Rectification de la Transition: les réserves de l’Adema et du Parena

L’ADEMA/PASJ, le PARENA et d’autres formations politiques partageant les mêmes idéaux envisagent de mettre en place un front contre la gestion clanique et partisane de la Transition, pour la redéfinition du contenu de la Charte et imposer le respect du délai du processus.

Une forte délégation du Parti ADEMA-PASJ conduite par son Président Tiémoko SANGARE et comprenant Moustaph DICKO, Adama T. DIARRA, Yaya SANGARE, Oualy DIAWARA, Mme KONTE Fatoumata DOUMBIA a été reçue, ce lundi, par des responsables du PARENA, à savoir le Président Tiébilé DRAME et Djiguiba KEÎTA dit PPR Secrétaire général du Parti Bélier blanc.
La rencontre qui s’est déroulée au siège du PARENA a été l’occasion pour les deux formations politiques d’évoquer la crise politique que traverse le pays.
Pendant plus d’une heure, selon PPR, les deux parties ont déploré et condamné la prise du pouvoir par les armes parce qu’elle va à l’encontre des idéaux démocratiques de 1991 pour lesquels des Maliens ont fait le sacrifice ultime. C’est pourquoi, l’ADEMA et le PARENA, au cours de leur réunion, ont décidé de mettre en place une alliance avec d’autres formations qui partagent les mêmes idéaux démocratiques.
« Dans les jours à venir, l’ensemble de ces forces vont se mettre ensemble pour formaliser la création de cette alliance », a affirmé Djiguiba KEÏTA sans plus de précision.
La mission de ladite alliance c’est d’être une sentinelle contre les dérives dans la gestion de la Transition et de défendre des valeurs démocratiques dans le pays.
«Il faut que ça cesse qu’un militaire avec son arme agisse sur la scène politique », a dénoncé le Secrétaire général du PARENA. Le Mali a opté pour des valeurs démocratiques et ses principes doivent être respectés par tous les citoyens.
Aussi, les deux formations politiques ont mis en garde contre la gestion clanique et partisane de la Transition après avoir constaté que les militaires, sans aucune consultation, ont décidé de confier la gestion de la Primature au M5-RFP, nous a rapportés PPR. Cette approche unilatérale et solitaire ne doit pas prospérer, a-t-il ajouté.
« Nous ne serons pas d’accord que les militaires et le M5 se mettent dans un bureau pour décider du sort du pays. Nous disons non à cela. Nous pensons que la Transition est une courte période pendant laquelle on doit mettre l’accent sur l’inclusivité. Personne ne doit être exclu. Mais, ce qui se passe est tout le contraire. Or, le Mali ne se résume pas au M5 », a déclaré Djiguiba KEITA.
De même, l’ADEMA et le PARENA sont persuadés qu’il y a une nécessité de revoir la Charte de la Transition afin de modifier sa feuille de route. Parce que le temps presse et la Transition doit prioriser ses activités.
« Aujourd’hui, nous n’avons pas le temps de faire la révision ni de faire le projet de découpage territorial. A cet effet, nous avons estimé qu’il est important de tenir une réunion de deux jours avec l’ensemble des forces vives pour aborder ces questions », a indiqué Djiguiba KEITA, avant d’ajouter que la priorité de la Transition doit être consacrée seulement à l’organisation de la présidentielle et des législatives courant 2022.
S’agissant de l’organisation des élections, les deux partis politiques estiment qu’il faut mettre en place une CENI pour gérer les scrutins. «On ne veut pas que l’Administration territoriale organise ces élections», a affirmé PPR.

Par Sikou BAH

Source: info-matin

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