Contre la malgouvernance accentuée chaque jour : Dr. Choguel k. Maïga appelle à la résistance démocratique.

« Je ne suis pas d’accord, mon parti, le Mpr, n’est pas d’accord avec les mensonges d’État. » C’est la quintessence du deuxième message délivré aux Maliens dans l’intervalle de deux semaines par le président du parti du tigre. À ses yeux, la mauvaise gouvernance a dépassé le point de désespérance et elle est en train d’atteindre le seuil de l’exaspération.

 

C’est en effet visiblement très en colère, la voix laissant paraître par moment des sanglots dans la gorge, que Dr. Choguel K. Maïga s’est adressé directement à nos compatriotes par vidéo. Il pourfend les inconduites du pouvoir sur trois points essentiels dans cette sortie. Le régime en place ne fait que procéder par faux, ce qui en fait une machine de tricheries et de fraudes multiples. Premièrement, le président du Mpr pointe du doigt la violation de l’article 78 de la constitution qui fait obligation au Premier ministre de présenter sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale dès qu’il est nommé. Or, du 05 mai 2019 à nos jours, soit quasiment un an, Boubou Cissé ne s’est pas plié à cette obligation constitutionnelle. Comme subterfuge, il avait laissé entendre qu’il attendait les conclusions du Dialogue National Inclusif pour tenir compte de ses conclusions dans sa déclaration de politique générale. Ce qui se révèlera être un faux. Ironie ou moquerie, c’est le 1er avril, trois jours après le déroulement chaotique du premier tour des législatives du 29 mars dernier, que le gouvernement dirigé par Boubou Cissé demande à l’Assemblée nationale en cours de renouvellement de lui accorder des habilités afin de gouverner par ordonnances. Une tromperie manifeste qui prouve que le pouvoir n’a non seulement aucun respect pour les Maliens, mais qu’en plus les gouvernants usent de tours de passe-passe pour satisfaire leurs propres intérêts sordides et égoïstes. Deuxièmement, Dr. Maïga réitère contre le chef de l’État, Ibrahim Boubacar Keïta, l’accusation d’avoir menti sur les recommandations du Dialogue National Inclusif qu’il a transformées en obligations qui s’imposent aux Maliens. Or, la vérité est que le DNI, tenu à un moment où il n’était pas question de Coronavirus, a simplement rendu le chef de l’État responsable de la tenue des législatives. En clair, le DNI n’a fixé aucune date, il n’a fait que mettre IBK face à sa propre conscience et à ses responsabilités d’homme d’État. Il a malheureusement choisi son agenda personnel inavouable, au détriment de la santé publique des Maliens et de la stabilité du pays.Troisièmement, le président du Mpr met à nue le taux de participation proclamé à l’issue des législatives les plus chaotiques de l’histoire des trente dernières années de la vie politique au Mali. Pour lui, ce sont des résultats préfabriqués par des bourrages d’urnes et autres méthodes de fraudes qui tentent de justifier les 33% de taux de participation. Faisant appel aux statistiques, Dr. Maïga rappelle judicieusement qu’en 1992, avec l’organisation des premières législatives de la période démocratique, le taux de participation a été de 22% qui chutera à 21% cinq ans plus tard, en 1997, pour ensuite se hisser à 23%, encore cinq ans plus tard, en 2002. Choguel K. Maïga note donc que le taux de participation le plus élevé jamais atteint aux législatives dans notre pays, a été celui de 2013 dans des conditions historiques où le coup d’État de 2012 avait mis à mal les institutions, situation alors exacerbée par les irruptions fréquentes de la junte militaire dans la gestion quotidienne de l’État, laquelle junte ne s’était pas trop éloignée des sphères du pouvoir de la Transition. Comment, s’étonne Dr. Maïga, le 29 mars, alors que le pays croule littéralement sous le poids de l’insécurité multiforme, alors que les deuils sont quasi permanents et que l’abstention et le boycott étaient les maîtres mots qui ont pesé lourdement sur les législatives, on peut proclamer un taux de participation record? C’est tout simplement que le pouvoir est abonné aux mensonges, au mépris pour le peuple. On ne peut pas gérer un pays par des mensonges, s’indigne Choguel. Pour toutes ces raisons, il appelle le peuple malien à la résistance démocratique.

 

Djibril Panka Dembélé

LE COMBAT

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