otages au mali Fin de captivité pour quatre Français enlevés en 2010 au Niger

Ils sont enfin libres…

Thierry Dol  Daniel Larribe Niamey,

Après trois ans de détention dans le désert malien, quatre otages français d’al-Qaïda au Maghreb (Aqmi) ont été libérés à la suite d’une négociation sous l’égide du président du Niger.

Trois ans, un mois, seize jours. Les quatre plus anciens prisonniers du Sahara sont enfin libres. « Je veux vous annoncer une heureuse nouvelle. Je viens d’apprendre par le président du Niger que les otages d’Arlit, viennent d’être libérés », a annoncé le Président Hollande dans une allocution à Bratislava après avoir prévenu lui-même les familles et avant d’égrener les noms.

La longue épreuve

Thierry Dol, Daniel Larribe, Pierre Legrand et Marc Féret, employés par Areva et Vinci dans les mines d’Uranium au nord du Niger, avaient été enlevés à Arlit par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) le 16 septembre 2010. Ils sont arrivés hier à Niamey, la capitale du Niger peu avant 19 heures. Ils rejoindront Paris dans la journée. « C’est une épreuve. Je remercie tout le monde et j’ai hâte de rentrer » a réagi Thierry Dol, qui paraissait moins fatigué que les trois autres, très amaigris, barbus, les traits tirés, vêtus comme des peuplades du désert.

Une douche et un repas

« Leur première réaction ? Ils ont souhaité une douche puis un bon repas. Un médecin les a examinés. On ne peut pas dire qu’ils sont en bonne santé vu leur état de fatigue physique et nerveuse mais leur santé est correcte », raconte le ministre des Affaires Étrangères, Laurent Fabius. Enlevés au Niger, ils ont été conduits au Mali dans l’Adrar des Iforas. Les quatre ont passé plusieurs mois séparés avant d’être regroupés sans doute pour des raisons logistiques et parce que leurs geôliers ont dû se replier après l’intervention française au Mali. Ces derniers ont perdu leur chef Abou Zaïd et la logistique d’Aqmi. Ils étaient sous pression depuis un mois.

Ni rançon ni assaut

Le ministre des affaires Étrangères a très vite démenti le versement d’une rançon par l’Etat ou par Areva. Ces démentis sont systématiques. Mais cette fois, le gouvernement avait averti que « la France ne paierait pas ». Cela lui avait valu les critiques des familles des otages. Il semblerait qu’une négociation en 2012 ait échoué faute de versement d’argent ou d’armes. « Pas de rançon et pas d’assaut non plus » selon le ministre de la Défense Jean-Yves le Drian. Les quatre hommes ont été libérés au Mali. Leur libération n’a « aucun rapport avec l’opération menée au Mali par l’armée française la semaine dernière » selon Laurent Fabius qui ajoute : « Elle n’est due qu’à la médiation du président nigérien ».

Négociation à l’africaine

François Hollande a aussi d’emblée exprimé « toute sa gratitude » et a rendu hommage au président nigérien Mahamadou Issoufou. Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian étaient hier dans son bureau avant d’accueillir les otages. C’est l’homme clé, celui qui disposait des relais, sans doute des groupes touaregs amis pour obtenir ce succès de l’autre côté de la frontière.

« Bravo à nos équipes nigériennes » déclarait le Président Issoufou qui renforce son prestige dans la zone sahëlienne, sa position vis-à-vis de la France et son action contre le terrorisme. S’il n’y a pas de rançon, il peut y avoir des compensations.

Modestie et consensus

Dans une période difficile pour lui même et son gouvernement, le Président aura fait preuve de modestie à l’égard de son allié a et gardé un ton solennel. La classe politique, dans un beau consensus, exprimait joie et soulagement au diapason des familles des otages émues. Après ces libérations, sept Français sont toujours détenus de par le monde : deux au Sahel, un au Nigeria, quatre en Syrie. « Je pense à ces sept otages », conclu François Hollande, « je leur dis ce message simple et bref : ne perdez pas espoir, ne perdez jamais espoir, la République est là toujours solidaire ». Comme pour ceux d’Arlit, elle aura besoin d’appuis solides pour libérer les autres.

 

Source : dna.fr

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