Bagadadji : qui sera notre prochain Président ?

Les négociations vont bon train. Aux dernières nouvelles, ni Karim Keita, ni Soumaila Cissé, ne seront candidats à la présidence du parlement.

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Soumaila CISSE ne devrait pas diriger le parlement. Le leader de l’URD était un moment l’homme de la situation ou si vous préférez le choix du Président IBK. Pour respecter la tradition républicaine et se parer du manteau de grand rassembleur, le locataire de Koulouba pensait à son adversaire du second tour pour le poste de président de l’Assemblée Nationale. Ce choix aurait réglé certains problèmes : donner à IBK l’image d’un homme de rassemblement, d’unificateur, de démocrate partageant le pouvoir avec l’opposition républicaine, l’offre d’une part du gâteau à un enfant du nord et la perfusion d’un adversaire redouté prêt à perturber le magistère de son tombeur.

Cette volonté du chef de l’Etat est depuis peu tempérée par le désir du RPM de jouir de sa victoire avec de jeunes cadres assez boulimiques. Leur leitmotiv est simple : qui gagne règne. Ces cadres, sous la houlette du fils élu, ne veulent pas prendre de risques en installant confortablement Soumaila Cissé à la tête du parlement puisqu’en cas de vacance du pouvoir, l’enfant de Niafunké n’aura aucun mal à s’adjuger le fauteuil présidentiel. Alors que faire ?

Par décence, le RPM ne veut pas de Karim Keita comme deuxième homme fort du pays. Ce serait un désaveu pour les militants de la première heure du parti présidentiel. Ce serait aussi un os offert à l’opposition pour tirer sur le Président de la république. Ces cadres rouspètent dans les chimères. Ils ne veulent pas des diktats de la première dame accusée à tort ou à raison de vouloir imposer son fils.

Un d’entre eux estime que « ce serait mal vu de voir un fils devoir contrôler son père le matin et s’agenouiller devant lui une fois à la maison à l’heure du repas. Au Mali, un fils ne doit pas diriger son père. Nous sommes le seul pays au monde à avoir botté son président, nous n’avons pas le droit d’être le seul pays à avoir le fils et le père aux commandes de la république, ce serait de la monarchie ».

Une femme, cadre du YELEMA de Moussa Mara confie : « je suis républicaine, j’apprécie l’élection de Karim mais je ne souhaite pas le voir à la présidence du parlement. C’est un fils du Mali, il a le droit d’aspirer à de hautes responsabilités mais ce n’est pas le moment. Il doit se donner du temps et refuser de gêner l’action de son père. Il doit éviter de reproduire les erreurs de Karim Wade ».

Dans les états-majors, chaque groupe parlementaire étudie les offres du RPM tout en rejetant la carte Karim Keita. Un candidat déchu nous a confié que « le président IBK misait sur Haidara de la commune 1 pour diriger l’Assemblée Nationale malheureusement ce candidat n’a pas gagné sa commune ». Des sources très proches du RPM renseignent que « Yacouba Traoré de Ségou est le bon cheval. On le prépare pour diriger l’Assemblée Nationale. Jeune et proche de Karim Keita, il a pour l’heure le soutien de la première dame.

Des réglages sont en cours pour convaincre Boubèye Maiga et Hady Niangadou de la pertinence de ce choix ». Les jeux sont loin d’être faits.

Par Makhtar DIOP

Source: Journal du Mali

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