Dans les coulisses des législatives : l’AMRTPE déploie 160 agents d’orientation des électeurs

L’Association malienne pour le relèvement du taux de participation aux élections (AMRTPE) a encore joué hier sa partition dans la réussite de la journée électorale du premier tour des législatives.

Association malienne relèvement taux participation élections AMRTPE

L’Association qui marque de plus en plus son terrain dans la réussite du processus de vote dans notre pays qui sort d’une profonde crise multidimensionnelle a déployé 160 agents sur toute l’étendue du district de Bamako. Ces agents formés à cet effet avaient pour mission de sensibiliser et d’orienter les électeurs en vue d’un vote massif.

À l’ouverture des bureaux de vote, à 8 heures, le président de l’AMRTPE, Bissiry COULIBALY, était personnellement au four et au moulin en commune VI du District.

Concrètement les agents de l’AMRTPE ont expliqué aux électeurs pourquoi ils devaient impérativement voter pour les candidats de leur choix ; mais également comment procéder. Il faut dire que cette sensibilisation a commencé bien en amont, depuis la veille du premier tour des élections présidentielles, à travers plusieurs conférences avec les organisations de la société civile ; les organisations féminines ; les étudiants de l’université ; les représentants des partis politiques…

En outre, l’Association malienne pour le relèvement du taux de participation aux élections a effectué sa sensibilisation à travers des banderoles sur lesquelles était inscrit le message : « J’aime mon pays je l’affirme par mon vote et toi ? ».

Cependant l’AMRTPE ne s’est limité à ce support qui était plutôt destiné à ceux qui savent lire. 

C’est pourquoi, il a mis à contribution un des moyens les plus accessibles à tous, à savoir la radio. Dans cette veine, elle a conclu un partenariat avec trois radios de la place, dont la radio « Guintan ». Ces radios, durant toute la journée électorale, devaient véhiculer des messages visant à inciter les populations à aller voter. Les mêmes radios partenaires de l’AMRTPE étaient ouvertes aux électeurs pour la prise en compte de leurs préoccupations spécifiques où qu’ils se trouvent sur le territoire du district de Bamako.

Pour rappel, l’AMRTPE s’était fixé comme défi, au sortir des deux tours de l’élection présidentielle, de porter encore plus haut le taux de participation aux élections dans notre pays, c’est-à-dire dépasser les 50% qui, faut-il le souligner étaient une première. Le pari sera-t-il relevé ? Ce qui est certain c’est que chaque élection a ses propres réalités et qu’en ce qui concerne l’AMRTPE n’a nullement lésiné sur les moyens pour l’atteinte de son objectif.

L’Association qui est pleinement engagée sur le terrain de la mobilisation électorale est appuyée par le Projet d’appui au processus électoral au Mali (PAPEM) dont les responsables ont eu à prendre part à quelques-unes de ses activités.

En définitive, la participation à ces législatives est un enjeu national. Ce, dans la mesure où c’est l’une des étapes majeures, après l’élection du Président de la République, pour un retour à l’ordre constitutionnel normal. Le mandant de l’actuelle Assemblée nationale ayant expiré depuis plusieurs mois et qu’elle ne devait encore son existence qu’à un accord passé avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest qui a joué un rôle majeur dans la sortie de crise de notre pays. Ainsi le parachèvement du processus de normalisation est l’œuvre de l’ensemble des Maliens qui doivent pleinement en prendre conscience en portant leur choix sur des hommes et des femmes intègres et soucieux du devenir de ce pays qui que trop souffert et qui n’a que trop été humilié.

 

Légèretés coupables

L’ensemble des membres du bureau de vote N°15 étaient absents au moment de l’ouverture des bureaux, à 8 heures, au Centre du Sacré-Cœur de Baco-Djikoroni ACI. C’est ce qu’a expliqué un agent envoyé au pied levé pour prendre les dispositions nécessaires en vue de pallier cette absence massive des assesseurs.

Ils ont été remplacés par des suppléants qui avaient reçu la même formation que les membres titulaires du bureau de vote concerné. Cela conformément aux dispositions de la Loi électorale.

Cette situation naturellement a créé des perturbations dans l’opération de vote qui a débuté avec plus de 20 minutes de retard. Et pour cause, du fait de cette situation inattendue, aucune disposition n’était prise pour le démarrage effectif du vote à l’heure officielle : le bureau de vote n’était pas aménagé ; la liste des électeurs n’était pas affichée comme prévu par la loi. Relativement l’absence de liste, un assesseur a fait savoir que ladite liste n’était même pas au Centre du vote. Ce qui l’a amené à la conclusion qu’elle ne pouvait être qu’à la mairie parce que n’ayant pas été au centre de vote en même temps que les autres listes d’électeurs avant le jour du vote. C’est seulement au moment de retirer et d’afficher cette liste que l’on s’est aperçu de son absence. Manifestement, il y a là une légèreté aux forts relents de laisser-aller en passe de devenir une tare congénitale chez nombre de nos concitoyens.

Étrange messagère

Une bonne dame, après avoir tourné en rond, pendant quelque temps devant le bureau de vote N°15, a fini par prendre son courage à deux mains, pour pénétrer dans ledit bureau, demander à savoir qui en est le président et de lui transmettre le message d’un assesseur qui serait en retard, pour raison de moyen de transport, et qui assure qu’elle sera sur place dans peu de temps. C’est par téléphone que cette messagère elle a été saisie pour aller porter l’information au président du bureau de vote, lequel a simplement répondu qu’à sa connaissance les absents avaient été remplacés par des suppléants. Ce qui avait effectivement été le cas pour permettre le démarrage du vote qui a accusé quelques minutes de retard. Dans tous les cas, a-t-il expliqué, il ne peut plus rien faire pour régler cas.

Ce qui se passe, c’est un agent qui a trouvé le moyen d’être en retard et qui envoie quelqu’un plaider sa cause auprès du président du bureau de vote, l’enjeu étant quand même quelques milliers de francs à la fin de la journée électorale. Par les temps qui courent, on ne devrait pas trouver une pareille opportunité et manquer de la saisir et tenter, par tous les moyens, de la rattraper. Ceci a expliqué toute l’émotion dans la voix de l’envoyée pour convaincre le président du bureau de vote d’accepter le retard d’un de ses assesseurs. La réponse de ce président a été sans appel. Il ne pouvait d’ailleurs pas faire autrement vu les circonstances dans lesquelles ils se trouvaient tous.

Par contre, si intervenir pour une amie est monnaie courante chez nous ; il est bien courant que dans le cas d’espace cela vienne d’un agent de supervision du bon déroulement des opérations de vote. A-t-elle retenu quelque chose de sa formation ? Son amitié envers cet assesseur est-elle plus importante que l’application des dispositions de la Loi électorale ? La seule motivation de ces agents n’est-elle pas le per diem ? Autant de questions qu’il est permis de se poser dans cette affaire saugrenue qui démontre une fois de plus que les vieilles habitudes ont la vie dure.

Pas de hantise sécuritaire

Contrairement au cri lugubre d’oiseaux de mauvais augure, le dispositif sécuritaire, à l’ouverture de la plupart des bureaux de vote dans la capitale, était circonscrit dans le strict nécessaire. Ce qui a pris le contre-pied parfait de mesures de sécurité musclées annoncées comme si une élection démocratique était synonyme d’un état de guerre avec partout des agents sur les dents. Juste quelques agents de police étaient visibles à l’entrée des centres de vote pour s’assurer, sur présentation de la carte d’électeur, que ceux qui y pénètrent sont bien des électeurs. Pour ces agents, la tâche de contrôle était d’autant plus aisée qu’il n’y avait pas d’affluence contrairement aux élections présidentielles.

Pour autant, cette mesure légère du point de vue sécuritaire ne reflétait aucunement un quelconque laxisme. Selon un officier de police, fondu dans la foule,  dans un centre de vote, hier matin, il n’y a pas de démonstration de force, certes ; mais que la surveillance discrète était très renforcée. Contrairement aux apparences, a-t-il assuré tous les mouvements suspects sont épiés.

Par ailleurs, c’est par rapport à Kidal qu’il pouvait y avoir quelques préoccupations sécuritaires avec le désordre semé ces derniers temps par le MNLA et aussi les menaces proférées par les islamistes. Là, il est vrai, la sécurité était stricte, au point de peser sur la campagne électorale qui n’a véritablement pas pu avoir lieu. Mais comme on le dit, mieux vaut prévenir que guérir. C’était cela la devise des forces internationales en charge de la sécurisation de Kidal et d’autres principales villes.

Par Bertin DAKOUO

Source: Info-Matin.info

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.

Leave a Reply

Your email address will not be published.