Choguel Maiga : 50% moins convaincant

La voix suave de Nianian Aliou Traoré dans le JT de 20h de l’ORTM nous a fait la promesse de nous embarquer dans le Boeing présidentiel, en compagnie du Premier ministre, à destination de Genève. Si l’esprit d’un reportage décalé était rafraîchissant et bien inspiré, c’est l’intervention du chef du premier ministère, sur le coût du vol qui vole rapidement la vedette à cette expédition extra-territoriale. 

De retour de New-York, après les tances contre l’ami-ennemi français, beaucoup ont commenté le choix d’un vol commercial par le Premier ministre pour rallier Bamako. Pour certains, c’était le signe évident de la rupture dans la gouvernance et dans la gestion des ressources publiques, pour d’autres c’était choix incohérent quand on veut prôner l’autorité de l’Etat et la souveraineté face à la France, dont relève la compagnie AirFrance.

Cet autre voyage Premier ministériel était donc attendu. Pas très longtemps, car dans une inspiration remarquable de professionnalisme, l’ORTM donna à lever un coin de voile sur le choix des moyens de transport au haut sommet de l’Etat. Il a fallu tendre simplement le micro dans l’avion présidentiel, choisi pour les six heures qui rallient Bamako à Génève, pour que Choguel Kokalla Maïga, dans un style qui devient caractéristique (hormis la cravate en lieu et place du grand boubou de promotion), donnera des détails inespérés. Il dira, d’abord, que le choix de l’avion présidentiel est une demande du Président de la transition, avant d’ajouter que : « nous avons fait l’évaluation des coûts. Est-ce que si la délégation prend le vol régulier, ça coute moins cher ou plus cher que l’avion présidentiel. A la fin, on a fait les calculs, l’avion présidentiel nous coûte 50% moins cher que les vols réguliers ».

Une déclaration qui a surpris plus loin et aiguisé notre curiosité quand on sait que l’avion présidentiel, qui a une capacité de transport limité (entre 18 et 25 personnes), injecte 13 millions de Francs CFA par heure de vol et qu’outre les taxes de survol, le parking à l’aéroport de Genève ne coûte pas moins de 12.346 euros (soit plus de 8 millions de Fcfa) chaque jour de stationnement.

Cette comparaison et cette volonté de médiatiser un commentaire sur un choix souverain inspirent de plus en plus de méfiance vis-à-vis de la parole du Premier ministre (rappelons que son propos sur le détournement de fonds consacré à l’opération de pluie provoquée a été vertement démenti par plusieurs intervenants du projet, sur l’article 39 les enseignants lui reproche un jeu avec les mots etc.).

La gouvernance de rupture ne serait, finalement, pas cette capacité à dire et à faire tout en agissant en vérité, sans entourloupe face au peuple ?

Y.K

 

Source: Bamakonews

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