Abdoul Karim Konaté : Un bosseur frénétique

La hausse vertigineuse du prix de la viande avait perturbé les habitudes alimentaires. Plus grave, l’absence de viande dans les assiettes hypothéquait dangereusement la santé et la croissance des jeunes générations. A son actif aussi, le fait est rare, pour le souligner avec force : les élections consulaires libres et transparentes de la CCIM où le vaincu a félicité le vainqueur.

Abdel Karim Konaté ministre commerceAbdoul Karim Konaté, affectueusement appelé Empé, l’actuel ministre de l’Industrie et du commerce est un personnage qui vaut le détour. Les presque trois ans qu’il a passés dans les différentes équipes qui se sont succédées aux côtés du président intérimaire Dioncounda Traoré et du président de la République Ibrahim Boubacar Keïta ne semblent pas avoir marqué cet ex-douanier de son état. Konaté prend la tête du ministère en situation de crise.

Les minutes lui sont comptées. Il faut vite ramener la sérénité dans un mammouth nommé Chambre de commerce et d’industrie du Mali, en abrégée CCIM, en pleine ébullition. L’homme s’y mettra avec la conviction qu’on lui connaît. Le bilan se passe de tout commentaire : une transition réussie, couronnée par des élections consulaires libres et transparentes.

Rarement au terme de consultations électorales, le vaincu a félicité le vainqueur. Dans un passé récent, le ministre était accusé à tort ou à raison de collision avec un camp. Lui n’a pas eu à souffrir de ces critiques fondées ou pas. Certes, les candidats en lice méritent qu’on les tire le chapeau. Principalement le malheureux qui aurait pu choisir de descendre dans les caniveaux. Mais sa grandeur d’âme l’en est interdite.

De fil en aiguille, Abdoul Karim Konaté figure désormais dans le hit parade des personnalités politiques les plus populaires. L’action du ministre de l’Industrie et du commerce est jugée favorable par nombreux Maliens. Comment s’étonner de la préférence des concitoyens dès lors qu’il se plie en quatre pour répondre à leur préoccupation – l’amélioration du pouvoir d’achat – et qu’il est, à ce titre, très présent sur le dossier de la baisse drastique du prix de la viande bovine et des petits ruminants. Rien ne lui échappe, il entend être au courant de tout, afin de nourrir sa décision.

Coiffure soignée, fine moustache poivre sel, regard pétillant, il sait mettre ses interlocuteurs à l’aise. Un avantage non négligeable tant sa casquette de ministre de l’Industrie et du commerce lui impose un agenda démentiel. Entre les interminables négociations avec les intervenants de la filière viande et les rencontres avec les protagonistes de crise à la Chambre d’Industrie et de commerce du Mali, toutes soldées par une réussite. Tenez ! Les bouchers non seulement ont enrayé la spirale de la hausse, mais souscrit à un atterrissage. Jugez-en ! Le kilo de la viande avec os  a dégringolé à Bamako de 3.000 à 2 .500 F CFA pour retomber à présent à 2.000 F CFA. Même mouvement baissier enregistré au niveau des la viande avec os : 2 .5000 contre 3.500 F CFA auparavant.

Alors que le Bamakois est grand consommateur de viande, les rations qui lui en sont allouées ne correspondaient pas à ses besoins. La hausse vertigineuse du prix de la viande avait perturbé les habitudes et l’équilibre alimentaire. Plus grave, l’absence de viande dans les assiettes hypothéquait dangereusement la santé et la croissance des jeunes générations.

Nul doute que Konaté a triomphé où nombre de ses prédécesseurs se sont cassés les dents. Puisque l’appétit vient en mangeant, comme le dit l’adage, à charge pour lui de convertir les opérateurs économiques à l’idée de réduire le prix des céréales. Viande et céréales font bon ménage. Une faim insidieuse frappe les Maliens. Visible dans les sangs appauvris en vitamines, dans les regards soumis des femmes dont le silence est un reproche au mari.

Le Malien est un homme fier qui n’aime pas étaler sa misère et sait admirablement cacher ses souffrances. Doit-on pour autant en déduire qu’il pouvait se satisfaire indéfiniment de cette situation ? Le bon sens le plus élémentaire conduisait à en douter.

Georges François Traoré 

Source: L’Informateur

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