Achat d’avion d’IBK : Le pouvoir à la recherche de boucs émissaires

Le régime en place excelle dans la fuite en avant et l’esquive. Malgré les fracassantes révélations sur les deux scandales (achat de l’avion d’IBK et le contrat d’équipements militaires), malgré les rapports d’audit de la cour suprême et du Bureau du vérificateur général, les auteurs de la surfacturation (estimée à une quarantaine de milliards de F CFA) et leurs complices, semblent bénéficier du soutien du président Ibrahim Boubacar Keïta. Avec ces deux sulfureux dossiers, IBK semble vivre actuellement dans un tourbillon indescriptible, tant les casseroles trainent autour de lui. Pour se tirer d’affaire (surtout avec le FMI), le Chef de l’Etat serait à la recherche de boucs émissaires idéals. Ceux-ci porteront forcément le chapeau à la place de certains vrais auteurs de ces sulfureuses affaires. Le premier bouc émissaire pourrait être l’ancien ministre de la défense Soumeylou Boubèye Maïga. Mais celui-ci est déterminé à vendre chèrement sa peau. Il pourrait faire couler beaucoup de gens, notamment des fistons, des neveux et des amis du président, fortement soupçonnés d’être impliqués dans ces scandales.

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Scandales financiers

IBK abandonné par les siens         

Les deux scandales qui éclaboussent le régime  depuis des mois ont eu des répercussions fâcheuses sur l’image du président IBK, à l’intérieur et à l’extérieur  du pays.

A l’intérieur, de nombreux politiques et cadres qui tentaient, au début, de défendre l’indéfendable, criant au complot, ont vite déchanté. IBK semble de plus en plus abandonner, même par ses alliés qui semblent prendre conscience des dégâts et de l’impopularité actuelle de leur mentor.

A l’extérieur, malgré ses incessants voyages, le chef de l’Etat est de plus en plus isolé. D’où ce commentaire d’un observateur «les autres dirigeants semblent l’isoler et s’écarter de lui. Diplomatiquement, IBK a pris un sacré coup avec surtout toute la médiatisation faite autour de l’affaire Tomi… ».

 

Ex junte de kati

Descente aux enfers pour la bande à Sanogo      

Malédiction. La bande à Sanogo, auteur du coup d’Etat de mars, n’en finit pas avec les malheurs. Après les inculpations consécutives aux exécutions sommaires de soldats (finalement enterrés dans une fosse commune à Diago, localité située à 15 Km de Kati), une autre affaire est en passe de connaître ses vérités. Il s’agit de l’affaire liée à la mutinerie du 30 septembre 2013 à Kati où au moins six militaires dont le colonel, Youssouf Traoré (membre influent de la junte) avaient disparu. Les restes de cet officier avaient été découverts dans un puit.

Dans les deux affaires, deux procédures judiciaires sont engagées. La première concerne les crimes de Diago. Dans ce dossier, 28 personnes ont été inculpées. Parmi eux, celui qui s’était auto proclamé «le Degaule malien ». Triste fin pour le général !

Dans le dossier de la mutinerie, sept militaires, tous proches  et/ou hommes de main de Sanogo, viennent d’être inculpés pour «meurtre, complicité de meurtre », par le juge en charge du dossier.

Mais aujourd’hui, la seule question qui se pose au sein de l’opinion malienne est celle-ci : le régime en place est-il capable de juger Sanogo et sa bande ?

A défaut, le bourreau de Kati et certains de ses hommes pourraient prendre le chemin de la Haye, où la Cour pénale internationale est déjà saisie du dossier malien.

 

Miss ORTM

Des islamistes s’agitent…      

« Ce n’est pas ce que IBK nous avait promis, lors de la campagne électorale. Il s’était engagé à interdire tout ce qui va à l’encontre de l’islam et de nos mœurs », ce sont là entre autres propos qu’on entend depuis des jours dans des milieux islamistes de Bamako. Ces mêmes milieux affichent ainsi leurs hostilités à l’organisation programmée de la nuit de l’ORTM qui consacre l’élection d’une miss. L’évènement est une initiative du comité syndical de l’ORTM. Mais ces religieux s’agitent et œuvrent actuellement à l’annulation de la soirée dont les préparatifs ont déjà commencé. Le régime va-t-il finalement céder à la pression ? C’est là toute la question.

SOURCE: L’Aube  du   13 nov 2014.
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