Assemblée nationale : FEU VERT POUR LA VALORISATION DES SOUS-PRODUITS D’ABATTAGE

Il s’agit de toutes les parties des animaux abattus qui ne font pas partie de la carcasse

 moncef marzouki president tunisien visite assemblee nationale malienne

Place de la République, on s’achemine vers la clôture de la première session ordinaire de la 5ème législature ouverte le lundi 6 avril. Hier, les députés ont entamé la dernière séance plénière avec 27 projets et propositions de loi dont un grand nombre a été renvoyé à une prochaine session.

Le premier texte examiné et approuvé, hier, est un projet de loi portant création de la cellule d’appui à la valorisation des sous-produits d’élevage.

On appelle sous-produit d’abattage toutes les parties des animaux abattus qui ne font pas partie de la carcasse. Il s’agit du sang, des os, des cornes, des sabots, des onglons, des matières stercoraires, c’est-à-dire le contenu des panses et intestins, des boyaux, plumes, mais aussi des viandes saisies exemptes de toutes maladies transmissibles. Tous les centres d’abattage génèrent d’importantes quantités de sous produits.

Notre pays est connu pour être un grand pays d’élevage dont le potentiel exploitable du cheptel est exporté sur pied ou transformé en viande dans 336 aires d’abattage, 7 abattoirs de type régional, 2 abattoirs frigorifiques et 14 centres d’abattage de volaille, indique le rapport de la commission du développement rural, saisie au fond.

En 2012, les chiffres d’abattage s’élevaient à 328 241 bovins, 560 dromadaires, 338 005 ovins, 545 199 caprins, 3 679 porcins et 6 031 067 volailles. La production contrôlée était de 56 684,275 tonnes, toutes espèces confondues. Le potentiel national en sous-produits d’abattage est donc énorme. Cette production de sous-produits est évaluée à 23 000 tonnes par an pour les abattages contrôlés. Cette production est appelée à augmenter significativement au regard de l’accroissement démographique, du changement des habitudes alimentaires et de la volonté affichée de notre pays d’exporter la viande au lieu du bétail sur pied.

La valorisation de ce potentiel est cependant demeurée en deçà des attentes, parce que les infrastructures d’abattage n’ont pas été conçues pour récupérer et transformer les sous-produits d’abattage. L’abattoir frigorifique de Bamako est le seul à disposer d’un atelier de transformation construit au moment de son implantation. Ceux de Kayes, Ségou, Sikasso, Mopti et Koutiala font une transformation sommaire du sang et des os en farines animales de façon artisanale.

Une infime partie des matières stercoraires et des cornes est transformée traditionnellement comme engrais en arboriculture et en maraîchage. Les os et une partie des cornes sont parfois utilisés dans la fabrication d’objets d’art et de parures.

C’est dire alors que l’essentiel des sous produits d’abattage est jeté dans la nature, quand il n’est pas stocké, pour être ensuite détruit. En plus du manque à gagner, une telle situation constitue une source de nuisance et la cause la plus importante de la pollution de l’environnement des centres d’abattage. Pour inverser cette tendance, un projet a été initié en 1987 avec l’Office malien du bétail et de la viande (OMBEVI). En 1993, une étude avait abouti à la nécessité d’implanter deux complexes de transformation (à Bamako et Ségou). Cela pour valoriser les sous-produits d’abattage par leur transformation en farines animales pour l’alimentation du bétail, de la volaille et du poisson ainsi que de leur transformation en engrais et énergie (biogaz).

En 2007, le projet a été redimensionné à la réalisation d’une unité de transformation à l’abattoir frigorifique de Bamako. La réalisation de cette unité a « été confrontée à la vente du titre foncier du site initial d’implantation du complexe ». Aussi le projet a été orienté vers la construction d’une unité à l’abattoir frigorifique de Sabalibougou qui est un gros pourvoyeur en sous produits d’abattage avec 200 bovins et 50 ovins/caprins par jour.

Mais l’ampleur de la pollution est telle que cette seule unité ne pouvait pas résoudre tous les problèmes.

La BADEA a proposé de mener une étude de valorisation des sous produits  à l’échelle nationale. Il est apparu nécessaire de créer une structure pérenne pour mieux prendre en compte la problématique de la gestion et de la valorisation des sous-produits d’abattage.

La création de la cellule d’appui à la valorisation des sous-produits d’abattage répond à cette préoccupation. Elle va coordonner et appuyer la promotion et la valorisation des substances et matières issues de l’abattage d’animaux de boucherie. Elle identifiera et diffusera les techniques et technologies appropriées de valorisation des sous produits, renforcera les capacités des acteurs du secteur en technologie de transformation des sous-produits d’abattage et contribuera à l’évaluation du degré de nuisance et de pollution des centres d’abattage.

Le texte a été approuvé à l’unanimité des 133 votants. Les élus ont ensuite examiné et approuvé à l’unanimité des 127 présents le projet de loi de ratification de l’accord de prêt signé ici à Bamako en janvier dernier entre notre pays et le Fonds africain de développement (FAD) en vue de financer le projet de renforcement de la sécurité alimentaire par le développement des cultures irriguées.

Nous reviendrons sur la suite de cette plénière dans notre prochaine livraison.

A. LAM

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