AFFAIRE DE L’AVION PRÉSIDENTIEL ET EQUIPEMENTS MILITAIRES Qui protège Ben Barka ?

AFFAIRE DE L’AVION PRÉSIDENTIEL ET EQUIPEMENTS MILITAIRES Qui protège Ben Barka ? Les autorités de la Transition ont visiblement réussi à gagner en crédibilité en rabattant sur la table judiciaire les grands dossiers de détournements à ciel ouvert qui ont pollué la Gouvernance d’IBK : le dossier de l’achat de l’avion présidentiel et celui des armements militaires en 2014, année paradoxalement déclarée par le maître du jour : «année de lutte contre la corruption».

Pour autant… Le coup avait été brutal et le mal profond voire, rédhibitoire pour tous les Maliens tant les personnes mises en cause avaient agi avec voracité et légèreté devant une opinion publique nationale et internationale médusée au regard du contexte de prise de pouvoir d’IBK. La plaie a continué à gangréner au point de créer et de nourrir un sentiment d’impunité voire d’arrogance tout au long du règne catastrophique d’IBK. Aujourd’hui, l’espoir semble renaître avec l’obstination des autorités de la Transition à faire rendre gorge à tous ceux qui se sont goinfrés de façon éhontée et ostentatoire de la pitance publique. Cette situation qui a conduit à l’incarcération de l’ex-Premier ministre et ex-ministre chargé de la Défense au moment des faits, Soulmeylou Boubeye Maïga (SBM) ainsi qu’à celle de l’ex-ministre en charge de l’Économie et des Finances Mme Bouaré Fily Sissoko, semble cependant avoir tout l’air d’une justice atteinte de myopie sélective, tant les autres protagonistes du sulfureux dossier continuent à se la couler douce au vu et su de tous. Le cas le plus préoccupant est celui de Moustapha Ben Barka, actuel vice-président de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) pour le compte de l’État du Mali. Révoltant ! En effet, il nous revient que ce vizir du sérail, ce petit chouchou de «Ma Famille d’Abord» a toujours été protégé par son oncle de Président qui l’avait alors bombardé Secrétaire général de la Présidence au moment où, sur injonction du FMI et de la Banque Mondiale, tous les autres ministres impliqués dans le dossier broyaient leur pain noir en étant éjectés du Gouvernement. Or, au mois de Juin 2014, l’ex-ministre de la Défense, SBM, rencontré par le Bureau du Vérificateur (BVG) lors d’une entrevue dans le cadre des enquêtes sur l’achat de l’avion présidentiel n’y était pas allé avec le dos de la cuillère pour charger Moustapha Ben Barka avec une sulfateuse bien affutée. Dans le rapport bien vérifiable du Végal sur cette affaire, SBM a abordé le sujet dans ses moindres détails. Selon lui, le gouvernement a souhaité un avion de commandement parce que les déplacements fréquents du président de la République étaient assurés à travers des locations d’avion et qui engendraient des coûts assez importants pour l’État malien. Toujours selon lui, dans l’analyse dudit gouvernement, l’acquisition d’un avion par emprunt remboursable sur une période de cinq ans, paraissait beaucoup plus rentable que la location d’un aéronef. Et c’est à partir de cet instant que SBM va tout expliquer avec des détails pointus, offrant ainsi au VG, une moisson inattendue d’informations très précieuses, comme rapporté dans son rapport : «l’ingénierie financière pour le financement de l’aéronef a été assuré par l’ancien ministre en charge du budget (M. Madani Touré) et l’ancien Ministre de l’Économie et des Finances (Mme Bouaré Fily Sissoko). L’ancien ministre délégué en charge des Investissements et de l’Initiative privée ( Moustapha Ben Barka) a conduit le processus de négociation avec le groupe d’intermédiaires», déclarait SBM en substance. Les choses sont, on ne peut plus, claires. Et cette situation est d’autant plus stupéfiante que, d’après des sources proches du dossier, c’est Ben Barka, en personne qui aurait géré d’une main de maître tout le processus de distribution des rétro-commissions de distribution dont les experts du FMI détiendraient même les preuves matérielles de transferts sur les comptes offshores bien individualisés. Admettre qu’une personne de cette nature, dont la mise en accusation avait été vainement sollicitée par les autorités, continue encore à présenter notre pays «le MALI-KURA» dans les Institutions financières africaines de premier rang, est tout simplement surréaliste et complètement en déphasage avec le discours politique de l’heure. Ce scénario n’a pourtant pas l’air d’étonner plus d’un. Il se murmure en effet dans certains milieux, que l’intéressé aurait une relation privilégiée avec un actuel et influent membre du Gouvernement. C’est véritablement là que se situe le biais, la zone pernicieuse césure qui risquerait de discréditer toutes les actions salvatrices des autorités de la Transition pour autant que celles-ci n’y prennent garde par des décisions vertueuses. Nous espérons vivement nous tromper d’analyse.
Batomah Sissoko
Source: Sphinx
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