Billet : Exigences récurrentes de limogeage de ministres

En mars et avril dernier, des voix s’étaient élevées dans le microcosme socio-politique national pour réclamer la démission du ministre de l’intérieur, le Général Sada Samaké. Même au sein de la majorité présidentielle, des acteurs politiques ne se sont pas fait prier pour demander que le Monsieur sécurité du Mali était devenu trop défaillant face à la recrudescence de l’insécurité sur toute l’étendue du territoire, avec le paroxysme atteint à travers l’attentat du Restaurant La terrasse, à Bamako.

premier ministre chef gouvernement pm modibo keita

Oumar Mariko du parti SADI (membre de la majorité présidentielle) avait haussé le ton à l’Assemblée nationale : « Monsieur le ministre, à votre nomination, vous avez dit que le président IBK vous a sorti des bois. Ne vaut-il pas mieux que vous y retourniez ?  » L’impopularité du ministre Sada Samaké est allée crescendo avec la question de la pénurie des passeports et cartes d’identité nationale. Il sera interpellé deux fois en l’espace de trois semaines à l’Hémicycle. La récente attaque de Misséni n’arrange rien à sa contestation…

Au début de ce mois de juin, c’est le ministre Abdoulaye Idrissa Maïga qui sera décrié comme ayant organisé le plus catastrophique  1er tour des élections législatives partielles. C’était en commune V du district de Bamako. Et l’un des candidats, Mahamadou Kimbiri du RJP (aussi membre de la majorité présidentielle) était monté au créneau pour demander que le président de la République limoge le ministre chargé des élections, s’il n’a pas le bon sens et le courage de se démettre lui-même.

Et la dernière en date de ces exigences de démission de ministre, c’est la tête du ministre Bocary Treta du Développement rural qui est quasiment mise à prix par certains milieux paysans dans l’affaire dite des engrais frelatés. Le député ADEMA (majorité présidentielle) Bakary Koné de Koutiala est aussi à deux doigts de réclamer le départ du puissant ministre Secrétaire général du RPM. De même, certaines associations plaident pour que IBK renvoie Treta du gouvernement. A qui le prochain tour ?

Cette cascade de revendications de limogeage de nos ministres est le signe d’un malaise dans la gouvernance, surtout que c’est au sein de la majorité présidentielle que proviennent ces critiques. Un problème certain de manque de cohésion ou du moins d’homogénéité au sein de la coordination des partis politiques de la majorité présidentielle dirigée par Dr Boulkassoum Haïdara, non moins président du Conseil économique social et culturel (CESC).

Cette coordination est, du reste, devenue, depuis plusieurs mois, bien  aphone. Au point que certaines formations de cette alliance politique se donnent encore… une plus grande liberté de ton.

  Bruno D SEGBEDJI

 

Source:  L’Indépendant

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