85 Jours sans Gouvernement

Le 11 juin 2020, Dr Boubou Cissé, alors Premier ministre d’IBK, rendait la démission de son gouvernement suite à la grande mobilisation du M5-RFP pour demander la démission du Président de la République d’alors. Malgré sa reconduction quasi simultanée, et la formation d’un mini gouvernement de 6 membres, l’équipe démissionnaire du 11 juin reste le dernier vrai gouvernement malien. 85 jours après, comment s’organise la charge administrative ?

« L’Etat est une continuité » disait le Colonel Assimi Goita lors de sa rencontre avec les secrétaires généraux des départements ministériels, le 19 Août 2020. Comme pour signifier sa volonté de ne pas voir la machine administrative avoir un coup d’arrêt, cette rencontre aura permis au nouvel homme fort du pays de rassurer les premières mains de la chaîne administrative.

Cependant, cette administration est restée dans l’expectative depuis 2 mois et 23 jours, maintenant, à cause du chamboulement de l’ordre constitutionnel et de la délocalisation du pouvoir à Kati. Bien que les agents de l’Etat continuent de se rendre au bureau, ils s’y tournent les pouces plus qu’autre chose. La cadence de travail a substantiellement baissé et aucun dossier n’est mené à terme en raison de l’absence de signature de la première autorité qui est le ministre.

Si à la fin du mois d’Août, les fonctionnaires ont pu percevoir leur salaire, malgré les sanctions de la CEDEAO qui rendaient inopérante la BECEAO, il y’a bien une raison qui est un secret de polichinelle. En effet, pour ne pas se mettre à dos cette frange de la population, les militaires au pouvoir ont préféré libérer prestement le dernier ministre de l’économie et des finances, Abdoulaye Daffé, pour régler la question des salaires.

Le blocage de l’ensemble du pays, durant 85 jours, n’a pas été sans conséquences. C’est fort, sans doute, de cet état de fait que le CNSP, sous la signature de son Président Assimi Goïta, a pris le décret 0011/P-CNSP du 1er septembre 2020, relatif aux attributions des Secrétaires généraux des départements ministériels. Par ce décret, les Secrétaires généraux jouent le rôle du ministre, dans sa plénitude, jusqu’à la signature du donneur d’ordre, à la seule exception des nominations.

Reste à espérer que ce décret permettra de redonner un semblant de normalité dans le fonctionnement de notre administration, avant un retour rapide et effectif d’un gouvernement.

 

Y.KEBE

Source: Bamakonews

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