Pourparlers d’Alger : Démarrage des discussions malgré des absents de taille

modibo keita haut representant chef etat dialogue inclusif inter malien

Alger abrite depuis hier, le début du premier round des discussions directes entre le gouvernement malien et les groupes armés. Celles -ci devraient conduire à un accord préliminaire qui sera finalisé au Mali. Plusieurs personnalités gouvernementales et de la société civile malienne y participent. Cependant, l’absence d’autres personnalités risque sans doute de peser sur ces pourparlers.  

C’est hier mercredi 16 juillet que la phase initiale du dialogue inclusif inter-maliens a démarré dans la capitale algérienne en présence d’une forte délégation ministérielle conduite par notre chef de la diplomatie, Abdoulaye Diop et comprenant, entre autres, le ministre de l’Intérieur et de la sécurité, général Sada Samaké, celui de l’action humanitaire et de la reconstruction des régions du nord, Hamadoun Konaté, le ministre de la décentralisation et de la politique de la ville, Ousmane Sy. S’y ajoutent le ministre de la réconciliation nationale M. Zahabi, le haut représentant du chef de l’Etat pour le dialogue inclusif inter-maliens, l’ancien premier ministre Modibo Kéïta. En fce de ceux-ci, les leaders des six mouvements politico-militaires du nord du Mali conduits par Al AGABASS Ag Intallah ainsi que les ministres des Affaires étrangères des pays impliqués dans le processus de paix au Mali.

 

D’un point de vue strictement technique, les négociations devraient se dérouler en trois phases. Il s’agira, dans un premier temps, de valider une feuille de route des négociations, puis d’aborder les négociations proprement dites avant d’aller au fond des problèmes et d’en ressortir avec un accord solide.

En d’autres termes, il s’est agi , au cours de cette première rencontre de mercredi de définir la méthodologie voire le chronogramme de travail. Aujourd’hui, jeudi les participants essaieront de voir comment mener les discussions et sur ce quoi elles doivent porter, il s’agira aussi d’écouter les exigences de chaque partie.

 

Ces négociations sur lesquelles tous les regards sont rivés seront suivies par un collège de médiateurs et un autre de facilitateurs. L’Algérie, l’Union africaine (UA) et la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) feront partie des médiateurs, tandis que l’Union européenne (UE), la France, le Niger et le Nigeria seront parmi les facilitateurs.

Côté gouvernement, c’est une forte délégation de 38 personnes. En plus des cinq ministres membres du gouvernement, on dénombre une quinzaine de personnalités considérées comme des experts du dossier du nord du Mali pour l’avoir souvent traité et pour avoir même été présents, en ce qui concerne certains d’entre eux, lors de la signature de précédents accords comme celui d’Alger ou encore le pacte national. D’autres encore parmi eux sont soit originaires du nord soit d’anciens rebelles reconvertis et actuellement émissaires de l’Etat malien.

 

Parmi ces experts figurent le Général de brigade Minkoro Kané, ancien gouverneur de région, le général Bréhima Siré Traoré, lui aussi ancien gouverneur et plusieurs fois chargé du Commissariat du nord sous Alpha Omar Konaré. Le secrétaire général du bureau du haut représentant du président de la République pour le dialogue inclusif inter-malien, l’ancien ministre Ousmane Oumarou Sidibé, les anciens ministres Malick Alhousséiny et Baba Berthé et Mahamadou Magassouba y participent.

L’ancien directeur général de la police nationale et l’un des acteurs clés de la signature de l’accord d’Alger de 2006 et ancien Commissaire au nord, l’inspecteur général Mahamadou Diagouraga et Zeidan Ag Sidalamine, ancien membre de la rébellion touarègue, la maire de Goundam, Seck Oumou Sall, Fatimata Touré et Sidi Mohamed Ag Ichrach. S’y ajoutent Mohamed Ag Erlaf, directeur de l’ANICT, l’ex-ministre délégué au budget, Lassine Bouaré, Ibrahim Ag Idbaltanat, Docteur Amadou Traoré, Colonel-major Adama Kamissoko, gouverneur de Kidal, Maouloud Ould Mohamed, du consulat malien de Tamanrasset.

Il faut signaler la présence de l’ancien gouverneur de Kidal et actuellement ambassadeur du Mali à Niamey, Alhamdou Ag Illiyène ou de l’ancien ministre Zéïny Moulaye ou encore le général Ould Meydou, ancien chef des opérations militaires au nord et présentement chargé de mission à la défense.

 

Des absents de taille

Plusieurs personnalités de marque et fins connaisseurs de ce dossier n’ont pas été contactés par les autorités maliennes. En premier lieu, le négociateur de l’accord du 18 juin de Ouagadougou, président du Parena, Tiéblé Dramé.

L’honorable député de Bourem, Mme Haïdara Aïssata Cissé, qui s’est battue au plus fort de la crise, parcourant presque l’Afrique et une bonne partie de l’Europe et le plus souvent à ses frais pour que l’unité du pays soit préservée, a été elle aussi ignorée par le gouvernement. Quand on sait qu’elle est particulièrement redoutée par les bandits enturbannés à cause de sa profonde maitrise de la question du nord et de son sens de la répartie, c’est assurément une perte pour la délégation malienne.

Les anciens premiers ministres, Mohamed Ag Hamani, Ousmane Issoufi Maïga qui ont pourtant animé plusieurs conférences sur la crise du nord, ont été aussi écartés.

 

Tout comme l’ancien député Assarid Imbarkawane, ou encore Choguel Kokala Maïga, tous originaires du nord. Ce qui va surement affecter les résultats de ce dialogue car ces personnalités avec leur connaissance du dossier, et leur expérience en matière de négociations pouvaient certainement contribuer au dénouement de cette crise en privilégiant les intérêts supérieurs du Mali.

 

Abdoulaye DIARRA

SOURCE: L’Indépendant

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