Paraphe de l’accord de paix : La Coordination entre le marteau et l’enclume

Le délai qu’ils se sont fixé pour éventuellement parapher le projet d’accord expire ce dimanche, mais le Mnla et acolytes peinent toujours à adopter une position commune. 72 heures, tout au plus 2 semaines. Voilà le délai que la Coordination des mouvements de l’Azawad s’était imposé pour éventuellement apposer ses initiales au bas de l’Accord pour la paix et la réconciliation que le gouvernement malien et la Plateforme des mouvements d’auto-défense ont paraphé le 1er mars dernier dans la capitale algérienne

A trois jours de l’expiration de ce délai, des observateurs en sont toujours à se demander si les mouvements membres de la Coordination arriveront à accorder leurs violons. Ce, d’autant que la rencontre qui devait se tenir  mardi, à Kidal, pour permettre aux membres de la CMA, a été reportée à hier mercredi, puis à ce jeudi compte de l’atmosphère électrique qui a régné sur l’ouverture de cette réunion, hier.

Des témoins sur place estimeraient, selon le site de RFI, qu’il sera d’ailleurs difficile de faire évoluer les différentes positions. Selon la même source, des populations civiles, venues des alentours ou de plus loin par les pistes seraient remontrés à bloc contre une éventuelle signature de l’accord et l’ont manifesté, hier. Au point que les chefs politiques et militaires ont décidé de reporter à demain jeudi la grande réunion commune. Toutefois, les responsables devraient se retrouver en petits comités toute la journée d’hier, en conclave avec la jeunesse, les femmes, les combattants… Une réunion avait lieu mercredi midi, et d’autres étaient prévus dans l’après-midi. L’objectif de la CMA est de lire et d’expliquer le document d’Alger à tous les délégués de la jeunesse, des chefs de faction et de tribu, ainsi qu’à ceux des réfugiés. C’est ainsi dire que les responsables sont désormais dans l’embarras, et se retrouve entre le marteau de la communauté internationale, qui attend des mouvements qu’ils signent ce document, et l’enclume d’une population hostile au projet d’accord d’Alger.

Il nous revient d’autres sources que une bonne frange de la population kidaloise reste bien favorable à la signature de l’accord mais, aurait du mal à se manifester par peur de représailles. Des observateurs de la situation redoutent désormais que les mouvements membres de la Coordination partent à la signature en rang dispersé. D’ailleurs, des sources proches de la Minusma révèlent que depuis Alger, certains mouvements membres de la CMA étaient prêts à parapher le préaccord, mais, l’équipe de médiation a préféré que la Coordination adopte une position commune afin d’éviter d’autres situations.

Bakary SOGODOGO

source :  Le Prétoire

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