment », Karim Kéïta a fait remarquer que « le Mali ne saurait retrouver son rayonnement d’antan sans des services de renseignements performants pour accompagner et orienter l’ambition du président de la République, à savoir le bonheur de notre chère et vielle nation : le Mali ».

Il a suggéré au chef du gouvernement d’être minutieusement attentif aux mutations géopolitiques dans la sous-région, en évoquant le cas libyen, et surtout d’être beaucoup plus regardant sur les impacts des crises internationales et leurs conséquences sur notre pays (comme la Syrie ou l’Ukraine). « Nous devons surtout surveiller de près les enjeux énergétiques et miniers qui gravitent autour de notre pays, car nous croyons fermement que c’est la racine de la crise qui sévit dans notre septentrion », estime le président de la Commission défense, sécurité et protection sociale de l’Assemblée, ajoutant que « plus que jamais nous devons produire des forces de défense et de sécurité d’anticipation ».

Le député RPM est revenu l’occupation du Nord par les groupes armés, en relevant que ce sont les femmes qui ont le plus souffert des agissements des imposteurs. « Elle furent réduites à un statut d’un autre âge », a-t-il dénoncé, invitant la représentation nationale à rendre un hommage mérité à toutes les Maliennes, et surtout à celle qui « très tôt lors de l’occupation de notre septentrion fut parmi celles et ceux qui portèrent très haut le vert-jaune-rouge, que ce soit sur les plateaux de télévisions étrangères, sur les ondes de radio ou sur le net ». Il a rendu un hommage particulier à sa collègue élue à Bourem, Mme Haïdara Aïchata Cissé dit « Chato » pour son combat pour le Mali sur la scène internationale.

Celle-ci a de son côté déroulé un feu roulant de questions au Premier ministre. Qu’en est-il du désarmement et du cantonnement des groupes armés comme le prévoient les résolutions des Nations unies ; de la situation à Kidal où les populations restées républicaines sont frustrées, cloitrées et exclues de toute la gestion de leur vie quotidienne ? Quel est précisément le rôle assigné à la MUNISMA ? Pourquoi l’armée malienne ne patrouille-elle pas à Kidal, Abeibara, Tinessako, In Halid, les communes de Tarkint, Bamba, Téméra, Taboye dans la commune de Bourem où il y a souvent des attaques et d’enlèvements de véhicules ?

Mme Haïdara Aïchata Cissé a félicité le gouvernement pour sa promesse de ne plus intégrer d’ex-rebelles dans l’armée nationale tout demandant au chef du gouvernement de prendre «  des instructions fermes pour que tous ceux qui ont pris les armes contre le Mali soient définitivement radiés, tous corps confondus ». Revenant sur le massacre  d’une centaine de nos soldats à Aguelhok, le 24 janvier 2012, la députée élue à Bourem a interrogé sur ce qu’est devenue la plainte que le Mali a adressée à la CPI.

En réponse à toutes à toutes ces questions, le  Premier ministre a assuré qu’il entend faire de l’ensemble du nord du Mali un espace de paix. Il a déploré le fait que la présence sur notre sol de véritables mafias de jihado-narcotrafiquants a  affecté le corps social. « On ne peut espérer régler cette question en deux, trois mois ou quatre mois. Nous allons nous engager comme nous l’avons dit dans la Déclaration de politique générale sur un processus qui est animé par une vision. La vision, c’est de faire de l’ensemble du nord de notre pays un espace de paix, de coexistence pacifique entre les communautés, de justice, d’équité dans la sécurité absolue», a indiqué Moussa Mara

Pour ce qui est de la reprise des travaux du barrage de Taoussa qui a aussi fait l’objet d’une question posée par la députée élue à Bourem, il a expliqué qu’il reste quelques détails à régler, notamment la sécurisation du site sur lequel vont travailler des centaines d’ouvriers ainsi que le rapport de la mission de l’équipe du gouvernement qui était en décembre dernier sur le chantier. « Actuellement le rapport de la mission est en cours d’examen au ministère en charge  du dossier du barrage», a dit le chef du gouvernement sans donner de  date  précise pour la reprise des travaux.

Quant  au sort des déserteurs qui ont rejoint les groupes armés, le Premier ministre a été on peu plus clair : «  Tous les déserteurs de l’armée sont ou seront radiés, tous, sans exception ».

Répondant à une question du député Mahamadou Awa Gassama élu à Yélimané, relative à la situation à Kidal, il a promis  que « dans les jours à venir nous allons partir à Kidal avec plusieurs ministres » et que « Kidal est malien et le restera ».

A. DIARRA

 

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