Combien de temps le Mali pourra-t-il tenir financièrement ?

Le Mali fait face à des sanctions économiques de la Cédéao et d’autres institutions comme l’Union européenne et la Banque mondiale. Combien de temps le pays pourra-t-il tenir financièrement ?

 

Depuis le 9 janvier, le Mali fait face aux sanctions de la communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest qui lui a imposé un embargo sur les échanges commerciaux et les transactions financières, afin de contraindre les militaires putschistes à rendre au plus vite le pouvoir aux civils. Mais quatre mois après, le pays tient toujours sans l’aide de ses principaux partenaires et en dépit des différentes sanctions. Djatourou Diawara, consultant au Mali pour la Banque mondiale.

“On nous a toujours fait croire que sans l’aide extérieure, le Mali ne peut pas vivre. L’aide extérieure est coupée mais le Mali continue à vivre. La question qui se pose est : est ce qu’il y avait une mauvaise gestion du pays et des rentrées d’argent ? Les robinets sont fermés mais malgré cela, le pays fonctionne comme s’il n’était pas sous embargo. C’est là, la grande problématique”, déclare Djatourou Diawara.

Les finances publiques vont mal

Le Mali n’a pas été capable de rembourser plusieurs échéances de sa dette à la Banque mondiale. En conséquence, celle-ci a suspendu en avril ses décaissements au Mali et sa décision pourrait être imitée par le Fonds monétaire international. Pour l’économiste malien Modibo Mao Makalou, le Mali a dû s’adapter en adoptant un budget d’austérité.

“Les appuis extérieurs sont généralement de l’ordre de 20% et le Mali n’en a pas bénéficié depuis 2020. Les autorités de la transition ont conduit un budget d’austérité. Au niveau du fonctionnement de l’Etat, il y a eu des restrictions budgétaires pour prioriser les dépenses régaliennes et les salaires des fonctionnaires au détriment des investissements”, explique l’économiste malien.

Les caisses vides ?

Le total des défauts de paiements du Mali s’élèverait à ce jour à 180 millions de dollars, dus en grande partie aux sanctions économiques. Mais le pays peut toujours exporter son or.

“L’or n’est pas touché par l’embargo et le Mali en est le quatrième producteur en Afrique. Le Mali est aussi cette année le premier producteur africain de coton avec 783.000 tonnes et le coton est à son cours le plus élevé depuis 2011 et n’est pas touché par l’embargo”, dit Modibo Mao Makalou.

Le Mali peut aussi compter sur sa diaspora dont l’apport à l’économie représente plus de 500 milliards de francs CFA de transferts d’argent. Mais un économiste sous le couvert de l’anonymat affirme que le Mali reste durement affecté par les sanctions internationales. Les populations, dit-il, sont au bord de l’asphyxie et le pays ne pourra pas tenir longtemps.

Le taux de croissance cette année, devrait tourner autour de 3,6% au lieu de 5,2 %. Conscients de cela, les militaires seraient selon lui, prêts à accepter une transition de 16 mois comme préconisée par la Cédéao.

Source : DW

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