Processus de sortie de crise au Mali: Les lignes bougent

Après trois années de souffrance, notre pays commence à prendre le chemin de la sortie de crise. De la signature de l’Accord de paix aux arrangements entre groupes armés à Anefis, de la rentrée des classes à Kidal à la visite du Président de la République à Paris pour la conférence de l’OCDE sur le financement de l’économie et le développement du Mali, plusieurs facteurs annonciateurs de la sortie de crise sont de plus en plus perceptibles.

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Cela, grâce au leadership et à l’engagement du Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, qui confirme tout le bien que les Maliens pensaient de lui. En effet, malgré la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation le 15 mai, parachevée le 20 juin, les affrontements entre les groupes armés n’avaient pas cessé dans le nord.

Pire, l’insécurité avait même tendance à se transporter vers le sud du pays en passant par le centre, mettant ainsi à rude épreuve tous les efforts de paix. La prise d’otages à l’hôtel Le Byblos à Sévaré, les attaques de Fakola et de Misseni, celle du poste de police de l’autogare laissaient penser que la signature de l’Accord de paix était loin de résoudre la crise.

Ces attaques terroristes n’avaient, en réalité, d’autres objectifs que de saper les efforts de paix entrepris par les autorités maliennes. Mais c’était sans compter avec le Président IBK, qui n’a cessé d’interpeller la communauté internationale pour assister le Mali dans la mise en œuvre de l’accord et amener les groupes armés dans le processus de paix.

Les pressions de la communauté internationale sur ces groupes ont fini par payer. En effet, les groupes rivaux d’hier (la CMA et la Plateforme pro-Bamako), mais également des notables et chefs de tribus, se sont réunis à Anéfis, à une centaine de kilomètres au sud de Kidal. A l’issue de la rencontre, qui s’est achevée le jeudi 15 octobre dernier, tous les ex rebelles et la Plateforme ont déclaré avoir fait la paix.

Ce furent des négociations directes, sans intermédiaire. «On a abouti vraiment au règlement de tous les problèmes qui existaient entre nous, avec la libre circulation des personnes et des biens, avec tous les arrangements sécuritaires nécessaires, pour qu’ensemble on se côtoie dans notre grand Nord Mali», s’est félicité un responsable de la communauté des Imghads, membre de la Plateforme des groupes armés loyalistes. Avant d’ajouter «le tout, Inch’Allah, servira à consolider le processus de paix».

Sentiment partagé chez les ex CMA: «oui, on peut dire que tous les différends sont réglés», a confirmé un leader de l’ex mouvement rebelle. Indiquant, au passage, «après, nous avons procédé à l’échange de prisonniers. Nous avons décidé de mettre en place des caravanes de sensibilisation pour expliquer aux populations le processus de paix que nous avons fait ici».

Cette réunion a marqué un tournant décisif dans la gestion de la crise malienne. La suite, on la connaît. Les élèves ont repris le chemin des classes, il y a une semaine, à Kidal, et, bientôt, l’administration malienne et les forces de défense et de sécurité seront redéployées dans la 8ème région administrative du Mali. Le Gouverneur ne va plus administrer la région depuis Gao, il sera installé dans ses bâtiments à Kidal.

Cette embellie a été soutenue à Paris par la visite d’Etat du Président IBK au bord de la Seine. Au cours de cette visite, les partenaires du Mali ont décidé de soutenir le financement de son économie et de son développement, celui du nord en particulier. Au cours de cette visite d’Etat, le Président français, François Hollande, a également réaffirmé l’engagement de son pays à être aux côtés du nôtre dans la sortie de crise, dans le respect de son intégrité.

Mieux, François Hollande a décidé d’octroyer, pour la période 2015 – 2017, 360 millions d’Euros à notre pays. Sur cette manne financière, 80 millions iront vers le nord, avec 50 % de don. Il a affirmé: «nous sommes conscients de ce qu’il convient de faire pour appuyer le développement économique lorsqu’il est déjà particulièrement dynamique. Et c’est le cas dans une bonne partie du Mali. Mais, il faut créer des infrastructures, d’où les dons, là où il y a eu, à cause de la guerre, un arrêt des activités».

C’est dire qu’après la guerre, le Mali commence sa sortie de crise sous de bons auspices. Ce qui fait que les lignes bougent dans le bon sens. Désormais, le crépitement des armes va laisser place aux investissements, pour le bonheur des populations maliennes.

Youssouf Diallo     

Source: 22 Septembre

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