Le M5-RFP au pouvoir : La fin inévitable d’un cycle

La nomination le 07 juin dernier du Dr Choguel Kokalla Maïga au poste de Premier Ministre de la  transition annonce la fin d’un cycle de gouvernance de prétendus « démocrates » au Mali.

En fait de 1961 à 2021, cela fait 61 ans de gouvernance pour la plupart par des civils hors mis le règne de 23 ans de l’UDPM de feu général Moussa Traoré. Toutes les stratégies ont été essayées et ont montré leurs limites.

L’avènement du Dr Choguel Kokalla Maïga à la primature, celui-là même au lendemain de la chute du régime de l’UDPM en mars 1991, créa le Mouvement Patriotique pour le Renouveau (MPR) se réclamant un héritier pur-sang, n’est autre que la fin d’un cycle de gouvernance politique d’une certains classe politique ayant eu à gérer le Mali trente ans, sans partage.

La conséquence directe de cet état de fait, est la mise à sac des acquis des Présidents Modibo Kéïta à Moussa Traoré par une horde « de politiques, démocrates avisés et attitrés » se sont révélés au grand jour, comme de véritables pourfendeurs du pays.

Tous les compartiments de l’Etat-Nation du Mali ont volé en éclats ; Armée, justice, santé, agriculture, emplois. Rien n’a été épargné transformant ce beau pays en un machin méconnaissable, trois décennies après.

Le M5RFP après des mois de lutte contre IBK et son régime ont fini par avoir raison de celui-là par l’entremise de la junte du CNSP le 18 août 2020.

Après neuf mois de mise à l’écart, le M5RFP vient d’être remis dans ses droits avec le poste de Premier Ministre et quelques ministères.

Dr Choguel Kokalla Maïga qui a été de tous les régimes d’ATT à IBK, se voit propulsé au poste stratégique de PM. Le M5RFP accède enfin au gouvernement. L’occasion est ainsi offerte à celui que d’aucuns qualifient de « politicien chevronné », de réaliser la refondation, maître mot de la lutte du M5RFP dont il est le Président du Comité Stratégique.

Rappelons que règne de feu Modibo Kéïta à nos jours, tout a été essayé. Et l’honneur échoie au Dr Choguel de faire la politique autrement afin d‘aboutir à la refondation devant conduire le pays vers une quatrième république.

Ce cacique de l’UDPM, formé en ex URSS devra prouver ce dont il est capable. L’heure n’est plus aux erreurs, encore moins aux fautes. Son échec ne sera que la fin d’un cycle qui est parti du règne de l’US-RDA au dernier des mohicans, S.E.M. Ibrahim Boubacar Kéïta que le même Choguel qui fut son porte-parole attitré, l’a combattu jusqu’à sa chute.

Voilà la troisième semaine que Dr Choguel Kokalla Maïga est en fonction, aucune ligne ne bouge et la date fatidique du 27 février pour les élections présidentielles et législatives fixée par la communauté internationale, arrive à grands pas.

Selon une grande personnalité de la place, « Aliou Boubacar Diallo risque de créer la surprise en arrivant à Koulouba grâce à sa machine qu’il a déjà mise en place et est entrain de bien huiler. Son parti s’implante sérieusement »

« Des candidats comme Seydou Mamadou Coulibaly de CIRA n’ayant aucune base politique digne de ce nom, perd son temps s’il est bougrement riche. Ce n’est pas l’argent qui fait la politique, encore moins fait monter à Koulouba. Il s‘agit d’une base et d’une équipe bien soudée », a poursuivi notre interlocuteur. Aussi, a poursuivi notre interlocuteur, « A CIRA, il n y a pas d’engagement sincère et manque de stratégie de certains collaborateurs », a remarqué notre interlocuteur.

A en croire nos informations, les dissensions au sein des partis politiques avec trop de tendances, le candidat Aliou Boubacar Diallo risque de créer la surprise, voir un hold-up électoral lors de cette présidentielle de 2022.

Au rythme où évolue le tandem Assimi/Choguel et la pression internationale, rien n’indique qu’ils réussiront à organiser des élections présidentielles et législatives justes et transparentes dans le délai imparti, remarquent bien d’observateurs avisés. « La réussite de la transition réside dans un sursaut national qui obligera la communauté internationale à nous accepter », conseille un grand sage.

Malheureusement, poursuit notre interlocuteur, « il y a une absence notoire de consensus. Pourtant le pacte de l’imam Mahmoud Dicko, rentrait dans ce cadre et qu’il n’a jamais cessé de marteler aux plus hautes autorités par ces mots : « Un Président distant, un PM froid, un vice-président ambigu ». Ce qui lui a valu un courroux sans précédent. Mais cet homme de foi, patriote dans l’âme, est resté de marbre et poursuit son combat pour rassembler le peuple pour un sursaut afin de sauver notre pays.

En attendant, le PM Choguel Maïga poursuit sa diversion et son populiste notoire avec un Président de la transition certes pas politique, mais visionnaire et pragmatique afin d’éviter au Mali, des lendemains difficiles. Et sa visite chez l’ex Pm Dr Boubou Cissé a choqué plus d’un. D’ailleurs Issa Kaou Djim ne l’a-t-il pas qualifié d’avoir trahi la mémoire des victimes des 10, 11 et 12 juillet 2020 à cause desquelles il occupe le poste de PM ? ».

En tout cas, l’échec du Dr Choguel Kokalla Maïga va fermer le cycle de cette gouvernance tatillonne. « En réalité, Choguel est tombé avant même de prendre le pouvoir à la Cité Administrative de Bamako», prédit un observateur.

Bokari Dicko

Source : Mali Demain

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