Communication : LA MINUSMA PASSE A LA VITESSE SUPERIEURE

Désormais la Mission multidimensionnelle pour la stabilisation du Mali tient à avoir des échanges francs et directs avec la presse sur toutes les questions liées à sa présence dans le pays

 

minusma misma casque bleu onu soldats militaire patrouille nord mali kidal gao tombouctouS’il y a un point sur lequel la MINUSMA espère s’appuyer pour réussir sa mission, c’est bien la communication sur les actions qu’elle mène au quotidien. Jusque là confinée à des conférences de presse hebdomadaires tenues à son siège pour délivrer des informations ponctuelles sur l’évolution de la situation, elle a décidé de passer à la vitesse supérieure et de communiquer plus par l’entremise d’échanges francs et directs avec la presse sur toutes les questions liées à sa présence au Mali.

La première de ces rencontres s’est déroulée mardi à la Maison de la presse. Le représentant spécial adjoint du secrétaire général des nations unies en personne, Arnauld Akodjenou, entouré de plusieurs de ces collaborateurs, était face aux journalistes.
Objectif : engager une discussion sans tabou avec la presse, donner des informations précises afin de contrer les rumeurs et interprétations erronées qui salissent l’image de la mission aux yeux de l’opinion nationale et internationale.
Dans sa présentation, le responsable de la MINUSMA, sans faire un bilan exhaustif de la présence de la mission dans notre pays, a fait ressortir les acquis enregistrés sous les différentes résolutions. Ces résultats se traduisent par le retour à l’ordre constitutionnel, l’organisation des élections, le maintien du dialogue social entre les différentes parties et les pourparlers ayant abouti à la signature de l’Accord de paix et de réconciliation. Autant d’éléments déterminants dans l’instauration de la situation actuelle d’apaisement, a estimé Arnauld Akodjenou.
Avec un budget annuel avoisinant le milliard de dollars, la MINUSMA compte dans ses rangs 11440 casques bleus venus de plus de 20 nationalités repartis dans 12 localités au Mali, dont 80% au nord. Selon le porte-parole de la mission, Radhia Achouri, celle-ci a injecté plus de 80 millions de dollars dans l’économie nationale en travaillant avec plus de 700 opérateurs économiques. Elle a aussi créé plus de 1300 emplois civils maliens.
Face aux nombreuses questions des journalistes qui ont questionné l’utilité de la présence onusienne dans notre pays, Arnauld Akodjenou et ses collaborateurs disent comprendre les messages relayés dans la presse sur les critiques d’une majorité des Maliens vis-à-vis des actions de la MINUSMA.
Arnauld Akodjenou a jugé cette attitude très compréhensible car au départ les nombreuses attentes des Maliens ne cadraient pas avec la vraie mission de la MINUSMA. « Nous ne sommes pas au Mali pour faire la guerre, mais plutôt pour maintenir la paix. Notre mandat était de régler des problèmes politiques inter maliens et d’aider à éradiquer le terrorisme dans le pays ». « Ce qui n’est pas dit, c’est que plusieurs attaques armées ont été déjouées par les nombreuses patrouilles de la MINUSMA », a-t-il souligné.
Arnauld Akodjenou a indiqué que la MINUSMA, aussitôt installée, a du faire face à des difficultés liées notamment à la logistique, à l’adaptation à un milieu quelque peu hostile pour les différentes nationalités qui composent les casques bleus. Il fallait aussi appréhender les différentes sensibilités sociales pour éviter de frustrer.
Le deuxième responsable de la MINUSMA s’est dit globalement satisfait de l’efficacité du concours apporté aux autorités maliennes par la MINUSMA, à travers ses différente divisons dans plusieurs domaines. Aussi bien sur le plan de la restauration de l’autorité de l’Etat sur son territoire, de la protection des civils, de la justice, de l’instauration du dialogue entre le gouvernement et les différents groupes armés, du renforcement des capacités de la société civile, elle a été de tous les chantiers. A ce propos Arnauld Akodjenou a démenti les allégations de confrères faisant état de différence de traitement vis-à-vis des Touaregs et des autres communautés du nord.
La mission n’a pas un agenda autre que celui pour lequel elle a été mandatée, a-t-il assuré en souhaitant : « Il faut que les Maliens arrêtent de voire la MINUSMA comme un corps étranger, loin de là, le Mali étant lui même membre contributeur des Nations Unies est présent sur d’autres théâtres d’opérations ».
Pour ce qui est du processus en cours renforcé par la résolution 2227 du Conseil de sécurité, Arnauld Akodjenou s’est montré optimiste. Il a fait remarquer que les différentes parties, composées de la MINUSMA, du gouvernement et des deux sensibilités que sont la CMA et la Plateforme, se trouvent sur un bateau qui doit arriver à bon port à tout prix. Traduction : on ne peut pas être sur ce bateau et vouloir qu’il chavire. « Tout le monde doit jouer sa partition pour faire de la mise en œuvre cet accord une réussite », a-t-il préconisé.
La MINUSMA y est déjà engagée, a confirmé Arnauld Akodjenou en annonçant que l’ONU enverra très prochainement une quarantaine d’observateurs militaires de haut niveau pour le suivi du processus de Désarmement, démobilisation, réinsertion (DDR).

L. ALMOULOUD

source : L’ Essor

 

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