Adema-URD : Un rapprochement vu d’un mauvais œil au niveau du RPM

Le vendredi 19 juin dernier, une délégation de l’Adema-Pasj conduite par son président Pr Tièmoko Sangaré s’est rendue au siège de l’Union pour la République et la Démocratie (URD). Une visite qui a été suivie de très près par les tisserands qui voient d’un mauvais œil ce rapprochement entre l’Adema, un parti de la majorité et  l’Urd, le principal parti de l’opposition.

Selon des sources proches de l’Adema, cette visite n’avait rien d’extraordinaire, puisqu’il s’agissait pour les deux formations politiques d’échanger sur les questions brulantes de l’heure  notamment, la restauration de l’intégralité territoriale du Mali, le retour de la paix, le renforcement de la démocratie, la gestion des affaires publiques. Mais aussi et surtout les possibilités d’alliance lors des élections communales et régionales à venir.

Le tout nouveau président de l’Adema  Tièmoko Sangaré, élu lors du 5èmecongrès ordinaire du parti tenu il y a quelques semaines, a expliqué qu’il a été décidé  par le bureau national du parti de faire des visites de courtoisie chez d’autres formations politiques pour présenter le nouveau bureau et les nouvelles orientations du parti. Il a aussi demandé le soutien de l’URD au regard de son poids sur l’échiquier politique national pour « sauver le pays ».

Le Pr Tièmoko Sangaré s’est dit convaincu qu’il ya des défis auxquels toute la classe politique malienne est appelée à faire face. Au nombre de ces défis, remettre le Mali sur les rails, le renforcement de la démocratie. Mais aussi, la  lutte contre l’irruption des religieux sur la scène politique et la préservation de la forme républicaine et laïque de la République.

Abondant dans le même sens, le chef de file de l’opposition, président du parti de la poignée de mains, l’honorable Soumaila Cissé, après avoir réitéré son engagement pour le bien-être des Maliens dira que son parti et l’Adema vont avoir ensemble un regard critique sur l’accord de paix. Car convaincu que la crise est en train d’être gérée avec un amateurisme  qui ne dit pas son nom.

Pour preuve, l’honorable Soumaila Cissé a mentionné l’impunité avec la levée des mandats d’arrêt contre des auteurs de crimes contre  l’humanité. Et d’indiquer que la réconciliation ne rime en rien avec l’impunité comme le pensent les autorités en place. A en croire le chef de file de l’opposition, tous les auteurs de crimes, sans exception, doivent être punis conformément à la loi.

Pour ce qui est de la venue des religieux sur la scène politique, Soumaila Cissé a promu que son parti et l’Adema  feront front commun  pour être des garde-fous. Et d’évoquer la disponibilité de sa formation politique à travailler avec l’Adema chaque fois que le besoin se présentera.

Si cette visite de l’Adema au siège de l’URD n’a rien d’extraordinaire comme indiqué par l’un des responsables des abeilles, elle est très mal vue par les tisserands qui en voient un rapprochement  dangereux pour  leur formation politique.

Des manœuvres pour rapprocher l’Adema et l’URD ?

Des sources bien introduites estiment qu’Ibrahima N’ diaye, après son départ de l’Adema au profit de l’URD aurait promis de tout mettre en œuvre pour se faire suivre par d’autres cadres de l’Adema au niveau de sa nouvelle formation politique. En plus de lui, Soumeylou Boubèye Maïga, un ancien de ce parti qui a créé sa propre formation politique, l’Asma-Cfp. Lequel s’est d’ailleurs doté d’un groupe parlementaire entre les députés de son parti et ceux de l’Adema à l’Assemblée nationale. Il s’agit du groupe parlementaire Adema-Pasj/Asma-Cfp.

L’on se souvient du discours de Soumeylou Boubeye Maiga lors de l’ouverture du 5ème congrès de l’Adema. Il avait laissé entendre que  l’Adema est leur patrimoine commun.

Pour preuve, dira-t-il, de nombreux cadres de son parti l’ASMA-CFP partagent le même itinéraire politique et de combat que ceux de l’Adema-Pasj.  Il avait aussi  demandé le rassemblement de toutes les forces démocratiques du pays avec un bilan commun et un projet politique commun.

En tout état de cause, cette visite du nouveau Comité exécutif national de l’Adema au siège de l’URD n’est pas passé inaperçue chez les tisserands qui tiennent à l’œil ces deux formations politiques dont le rapprochement constituerait un véritable danger pour eux. Surtout que le groupe parlementaire Adema-Asma compte le même nombre de députés que le groupe parlementaire VRD.

Une thèse que le RPM commence à prendre très au sérieux, surtout depuis l’interpellation « humiliante » du ministre du Développement Rural, Dr Bocari Treta, secrétaire général du RPM par un  député de l’Adema Bakari Koné sur le scandale des engrais de mauvaise qualité. Une interpellation qui a sérieusement suscité le doute chez certains sur la loyauté de l’Adema avec la majorité

D.Diama

 Source: Tjikan
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