Crise socio-politique au Mali : la récurrente question ‘’qui après IBK et son gouvernement ?’’

Des voix pas les moindres s’élèvent pour demander qu’est ce que le M5 RFP (Mouvement du 5 juin, Rassemblement des Forces Patriotiques) peut-il proposer au peuple malien après la démission du Président de la république et son gouvernement ? La question est récurrente, même si, elle est posée sous différentes formes comme ‘’Qui après IBK’’ tout simplement.

Une telle question, si elle venait d’une certaine couche sociale, sans offensé qui que ce soit, pouvait être acceptée. Mais, des intellectuels dans le rang desquels il y a des journalistes, des enseignants, ceux qui appartiennent à la classe des intellectuels.

Un mouvement ne peut se créer sur du vide surtout en matière de gouvernance. Se lever un beau matin et demander un toilettage, une désagrégation de toute l’architecture d’une structure socio politique sans savoir quoi faire après ? Ce serait suicidaire pour les acteurs du mouvement. Indéniablement, ils ont autre chose à proposer. Mais présenter cette ‘’chose’’ aussi avant d’obtenir ce qu’ils ont demandé est aussi un gage d’échec. Qui vouloir mettre sa gourde dans un buisson et montrer le même buisson à ses adversaires armés de projectiles ? Ka bara sigi tu la, ka tila k’o yira o ti bagaw la ? La chose peut ne pas être complet, il ne faut pas dire parfait, mais elle existe belle et bien.

Quelque part la question, ‘’Qui après IBK et son gouvernement ?’’, est compréhensible. Car, pendant 25 ans, au moins, ce sont sept (7) sur dix (10) des têtes, que connaissent les Maliens dans leur majorité, tournent autour du pouvoir. Cela ne suffit pas pour dire qu’il n’y a personne pour diriger et même bien diriger. Un Général de troupes, un entraîneur de sport, un manager d’entreprise, quoi d’autres, ne révélera jamais toute sa stratégie au risque d’être, d’emblée, vulnérable. Sans être dans les secrets des dieux, le M5 RFP a son plan de sortie de crise à court surtout et à moyen terme. Après obtention de sa demande, si le mouvement sort avec ce qui ne répond pas à l’assentiment de ses partisans, aux aspirations du peuple qui leur a fait confiance, il sera contraint et vite à revoir sa copie. D’ailleurs, tout bon Malien, épris de paix, de justice et de développement durable de notre pays, témoin des vingt deux années de règne de Moussa Traoré et de l’ère démocratique doit être capable de proposer des noms pour la bonne gouvernance de ce pays. Comme on le dit ‘’N’insultez pas l’intelligence de tout un groupe d’hommes et de femmes’’.

L’abandon de la demande de démission d’IBK et son gouvernement ne dépendra que de la satisfaction des revendications qui ne sont même plus l’apanage du seul M5 RFP. La mission de la Cedeao à toucher un aspect, la société civile malienne aussi a proposé sa solution de sortie de crise. Toutes ses solutions convergent aux exigences du M5 RFP. Alors, sortir et vouloir défendre les Institutions est loin d’être une solution à la crise, que les défenseurs proposent au peuple la leur.

Drissa Tiémoko SANGARE

Source : L’Analyste

 

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