1er congrès ordinaire de la COREAM : Bamba Gagny Kiabou tire sur tout ce qui bouge

Le Président réélu du parti Convention de réflexion et d’action pour le Mali (Coréam), Bamba Gagny Kiabou, est en colère contre tout et tous. Et il l’a fait savoir à la faveur du dernier congrès ordinaire de sa formation, tenu la semaine dernier, à l’hôtel Les Colonnes de Bamako.

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Pour Bamba Gagny KIabou, Président de Coréam, il n’est un secret pour personne au Mali que les premiers signaux donnés par le pouvoir IBK ne sont pas porteurs d’espoir. Il dénonce notamment les erreurs dans la gouvernance et les tâtonnements dont se rend coupable le gouvernement actuel. Il s’agit entre autres sujets de la cacophonie autour de l’achat de l’aéronef présidentiel, le scandale de surfacturations y afférent, la gestion de la fièvre hémorragique à virus Ebola, la gestion de la crise sécuritaire et donc, les pourparlers d’Alger. Concernant justement cette question, Bamba Gagny Kiabou met en garde le gouvernement contre tout laxisme devant entraîner la balkanisation du territoire du Mali. Pour lui et son parti, ces questions sont, sans ambages, existentielles pour le Mali.
Pour l’écrivain-poète qu’il est, la France amie du Mali doit à ce propos « clarifier sa la position » dans la crise que le Mali traverse. Il s’agit en clair pour le pays de François Hollande de « choisir entre l’Etat souverain du Mali et un groupe rebelle sans avenir » non représentatif de la population dont il se réclame.
La Coréam s’insurge aussi contre les propos des diplomates français selon lesquels il n’y a pas de solution militaire à la crise malienne. En effet, se justifie le Président de la Coréam, « nous ne sommes simplement pas d’accord lorsqu’un des pays les plus puissamment armés et qui fait la guerre sur plusieurs fronts dans le monde nous dit qu’il n’y a pas de solution militaire dans ce qui n’est autre qu’une guerre qui nous a été imposée. » Il dénonce donc ce projet de balkanisation du Mali qui se prépare à l’insu des Maliens. Invitant également ses compatriotes à ne pas se « laisser séduire par le fédéralisme. » Le cas nigérian est assez édifiant, fera-t-il remarquer.
Quant à la gestion de la maladie à virus Ebola, il s’est réjoui de la façon dont l’Etat a réussi à circonscrire les cas confirmés, mais déplore le fait que le gouvernement ait été attentiste et quelque peu amateur dans la prévention. Il reconnaît tout de même qu’une fermeture des frontières avec un pays côtiers est comme une « autostrangulation» pour l’intérêt  malien et son économie. Et de préciser : « malgré les griefs que le parti a contre le gouvernement actuel, nous ne souhaitons pas son échec. Ce serait de l’antipatriotisme. ».
Pour ce qui est de l’animation de la vie politique au Mali, le Président de la Coréam est contre la pensée unique, qui voudrait d’une « bipolisalarisation de la classe politique malienne » ; avec d’une part une majorité présidentielle et d’autre part une opposition. Il propose d’offrir au peuple du Mali plus de choix que ces deux pôles antagonistes et classiques. La Coréam et « alliés », dont le parti UDA de l’ex Candidat à la présidentielle, Cheick Kéita, se proposent en alternative pour ceux qui ne se retrouvent ni dans l’un ni dans l’autre des deux camps. D’où l’annonce de la mise en place très prochaine d’une alliance de partis politiques centristes plus porteuse des préoccupations de la majorité des Maliens.
L’actualité internationale n’a pas échappé à Bamba Gagny Kiabou. Le très branché homme politique propose l’artiste britannique Bob Gelfof au Nobel de la Paix. Son parti estime en effet que le rôle de cet homme en faveur de la paix (ses concerts contre la famine en Ethiopie en 1985 et plus récemment contre Ebola en Afrique de l’ouest) mérite d’être salué. D’ailleurs, pense-t-on à la Coréam, M. Geldof mérite mieux le Nobel que beaucoup : « des personnalités, des institutions moins méritantes que Bob Geldof ont déjà accédé à ce prix. »
Rappelons que la cérémonie d’ouverture de ce congrès a enregistré la présence des représentants de plusieurs formations politiques amies de la Coréam. Elles se recrutent dans la majorité aussi bien que dans l’opposition actuelle.
Amadou Salif Guindo

 

 

SOURCE: L’Enquêteur  du   29 déc 2014.
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