CNSP : un mois d’impasse sans issue

18 août 2020-18 septembre 2020, cela fait exactement un mois jour pour jour que le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) est aux commandes du Mali, suite au renversement du régime d’IBK. Un mois après, les nouveaux commandants du bateau Mali peinent toujours à se faire un chemin, tant le terrain est parsemé d’urgences et d’embuches.

Des dossiers endogènes à gérer, au plus vite, une pression internationale qui pèse sur le dos, un mois, jour pour jour, que Assimi Goita et ses camarades du CNSP, cherchent une voie pour le salut du peuple malien. Mais, l’horizon ne s’est pas dégagé et la voie loin d’être trouvée. Car, depuis le coup du 18 Aout, les maliens sont divisés sur la gestion de la transition. Une toute première épreuve après IBK, qui est loin d’être résolue.

Désormais entre deux feux : le marteau de la CEDEAO et l’enclume des maliens, la CNSP se trouve face à un dilemme : Rester ou partir ?

Si pour certains, les militaires hésitent à faire un choix clair, qui du moins, il faut le dire, est déterminant pour décanter cette situation indécise sur la gestion de la transition, pour d’autres maliens, « ils refusent tout simplement de partir ». Alors que l’institution sous régionale, la CEDEAO, qui semble être le dernier ressort qui tranche, oblige à une transition rapide, courte et présidée par un civil. Ce qui n’a d’ailleurs pas varié. La preuve, la CEDEAO dans toutes ses rencontres sur la crise malienne a toujours fait savoir aux mutins sa position qui est le retour immédiat à l’ordre constitutionnel, synonyme de la restitution du pouvoir aux civils.

Mais hélas, le CNSP tente depuis et par tous les moyens possibles pour faire fléchir cette position de l’organisation, dans le but de lever ou au moins assouplir les sanctions économiques et financiers imposés au Mali. La CEDEAO reste campée sur sa position. Alors que le temps passe vite.

Pour certains observateurs, le CNSP aurait eu son salut s’il avait pu convaincre la CEDEAO d’endosser la charte et la feuille de route de la transition, issues des concertations nationales, émanant des forces vives maliennes, qui n’ont rien servi pour faire changer la CEDEAO, favorable à une transition civile au grand dam des militaires qui en veulent la gestion.

En tout cas, d’autres analystes, plus exigeants, n’hésitent pas à deviner de ce scenario comme une « tergiversation » de la part du CNSP. Car les lignes ne bougent pas. Alors que, cela fait maintenant de 99, soit plus de trois mois, que le Mali n’a pas de gouvernement légalement et complètement formé. Quelle perte pour notre pays, en recette et en temps, surtout en cette période d’après crise sanitaire mondiale, où les chiffres sont pauvres.  Saurions nous sauver nos meubles si la situation devait rester indécise pour longtemps ?

En tout cas, le temps passe vite. Et ce n’est pas Assimi Goita qui dira le contraire. Puisque, après un mois sous d’intenses pressions et de moults péripéties qui viennent à la fois, le CNSP a encore à faire, vite et mieux. Il faudra vite harmoniser les différents angles, et rapprocher les positions des uns et des autres.

 

Ousmane Tangara

 

Source: Bamakonews

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