Sortie de crise et gestion de la situation sécuritaire au Nord du Mali : Polémique autour de la fin de la mission de la MINUSMA ou la redéfinition de son mandat

Certaines sources font état de la volonté exprimée à huis clos par le Premier ministre Moussa Mara d’aller progressivement vers la fin de la MINUSMA  l’Etat malien étant en mesure d’organiser et de sécuriser lui-même les élections communales prévues au dernier trimestre de cette année 2014. Cette position n’est point partagée par les responsables de la mission onusienne établis à Bamako. Ils ne se privent pas de le laisser entendre de façon sibylline. Pendant ce temps, le chef du gouvernement souhaite officiellement pour la mission onusienne  » un nouveau mandat  » axé sur le recouvrement de la souveraineté de l’Etat malien sur son territoire.membres conseil securite onu mission conference dialogue mnla azawad nord mali paix albert koenders minusma

De sources concordantes, le gouvernement souhaite que la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) soit conduite vers son terme. Son efficacité n’étant plus évidente. On se rappelle les critiques que les autorités maliennes ne se privent pas de formuler à l’encontre des fonctionnaires onusiens dont le chef à Bamako avait été un moment boudé par des ministres, notamment celui de la Sécurité. Le Général Sada Samaké avait ouvertement déploré le manque d’implication de la MINUSMA dans le rétablissement de la sécurité au Mali. Le président de la République lui-même avait eu des mots durs à l’endroit du diplomate néerlandais après que l’avion du Premier ministre d’alors, Oumar Tatam Ly, n’ait pu atterrir à Kidal. Avant cet incident fâcheux, des membres du gouvernement avaient vu leurs véhicules caillassés par une foule de nervis en colère à la solde du MNLA, sous le regard indifférent des éléments de la MINUSMA. Le nouveau Premier ministre Moussa Mara se serait montré récemment plutôt enclin à voir la MINUSMA tendre vers la fin de sa mission au Mali. Il aurait exprimé cette position au patron de la mission onusienne lors de la rencontre qu’il a eue avec celui-ci à la primature, le  mardi 15 avril 2014, après sa prise de fonction.

En effet, avant son déplacement sur New York pour faire le point des activités de la mission, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies au Mali et chef de la MINUSMA, Albert Bert G. Koenders, avait été reçu en audience  le 15 avril à la Primature par le chef du gouvernement, Moussa Mara. Après qu’il eut félicité le Premier ministre pour sa nomination, celui-ci lui aurait reproché  le manque de visibilité réelle des actions sécuritaires de la MINUSMA. Comme pour dire que la mission a perdu de son efficacité puisque sa présence sur le terrain (à Kidal) ne dissuade plus les bandits et criminels qui continuent de multiplier  les attentats et agressions.

Selon certains observateurs, le rôle que joue la MINUSMA reste très important même si, au plan dissuasif, sa présence a besoin d’être renforcée en terme de moyens, d’équipements pour une meilleure surveillance du territoire, en collaboration avec les forces de défense du Mali.  C’est dans ce sens que le Premier ministre Moussa Mara a déclaré, lors de sa déclaration de politique générale, que le gouvernement compte tout de même travailler avec les équipes de la MINUSMA pour gérer l’étape du redéploiement de l’administration dans le septentrion.

Avant de souligner :  » Nous allons nous employer dans les semaines à venir pour que cette mission soit dotée d’un nouveau mandat plus axé sur l’accompagnement de notre pays dans le recouvrement de sa souveraineté sur son territoire « . Comme pour dire que si le mandat actuel de la MINUSMA ne lui confie qu’une mission de  » stabilisation « , elle n’est plus efficace. Elle doit voir sa mission requalifiée en mandat pour appuyer l’Etat malien à recouvrer toute sa souveraineté sur tout son territoire. Mais c’est cette requalification qui fait polémique. Puisque les cadres de la mission se sont toujours contentés du rôle de  » stabilisateur  » en contemplant le statu quo ante avec Kidal, échappant au contrôle de l’Etat malien (les forces de la MINUSMA dans une position d’empêcher tout mouvement de l’armée malienne). Il faut désormais aller plus loin !

Bruno Djito SEGBEDJI

 

source:L’independant

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