Taoudéni : des communautés et tribus autochtones se rebellent contre leur exclusion du processus d’opérationnalisation de la nouvelle région en cours

L’opérationnalisation et la mise en place des autorités intérimaires de la nouvelle région de Taoudéni, née du dernier découpage administratif irritent certaines communautés et ethnies locales qui dénoncent leur exclusion du processus et mettent en garde.

Dans un communiqué en date du dimanche 7 juin 2020, les communautés et tribus Kel Antassar, Tenguereguef et alliés, Kel Haoussa chérifienne et alliés, le Conseil supérieur des fractions Aghazaf chérifiens et alliés, ainsi qu’Idnane du Mali, haussent le ton contre une (éthnicisation silencieuse) du processus de mise en place des autorités intérimaires et l’opérationnalisation de la région de Taoudéni.

En effet, lesdites communautés et ethnies dénoncent la prise de certaines décisions politiques et administratives relatives à la réorganisation territoriale de ladite région ; la mise en place des autorités intérimaires ;  la nomination sélective des responsables de services déconcentrés entre autres.

«L’élan que prend cette dynamique s’avère de plus en plus communautarisé», peut-on lire dans le communiqué cosigné des différentes communautés concernées qui signalent par la même occasion : « la nouvelle réorganisation est malheureusement non inclusive pour nos communautés respectives, malgré leur appartenance aux terroirs concernés par le découpage, et porte les germes d’un profond déchirement entre les différentes communautés des régions de Taoudéni, Tombouctou et Kidal ».

Par conséquent, les responsables des communautés et tribus victimes d’exclusion dans le processus d’opérationnalisation de la région de Taoudéni « interpellent non seulement les autorités nationales, mais aussi les acteurs majeurs de la paix au Mali, notamment la CMA, la Plateforme et les mouvements, afin qu’ils veillent à l’inclusivité et à l’équité dans le processus d’opérationnalisation de la région de Taoudéni », note ledit communique.

En outre, ils invitent les autorités maliennes et leurs frères des communautés voisines des régions de Taoudéni et Tombouctou à « plus d’ouverture dans les initiatives menées dans l’intérêt des indissociables populations ».

Face à de telles situations de nature à provoquer des contestations populaires ou conflits communautaires, il incombe aux autorités nationales de prendre le terreau par les cornes en assurant le commandement de tout le processus et de gérer les problèmes avant qu’il ne soit trop tard. La preuve : la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, issu du processus d’Alger, en dépend.

Ousmane Tangara

Source: Bamakonews

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