Toute la vérité sur le projet ferroviaire BAMAKO-KIDAL : Enquête au cœur d’un scandale de trop dans le sillage de la société Cira

 On pointe le doigt, dans les coulisses tourmentées des marchés publics, sur  l’étude de faisabilité du projet ferroviaire sur le tronçon Bamako-Kidal, qui fait des vagues dans le secteur très convoité des infrastructures.  Au cœur de la controverse : la société Cira, appartenant au très sulfureux homme d’affaires malien, Seydou Mamadou Coulibaly, qui ne fait plus mystère de son intention de se présenter à la future présidentielle.  Quelle implication, dans le montage technique de ce dossier, pour le syndicat des cheminots qui broie du noir aujourd’hui faute d’outils de travail? Les frais d’étude portant sur plusieurs centaines de millions de nos francs ont-ils été effectivement perçus par l’entreprise en cause ? Pleins feux sur les méandres d’un scandale retentissant…

L’étude de faisabilité du projet ferroviaire Bamako-Kidal. Voici  un scandale financier de trop dans le secteur des BTP, portant sur plusieurs centaines de millions de nos francs. Et qui, en toute vraisemblance,  éclabousse la société Cira du très sulfureux opérateur économique Seydou Mamadou Coulibaly, non moins candidat déclaré à la présidentielle à venir. Celui-là même qui est cité dans de nombreux scandales à répétition dans le secteur des BTP.

En fait, selon de nombreuses sources concordantes, le dossier relatif à cette étude de faisabilité sur le tronçon ferroviaire Bamako-Kidal, dont les contours techniques et financiers sont flous, était tenu au secret jusqu’à un passé récent.  Et s’il a ébruité il y a quelque temps, c’est bien à cause de plusieurs indiscrétions, plus ou moins anonymes, émanant d’agents des structures publiques qui n’ont pas hésité à le dénoncer.

Autour de  cette étude de faisabilité sur le tronçon Bamako-Kidal, tout est opaque : du montant faramineux engagé, portant sur plusieurs centaines de millions de francs CFA, aux conditions d’attribution à l’entreprise en question, tout est sujet à caution.  Y compris l’effectivité même du travail, dont nul ne sait en réalité s’il a été effectivement réalisé.

Ce n’est pas un fait du hasard si, la semaine dernière, sur les réseaux sociaux, les responsables de la société Cira, en cause dans cette affaire ténébreuse, ont cru apporter un démenti qui, d’ailleurs, en rajoute à la confusion sur une quelconque implication dans ce dossier. Dans ce semblant de démenti, c’est la société Cira elle-même qui parle d’un montant de cinq milliards qui auraient été engloutis dans l’opération, pour la réalisation de laquelle, dit-elle, elle ne serait pas concernée.

Ce n’est pas le même son de cloche dans les coulisses agitées du secteur des infrastructures. Ici, ce sont des dénonciations fortes et persistantes qui se font entendre au sujet  de ce dossier quant à sa pertinence technique et économique,  jugée aléatoire. Et cela,  compte tenu du manque de rentabilité financière et commerciale de cette ligne ferroviaire, en  un moment où les cheminots, en manque d’outils de travail depuis des années, sont condamnés à une misère sociale et professionnelle certaine.

L’autre controverse sur le dossier se rapporte à l’effectivité de  l’étude en question. En effet, nul ne sait dans le secteur des BTP si elle a été effectivement réalisée. Et dans quelles conditions ?

Ce ténébreux dossier sur l’étude de réalisation de ce projet ferroviaire qui concernerait justement  le groupe Cira, également propriété de l’homme Seydou Mamadou Coulibaly, ne doit pas être dans les oubliettes. Ne serait-ce que pour des raisons d’éthique politique liée à la sensibilité de l’élection présidentielle.

C’est pour cette raison que votre journal, qui est en première ligne sur ce front de la transparence, ne s’arrêtera pas en si bon chemin sur ce dossier qui fait déjà des vagues dans le milieu des travailleurs des rails. Dans le même temps, le syndicat des cheminots, au four et au moulin ces derniers pour chercher à soulager la souffrance des travailleurs en abandon de travail, faute d’outils de travail, doit également s’intéresser à l’affaire. Dans le but qu’elle ne soit pas escamotée tout simplement.

En tout état de cause, selon de nombreux  travailleurs, il est évident que le syndicat n’aurait pas été impliqué dans le montage technique de ce dossier. Raison pour laquelle, selon plusieurs témoignages d’agents ayant requis l’anonymat en raison même de la sensibilité du dossier, les autorités publiques, au plus vite,  doivent se saisir de cette affaire en vue d’appréhender les contours exacts de son montage financier, dont la justesse technique est sujette à caution.

En effet, à un moment où les cheminots, abandonnés à leur triste sort, végètent dans la misère totale, privés de plusieurs mois de salaires, selon les mêmes sources concordantes, il n’est pas concevable que des centaines de millions de nos francs soient engagés dans des études de faisabilité pour un tel projet, pour le moins aléatoire.

En somme, selon de nombreux agents du secteur, c’est la responsabilité entière de Mme la ministre des Infrastructures qui est engagée dans ce  ténébreux dossier. Il s’agit alors de faire tout pour que ses ramifications financières  douteuses soient  élucidées au grand jour. Et ses commanditaires démasqués, là où ils ont pu se planquer.

Il y va de la crédibilité de l’opération mains propres, initiée et engagée par la transition.

Attendons de voir.

Oumar KONATE

Source: la Preuve

 

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