Abdoulaye Diop au Conseil des Ministres du G5 Sahel : «Des défis majeurs persistent face aux enjeux sécuritaires en Afrique et dans le monde, notamment dans la Région du Sahel»

Les Ministres des Affaires Étrangères des pays du G5 Sahel (le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad) ont tenu la session ordinaire de leur Conseil des Ministères.

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La cérémonie d’ouverture était présidée par le Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération internationale du Mali, qui assure la Présidence du Conseil des Ministres du G5 Sahel, Abdoulaye Diop. C’était hier mardi, 6 juin, à l’Hôtel de l’Amitié de Bamako.

Cette session ordinaire a, après avoir fait le point de la mise en œuvre des recommandations de la précédente session, s’est penchée sur le Rapport 2016 du Secrétaire Permanent, le Plan annuel de travail 2017, le Bilan d’exécution du Budget 2016 et le Projet de Budget 2017 et d’autres points non moins importants inscrits à son ordre du jour. La réunion a validé également la version actualisée du Programme d’Investissements Prioritaires 2017 -2019, ainsi que le processus d’organisation d’une table ronde de mobilisation des ressources pour sa mise en œuvre.

Rappelons que le Conseil des Ministres, comme le stipule la Convention de création du G5 Sahel est l’organe statutaire de mise en œuvre de la politique du G5 Sahel, telle que définie par la Conférence des Chefs d’Etat. Il assure le pilotage et l’impulsion stratégique.

En effet, le G5 Sahel a pour objet de garantir les conditions de développement et de sécurité dans l’espace des pays membres ; d’offrir un cadre stratégique d’intervention permettant d’améliorer les conditions de vie des populations ; d’allier le développement et la sécurité, soutenus par la démocratie et la bonne gouvernance dans un cadre de coopération régionale et internationale mutuellement bénéfique et de promouvoir un développement régional inclusif et durable.

En ce qui concerne ses missions, le G5 Sahel contribue à la mise en œuvre simultanée des actions de sécurité et de développement dans les Etats membres, grâce, notamment, à la consolidation de la paix, de la sécurité, et de la stabilité dans l’espace du G5 Sahel, au développement des infrastructures de transport, d’hydraulique, d’énergie et de télécommunication, à la création des conditions d’une meilleure gouvernance dans les pays membres, au renforcement des capacités de résilience des populations en garantissant durablement la sécurité alimentaire, le développement humain et le pastoralisme.

Le Secrétaire permanent du G5 Sahel, NAJIM ELHADJ MOHAMED, dira que ce Conseil ordinaire des Ministres se tient au moment où le Mali entame la conduite de la destinée de leur jeune organisation, avec deux priorités majeures dont la création effective de la Force Conjointe du G5 Sahel et la tenue de la table ronde de mobilisation des ressources pour la mise en œuvre du Programme d’Investissements Prioritaires.

En ouvrant les travaux de la présente session, le Ministre malien des Affaires Étrangères, Abdoulaye Diop, fera savoir que c’est la première fois que notre pays accueille sur son sol cette instance de leur organisation sous-régionale.

Selon Abdoulaye Diop, chaque année, les assises du Conseil des Ministres du G5 Sahel offrent l’opportunité de réitérer les engagements des Etats membres et leur attachement aux valeurs et principes fondateurs du G5 Sahel.

«L’interdépendance, la solidarité et la coopération interétatique pour la paix, la sécurité et l’intégration représentent les fondements de notre Institution commune. Activité essentielle dans la vie de notre organisation, la présente session nous permettra de nous focaliser en profondeur sur ces valeurs et fondements afin d’offrir de meilleures conditions d’existence aux peuples de notre espace sahélien », explique-t-il.

Le Ministre Abdoulaye Diop dira que les avancées sont palpables. Toutefois, souligne-t-il, des défis majeurs persistent face aux enjeux sécuritaires en Afrique et dans le monde, notamment, dans la Région du Sahel.

«La paix et la sécurité se sentent plus que jamais menacées. Les trafics illicites, la criminalité transnationale organisée, l’immigration clandestine, l’extrémisme violent, le changement climatique et l’insécurité alimentaire ont pour conséquence de ralentir considérablement notre développement économique et social », laisse entendre le Chef de la Diplomatie malienne.

Par ailleurs, le Ministre Diop dira que le Programme d’investissements prioritaires (PIP) du G5 Sahel a comme priorité la coopération transfrontalière afin que l’intégration régionale ne soit pas de vains mots.

Sur un tout autre plan, les Ministres des Affaires Etrangères des pays du G5 Sahel se sont félicités du fait que le processus de planification de l’opérationnalisation de la Force Conjointe du G5 converge, résolument, vers l’obtention d’un mandat du Conseil de Sécurité autorisant le déploiement de ladite Force, courant juin 2017.

Déclenché par la Décision historique des Chefs d’Etat, lors du 2e Sommet du G5 Sahel, tenu à Bamako, le 6 février 2017, portant sur la mise en place de ladite Force, ce processus a été marqué, particulièrement, par l’endossement du CONOPS stratégique par la 679e Réunion du Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA, tenue le 13 avril 2017, à Addis-Abeba. Et ce processus a été couronné par la tenue de la récente Réunion Informelle d’Information du Conseil de Sécurité de l’ONU sur la Force Conjointe du G5 Sahel, le 30 mai 2017, à New York. Une réunion à laquelle ont pris part activement le Groupe des Ambassadeurs du G5 Sahel à New York, les Experts des pays membres du Conseil de Sécurité et les Experts militaires du Secrétariat Général de l’ONU.

L’objectif visé était de mobiliser le Conseil de Sécurité pour l’adoption rapide d’une décision qui approuve le déploiement de la Force conjointe du G5 Sahel (FC-G5 S), et autorise le Secrétaire Général de l’ONU à identifier le mode d’appui financier et logistique durable et prévisible à apporter à ladite Force.

Pour ce faire, le Ministre Abdoulaye Diop a invité les partenaires bi et multilatéraux à apporter un appui renforcé en matière financière et logistique et partager les renseignements en temps réel. Ce, afin de faciliter l’opérationnalisation rapide et intégrale de la Force conjointe.

Sur un autre plan, Abdoulaye Diop a salué l’engagement de l’UE de mobiliser un montant de 50 millions d’euros destiné à l’opérationnalisation de la Force Conjointe du G5 Sahel, et à l’octroi de formations appropriées et de Conseil par le biais des missions PSDC (EUTM et EUCAP) et les actions de stabilisation du Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique.

«Nos échanges et les discussions devront nous permettre d’apporter notre contribution à la réalisation de la vision du G5 Sahel, qui est en train de devenir une communauté pleinement intégrée sur le plan économique et de l’intégration ; et surtout, une communauté qui garantit la sécurité à ses populations à travers une meilleure gouvernance et la restauration de l’Autorité de l’Etat sur l’ensemble de notre espace », a-t-il déclaré.

Enfin, le Ministre Abdoulaye Diop a lancé un appel pressant à ses homologues afin qu’il y ait davantage d’engagement dans ce processus allant dans le sens de la solidarité et de l’intégration régionale pour réaliser les objectifs énoncés dans la Convention du G5 Sahel et la vision des Chefs d’Etat en vue de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des Peuples du G5 Sahel.

Les travaux ont été sanctionnés par un communiqué final portant sur les conclusions et recommandations qui feront l’objet d’examen et d’adoption lors du prochain Sommet des Chefs d’Etat du G5-Sahel, prévu pour le 2 juillet 2017, à Bamako.

Salimata Fofana

 

Source: LE COMBAT

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