Au rythme des indiscrétions : Alpha Oumar Konaré, une cible invisible

Pendant que les bons offices sont à pied d’œuvre pour les amener à reprendre langue, leur tâche est sans doute rendue difficile par l’élargissement du fossé déjà large et profond qui les sépare.

Il s’agit de l’ancien président Alpha Oumar Konaré et de l’actuel locataire de Koulouba, Ibrahim Boubacar Keïta. Ces deux hommes se sont rencontrés après une quinzaine d’années et se sont quittés sans la réconciliation souhaitée. Et pour cause, l’ancien employeur d’IBK a posé des conditions inacceptables comme le démenti formel de toutes les accusations de trahison véhiculées sur son compte. Mais, l’espoir de vider leur contentieux n’a jamais été aussi mince que depuis la cérémonie de signature de l’Accord d’Alger royalement boudée par l’homme de Titibougou. Son absence peut être mise au compte de la présence d’un certain général dictateur, alias Moussa Traoré. Mais, les fidèles d’IBK ne l’entendent point de cette oreille. Ils jurent de se venger par des conspuassions contre Alpha Oumar Konaré partout où l’occasion leur sera offerte. Reste à trouver l’opportunité. Car, leur cible est pratiquement invisible.

 

 

Le Grand P tonne à Didi

En lieu et place d’une application tant attendue de l’Accord d’Alger, le conflit dans le Septentrion s’amplifie à travers des manifestations très inquiétantes de la méfiance entre les protagonistes. Tandis que l’écheveau d’une violation du cessez-le-feu n’est pas encore démêlé, la Communauté internationale devra bientôt trancher sur l’utilisation d’armes interdites dans le Nord-Mali. Qu’elle soit vraie ou fausse, la sonnette d’alarme a été tirée du côté des mouvements armés rebelles qui, la semaine dernière, ont accusé l’armée régulière de faire usage d’un arsenal de guerre connu sous l’appellation de «Grand P». C’est suite à une confrontation à Didi, une localité non loin de la ville de Tombouctou où, les belligérants sont séparés par le fleuve. L’arme en question n’est peut-être pas une arme de destruction massive. Mais, elle a la particularité d’être susceptible de provoquer de fausses couches chez les femmes enceintes, des déficiences auditives et même des pertes de mémoire. Les accusations interviennent par ailleurs à la suite de combats acharnés qui ont tourné à la défaveur des assaillants. Ce détail pourrait ne pas être étranger aux révélations fantaisistes de perdants.

 

 

Un gâchis humain

La date est passée anodine et elle aura été presqu’occultée par les sondages tapageurs sur la côte de popularité de l’ancien Premier ministre d’IBK. Le prédécesseur de Modibo Keïta quant à lui oublierait difficilement le 21 Mai, date à laquelle il a courageusement assumé l’intervention peu glorieuse de l’armée malienne à Kidal, au détour d’un redéploiement de l’administration. Quoi qu’il en soit, les Maliens et les nombreuses familles endeuillées ne sont pas près d’en oublier le gâchis humain, matériel ainsi que la flétrissure qu’a provoquée par la démarche du jeune Pm. La perte a été d’une énormité telle que le pouvoir législatif s’en est singulièrement saisie en promettant de tirer au clair cette rocambolesque affaire. Mais, le rapport qui doit situer les responsabilités se fait attendre et il y a lieu de s’interroger sur l’opacité de l’autre camouflet que le peuple va devoir arboeer après l’incurie d’une aventure militaire, certainement la plus hasardeuse de notre histoire.

 

Un voisin gênant

Précisément 68 milliards Fcfa. C’est l’évaluation faite du coût de l’Accord par la partie algérienne, chef de file de la Médiation internationale pour la crise malienne. Le montant englobe les  frais d’hébergement des nombreuses délégations qui affluent massivement dans les hôtels d’Alger à chaque round de pourparlers pour y demeurer aussi longtemps que nécessaire. Ce n’est pas tout. Les délégations maliennes, pour la plupart des représentants de la Société civile sans impact sur les échanges, sont en outre pris en charge en nourriture et autres commodités. La facture ne sera heureusement pas prise en charge par le Mali d’autant que l’Algérie est si fière d’en ravir la vedette au Maroc, son adversaire juré sur la scène internationale. Pas seulement. Peut-être aussi que notre puissant (et naguère encore gênant) voisin se rachète d’avoir longtemps entretenu la crise malienne en exportant ses plus dangereux djihadistes du Septentrion.

 

 

‘’Mère‘’ boude l’Adema

Mme Konaré Mourou Diallo, alias N’Diaye Siby, il s’agit d’elle, n’est autre qu’une tante par alliance de l’ancien président Alpha Oumar Konaré. A la grande stupéfaction de ses camarades et protégés du parti de des Abeilles, elle vient de claquer bruyamment la porte de la famille politique des Konaré pour celle de Soumaïla Cissé, dans le sillage d’Iba N’Diaye, précédemment 1er vice-président du Pasj. Ce dernier revient d’ailleurs de la cité des Rails où, il a célébré, avec sa nouvelle famille, l’arrivée fracassante dans les rangs d’une dame très connue pour son activisme politique dans la capitale de la première région. Pour la circonstance, Iba N’Diaye s’était rendu dans son fief avec une forte délégation de camarades de l’Urd où, figure l’épouse de Soumaïla Cissé en personne. La cérémonie s’est déroulée en face de l’Hôtel de ville de Kayes, sis au quartier Plateau, en présence de griots et de nombreux membres de la section locale de l’Urd. Et, elle marque la deuxième démission d’une mère Adema pour une autre famille politique. La première s’étant produite en 2000 avec le départ de Feue Djénéba Samba Soucko pour le Rpm d’IBK. Comme quoi, le virus du nomadisme politique n’épargne pas même ceux qui sont censés prévenir les phénomènes qui l’occasionnent.

 

Ghana transport en loques ?

Naguère encore brillante de ses mille feux, la société Ghana transports n’est certainement que l’ombre d’elle-même. Ses difficultés à faire face à la rude concurrence dans le secteur s’illustrent par les nombreux cadavres de camions qui se ramassent à la pelle sur tous les tronçons interurbains. Il va sans dire des désagréments causés à la clientèle que le géant des transports de jadis arrive aujourd’hui à peine à faire quatre voyages de suite sans tomber une panne qui oblige les passagers à de longues attentes avant l’acheminement d’un véhicule à peine mieux portant. Il s’y ajoute naturellement que les courriers et colis acheminés d’une ville à une autre qui accusent de plus en plus un retard préjudiciable.

 

Plus de prisonniers  à Diré

A la différence de Taoudénit et Kidal, la maison de détention de la ville de Diré n’est pas officiellement fermée. Elle n’existe cependant que de nom depuis quelques temps car la bâtisse abrite moins de détenus que de reptiles. Les mêmes sources expliquent qu’elle a été considérablement vidée de son contenu suite au récent assaut perpétré par les rebelles touarègues en l’absence des forces de l’ordre. Bien que les assaillants en ont profité pour emporter des otages et quantité de matériels roulants, les prisonniers en n’ont apparemment profité pour prendre la tangente. Tout porte à croire que la fameuse attaque de Diré visait aussi la libération de détenus. Quoi qu’il en soit, les autorités régionales se limitent jusqu’ici à chuchoter l’affaire et ne pipe mot sur les mesures engagées pour retrouver les évadés, les renégats.

source:  Le Témoin

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