Alliance contre nature électorale : L’aventure ambigüe de Tièman Coulibaly

Jeune, instruit et engagé, Tièman Hubert Coulibaly, malgré tous ces atouts, peine à voler de ses propres ailes. Du coup, pour des intérêts sordides, il est en train de tuer à petits feux le parti qu’il a hérité de son père, l’UDD (L’union pour la Démocratie et le Développement). Si en 2012 il a soutenu les yeux fermés le candidat Dioncounda Traoré de l’ADEMA, au compte du scrutin du 28 juillet prochain, il a déjà pris armes et bagages au profit du candidat du RPM, IBK.tieman coulibaly ministre affaires etrangeres UDD

Le ministre malien des Affaires étrangères Tiéman Coulibaly

Pimpant ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale de la transition, brillant chef d’entreprise, Tièman, par faute de conviction est en passe de devenir un fainéant homme politique. Incorporé au gouvernement en récompense  de son activisme au sein du FDR (Front anti putschiste), mais surtout de son soutien à la candidature de Dioncounda Traoré au scrutin raté du 29 avril 2012, Tièman ne veut aucunement lâcher prise. Pour cela, contre toute hypothèse politique, il s’accroche de nos jours aux collets du ‘’Mandé mansa’’, en vue de monter coûte que coûte et quoi qu’il en coûte, avec lui à Koulouba. D’ailleurs, il n’a eu aucun répit d’occuper les premières rangées de la loge officielle lors du meeting de lancement de la campagne de ce candidat. Plus, il serait en train de mettre à profit l’influence de son rang de ministre des affaires étrangères pour battre campagne pour Ibrahim Boubacar Kéita dans les ambassades et autres représentations diplomatiques de notre pays dans les pays étrangers. « Dès qu’il a dit aux conseillers de notre ambassade que le prochain président du Mali n’est autre qu’IBK, tous ceux-ci ont viré dans son camp », témoigne un malien de l’extérieur. Lequel d’ajouter que la plupart des travailleurs de différentes juridictions consulaires sont devenus des relais de campagne électorale pour le ministre Tièman.

 

Comment Tièman a-t-il brusquement changé de veste ?

Au lendemain du putsch du 22 mars, le président de l’UDD était parmi ceux  qui enquiquinaient les Maliens sur la logique que tous ceux qui n’étaient pas au FDR, étaient contre le retour à l’ordre constitutionnel, l’exercice démocratique. Et ironie du sort, celui pour lequel Tièman gesticule aujourd’hui, Ibrahim Boubacar Kéita, n’était pas de ce bord.

 

Concernant le FDR, de nombreux observateurs de la scène politique malienne ont affirmé qu’il  regorge le gros du lot des opportunistes aux dents longues. Pourtant, afin de colmater les brèches et empêcher que ce regroupement ne soit pas  volé en éclats, on a institué une plateforme électorale entre les différents partis et mouvements politiques. Lors de la signature de cette plateforme, deux partis se sont abonnés aux absents, il s’agit du MPR et de l’UDD. Le premier, le MPR a choisi de faire chemin seul pour briguer la magistrature suprême sous ses propres couleurs. Malheureusement, cela n’a pas été le cas pour le parti du fils de Moussa Balla Coulibaly. A la surprise générale, Tièman , figure emblématique de l’UDD, comme un aventurier abandonné sur le désert, a opté de s’abreuver dans la rivière des tisserands. Ce soutien s’est matérialisé par la signature d’une coalition, dite de ‘’coalition pour le Mali d’abord’’.  Et depuis lors, pour lier l’acte à la parole, l’ actuel ministre des affaires étrangères s’affiche publiquement à toutes les rencontres, activités ou cérémonies de campagne d’IBK.

Le coup a été fatal à son parti. Ainsi, comme un coup de pied dans la fourmilière, presque tous les démembrements et élus influents du parti de la colombe ont immigré dans d’autres formations politiques (du FDR).

« Nous  sommes des militants, et non  des esclaves, on  ne peut plus accepter qu’on nous parachute des choix personnels d’une personne », confie un militant UDD de Koutiala, désormais dans le giron de l’ADEMA.

Une option à plusieurs risques politiques :

On n’a pas besoin d’être un observateur politique aguerri pour admettre qu’il y’a une main cachée de Dioncounda Traoré, dans l’émergence brusque de Tièman Hubert Coulibaly sur la scène publique. En reconnaissance au soutien de ce dernier à sa candidature lors du scrutin de 2012. Nommé ministre des Affaires étrangères, il  bénéficiera de tous les privilèges auprès du président de la République par intérim. Même le premier ministre ‘’pleins pouvoirs’’, CMD, fera les frais de ces reproches à l’endroit du  protégé  du président. Il sera contraint au départ forcé avec ses conseillers spéciaux, qui faisaient de l’ombre au jeune ministre Tièman.

Pour de nombreux observateurs, le président de l’UDD allait mettre à profit ces opportunités pour consolider les bases de son parti et se forger une forte personnalité pour faire une candidature honorable lors de l’élection présidentielle qui profilait à l’horizon.  Hélas comme en 2012, Tièman Hubert Coulibaly, sans consultation, aucune, des organes de son parti, décide de ne pas faire acte de candidature et jette son dévolu sur le candidat du RPM, IBK. Celui-là même qui n’a jamais été ni de près ni de loin de même bord politique que lui. Stratégie ou consigne politique ?

Difficile d’y répondre par la négative, étant donné que d’aucuns avancent un deal entre Dioncounda et IBK . Partant, Tièmanetant considéré comme le ‘’fils spirituel’’ du premier, celui-ci pouvait lui conseiller de jouer le jeu

 

En tout état de cause, cette aventure de Tièman Coulibaly est d’autant ambigüe qu’elle a mis son Parti face à un étrange destin.

Moustapha Diawara

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