Nord-Mali : Les horizons pour la paix s’obscurcissent

C’est en mi-février, en principe, que s’annonce la reprise du dialogue inter-malien à Alger. Après tant de jalons posés, lors des rounds précédents, pour parvenir à la signature d’un accord avec les mouvements armés séparatistes, les chances d’une paix durable pourraient s’être envolées avec les récentes évolutions sur le théâtre des affrontements intercommunautaires.

 ville tenekoun region nord maliSi le cessez-le-feu intervenu la semaine dernière est strictement observé, depuis plus de 72 heures, c’est que chacun des mouvements armés rivaux du septentrion (séparatistes et loyalistes) a été éprouvé par l’un des plus sanglants affrontements survenus que la zone ait connus. En effet, après plusieurs jours d’hostilités et de tirs nourris entre leurs positions respectives, les protagonistes du combat, sur fond de règlement de comptes intercommunautaire, continuent d’enterrer et de pleurer leurs morts.

Toutefois, du côté de la coordination comme de celui de la plateforme, un flou artistique entoure le bilan car chaque camp revendique la suprématie et se prévaut de lourdes pertes infligées à l’autre. Difficile de confirmer ou d’infirmer.

Mais, pour sûr, l’expédition de Tabankort n’aura sans doute pas été la promenade de santé habituelle pour le Mnla et ses alliés connus sous l’identité de Coordination des Mouvements Armés de l’Azawad. En plus d’avoir été vaillamment contenus par le camp adverse, les mouvements de la plateforme en l(occurrence, l’aventure  leur a aussi couté une lourde perte infligée par les forces internationales dont les positions ont essuyé les éclats de la belligérance. L’épisode est d’ailleurs à l’origine d’un mur de glace érigé entre le trio Mnla-HCUA-MAA et la Minusma dont le siège a vandalisé à Kidal, fief de la rébellion séparatiste.

C’est dans ces entrefaites qu’est intervenue, selon nos sources, une disposition obtenue en Algérie, qui oblige tous les mouvements armés à libérer les principales villes au profit des forces onusiennes. Le texte,  qui devrait être entré en vigueur depuis le Samedi dernier, préconise de tenir les mouvements armés à une dizaine de kilomètres de leurs positions antérieures, est en train de faire les choux gras des forces de la coordination. Elles en ont profité, en effet, pour lancer un ultimatum au camp adverse en menaçant de reprendre les hostilités à Tabankort si les mouvements de la Plateforme ne s’y retiraient dans l’échéance impartie.

Avec un tel regain de violence, il est difficile de parier sur un accord de paix dans le calendrier fixé par les parties, à l’issue du dernier round d’Alger. Tout annonçait pourtant l’amorce d’une sortie de crise avec les nombreuses concessions faites par la partie malienne, dans le cadre de décentralisation poussé et l’élargissement des pouvoirs locaux.

Mais le futur obstacle à la paix dans le Nord-Mali pourrait se révéler par une dimension communautaire difficile à juguler en cas d’épaississement des barrières intercommunautaires imputable aux récentes hostilités.

 

Abdrahmane KEITA

 

Source: Le Témoin

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