Inspection de l’agriculture : même ici, ça magouille !

 Agriculture Champs Sesame

Dans son dernier rapport qu’elle a, il y a deux jours remis au président de la République, la Cellule d’Appui aux Structures de Contrôle de l’Administration (CASCA) dénonce sans complaisance la gestion catastrophique des ressources de l’Etat au niveau de nombre de structures. Ici, le cas de l’Inspection de l’Agriculture.

L’Inspection de l’Agriculture est un organe de contrôle du ministère de l’Agriculture qui a pour mission entre autres, de veiller au respect et à l’application des dispositions législatives et réglementaires des services et organismes du ministère.

 

Ainsi, après vérification de l’application de la comptabilité-matières à la direction régionale du génie rural du District de Bamako pour la période allant du 1er janvier 2008 au 30 juin 2011, le dernier rapport de la Cellule d’Appui aux Structures de l’Etat (CASCA) relèvent de nombreuses irrégularités au niveau de l’Inspecteur de l’Agriculture.

 

Il s’agit entre autres, de l’inexistence d’arrêté fixant l’organisation et les modalités de fonctionnement des directions régionales et des services subrégionaux du Génie rural, l’inexistence de procès-verbaux de réception du matériel, et l’ordre de sortie de matériel, de bordereaux d’affection de matériel et l’état de dégradation très avancé du bâtiment de la direction régionale du génie rural.

 

Concernant la vérification financière de la gestion du projet du renforcement des capacités des organisations de producteurs de coton et l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (période du 28 février au 31 mars 2011), la Casca signale la violation du code des marchés publics pour l’achat de céréales qui s’est traduit par l’exécution des dépenses d’un montant de 91.330.222 FCFA sans bon de commande pour des opérations d’achat ainsi que l’inexistence de bordereaux de livraison, de procès-verbaux  de réception et d’attestation de services faits pour un montant de 105.785.670 FCFA.

 

A cela, s’ajoutent, l’inexistence des copies originales de la convention de don signée entre la Banque Mondiale et le gouvernement du Mali, et d’un plan annuel de passation des marchés.

 

Aussi, à la chambre régionale d’agriculture de Mopti, (campagne agricole 2012-2013) après vérification de la gestion des intrants agricoles subventionnés sur les fonds Danois, la mission (Casca) a constaté que le montant de la subvention s’élève à 550.000.000 FCFA dont 400.000.000 FCFA pour les intrants agricoles, gérés par le ministère de l’Agriculture et 150.000.000 FCFA pour l’aliment bétail, gérés par le ministère de l’élevage et de la Pêche.

 

La passation de trois marchés relatifs aux intrants agricoles pour un montant de 399.690.872 FCFA soit 99,92% du don, la non-précision dans les requêtes des quantités et des variétés au profit des producteurs des petits et moyens périmètres, le dépassement de la dotation en semences des producteurs des grands casiers ont été aussi constatés sur la gestion du fonds Danois.

 

Quant à la vérification de la gestion des engrais subventionnés sur les fonds du programme Mali-nord durant la campagne 2011-2012, la mission de la Casca a constaté entre autres l’existence d’un contrat de financement de 15.500.000 euros signé le 27 décembre 2010 entre la République d’Allemagne et la République du Mali, l’exonération effective des dépenses effectuées sur les fonds du programme  conformément aux dispositions du contrat de financement, la non livraison d’un écart de 270 tonnes d’urée par la société SODAFI.

 

A ceux-ci s’ajoutent l’interpellation de certains agents du projet par la brigade mixte de gendarmerie de Sévaré pour vente illicite d’intrants agricoles aux producteurs encadrés par le programme et leur relaxe pour faute de preuves et les difficultés d’accès au logiciel contenant l’état de l’acquisition des engrais par les producteurs des périmètres irrigués villageois en raison de l’indisponibilité du consultant belge devant autoriser son exploitation.

 

Notons enfin qu’au regard des insuffisances et des irrégularités constatées, la CASCA suggère la mise en œuvre des recommandations formulées et la transmission aux autorités judiciaires notamment le cas de la vérification financière de la gestion du projet de renforcement des capacités des organisations de producteurs de coton.

Dieudonné Tembely 

Source: Le 26 Mars

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