Région de Tombouctou : BESOIN CRUCIAL D’ÉTAT

La Coordination des associations des ressortissants des cercles de la région de Tombouctou ont tenu une assemblée générale, samedi au CICB, en présence de nombreux cadres de la région dont l’ancien Premier ministre Ahmed Mohamed Ag Hamani, l’ancien député Baba Haïdara et l’imam Mahmoud Dicko.
Au cours de cette rencontre entre fils et filles du même terroir, les préoccupations de la région ont été exposées. Les ressortissants de la 7è Région, ont été unanimes à souligner que leur région, vaste de 497 926 km2 et partageant plus 2000 km de frontière avec la Mauritanie et l’Algérie, était devenue, depuis déjà 20 ans le sanctuaire des terroristes et narcotrafiquants de tous bords. La densité de population est de seulement 1,4 habitant/km2.

Mohamed Ag Hamani ancien premier ministre pdg bdm Collectif ressortissant nord mali Goundam kidal

À l’issue de cette rencontre, les participants ont formulé des recommandations adressées aux pouvoirs publics. « A l’adresse des plus hautes autorités, la coordination salue les efforts déjà engagés et demande instamment, des dispositions diligentes pour poursuivre le redéploiement de l’appareil d’Etat, à tous les échelons de la région, afin de stopper les déplacements des populations et les stabiliser ; renforcer la sécurité des personnes et des biens aussi bien dans les villages et campagnes que sur les axes routiers interurbains et forains ; soutenir les systèmes de production ruraux (agriculture, élevage, pêche) par des subventions d’intrants pour sauver la campagne 2015 ; assurer le retour honorable et digne des déplacés et réfugiés dans l’équité et la justice sociale ; rétablir les services sociaux de base (école, santé) par la réhabilitation urgente des infrastructures ; multiplier les rencontres inter et intra communautaires pour promouvoir le dialogue social et le pardon ».
La rébellion armée déclenchée le 17 janvier 2012 au Nord du Mali a été l’une des plus désastreuses au triple plan social, politique et sécuritaire pour le Mali, indique la déclaration finale. Le conflit a, en effet, sérieusement ébranlé la cohésion sociale et les ressorts du vivre ensemble en raison de l’extrême violence physique et psychologique de certains épisodes. La vie économique a été perturbée et la coexistence rendue difficile entre les populations, dans une région déjà défavorisée par la nature du fait des conditions climatiques peu clémentes.
Les trois ans d’occupation de la région ont finalement abouti à une situation de déconfiture totale dans laquelle les populations ont vécu et continuent à vivre dans un désarroi innommable. Les services sociaux de base (école, santé, systèmes d’alimentation en eau potable) sont complètement détruits, les services publics vandalisés. Plus de 60.000 ressortissants de la région vivent le calvaire de la privation et de l’humiliation dans des camps de réfugiés en Mauritanie et au Burkina Faso.
La vie des populations est rythmée par des épisodes d’insécurité avec des assassinats souvent ciblés, des agressions, des enlèvements et des pillages de villages. Les organisations de la société civile de la région de Tombouctou à l’instar de celles des autres régions du nord et de la société civile nationale se sentent particulièrement interpellées.
L’imam Mahmoud Dicko a invité à faire la différence entre l’islam et le terrorisme. Il a appelé les uns et les autres à ne pas considérer les terroristes comme des gens qui sont en train de faire du « jihad », autrement dit la guerre sainte. Pour Mahmoud Dicko, les terroristes ne sont pas des musulmans et abusent du nom de l’islam. Pour lui, Boko Haram est un « complot pour dénigrer l’islam à travers des attentats et des crimes odieux ».
Ahmed Mohamed Ag Hamani a mis l’accent sur la nécessité de renforcer le dispositif sécuritaire dans les villes d’abord avant de parler de projets de développement. Car, de son point de vue, il faut éviter les pièges du passé : investir sans prendre en compte l’aspect sécuritaire.
A. DIARRA

source : L’ Essor

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.