Minusma-suivi de l’accord et attaques dans le centre du pays: vers le déploiement d’une force de réaction rapide

Le Secrétaire général adjoint des Nations unies en charge des opérations de maintien de la paix, Jean Pierre LACROIX, a effectué une visite de travail et de prise de contact de trois jours, dans notre pays, du 15 au 17 mai. Au terme de cette mission, il a animé le mercredi dernier à l’hôtel Salam de Bamako, une conférence de presse pour se prononcer sur les objectifs de cette visite tout en appréciant les avancées enregistrées dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale dans notre pays.

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Pour la circonstance, M. LACROIX en charge des opérations de maintien de paix des Nations Unies avait à ses côtés le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies au Mali, Mahamat Saleh ANNADIF.
Selon M. LACROIX, cette 1ere visite au Mali, 6 semaines après sa désignation à ce poste, avait pour objectif d’examiner, avec les autorités maliennes, la MINUSMA l’évolution de la situation du pays, en matière politique et sécuritaire. D’autre part, il s’agissait, selon le responsable onusien, de venir s’enquérir des difficultés opérationnelles sur le terrain en prélude au renouvellement du mandat de la MINUSMA. Afin, soutient-il, de formuler des recommandations d’amélioration du mandat de ladite mission dans notre pays. C’est dans cette optique, a-t-il rappelé, qu’il a été reçu en audience par le président de la république, IBK.
À ce dernier, le responsable onusien a indiqué avoir remis une lettre d’amitié, de solidarité et d’engagement du Secrétaire général des Nations Unies pour le Mali. Outre le chef de l’État de notre pays, M. LACROIX a informé qu’il a tenu des rencontres avec le gouvernement, l’opposition et la hiérarchie militaire malienne avant de se rendre à Tombouctou auprès des soldats de la MINUSMA. Il a expliqué que la visite à Tombouctou avait pour objectif d’aller rendre hommage aux soldats de la MINUSMA et leur exprimer tout le soutien et la solidarité des Nations Unies pour le travail qu’ils sont en train de faire.
Par ailleurs, a-t-il précisé, qu’avec le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies au Mali, ils ont fait une escale en Algérie et au Niger. Selon le conférencier, ces deux pays, dans l’effort collectif de ramener la paix et la stabilisation au Mali, jouent un grand rôle. Il était donc important, à son avis, d’aller dans ces pays pour parler de la sécurité dans la zone.

Bientôt un groupe de réaction rapide de la MINUSMA
Sur la mise en œuvre de l’accord pour la paix dans notre pays, il a estimé que le processus évolue « trop lentement » même si des progrès encourageants ont été récemment réalisés qui méritent d’être salués et poursuivis. Il s’agit de la mise en place des autorités intérimaires, la tenue de la Conférence d’entente nationale et les réformes institutionnelles engagées par nos autorités.
Pour la lutte contre le terrorisme, M. LACROIX a fait savoir qu’avec ses interlocuteurs, il a été question du mandat de la MINUSMA et la force en préparation du G5 Sahel. Pour ce qui concerne la MINUSMA, il a indiqué que la mission onusienne a encore des manques en matière de capacité. Le conférencier dit avoir bel espoir que très prochainement, un certain nombre de renforts s’ajouteront au groupe en vue de combler ce manque. Ce renfort aidera la MINUSMA d’exercer pleinement sa mission de stabilisation, de protection des populations et de leurs biens, a-t-il soutenu. Dans la même foulée, le responsable onusien a annoncé que dans le centre du pays, qui connaît des attaques répétitives de la part des groupes terroristes, il sera déployé une force de réaction rapide. Cette force sera constituée essentiellement de soldats sénégalais engagés au sein de la MINUSMA. Toujours dans la dynamique de lutte contre le terrorisme, il a salué l’initiative du G5 Sahel qui exprime l’engagement des Chefs d’État de la zone de prendre en main les défis sécuritaires et de lutte contre le terrorisme.

Détérioration du climat de confiance entre des parties
Pour compléter les propos de M. LACROIX, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies au Mali, M. Mahamat Saleh ANNADIF, a précisé que la mise en œuvre de l’accord pour la paix connaît certes des difficultés, mais pas une panne ni un blocage. À son avis, les difficultés sont dues aux agissements des groupes armés signataires de l’accord pour la paix sur le terrain qui se regardent comme des ennemis, depuis la violation du cessez-le-feu signé en septembre 2016. Depuis cette date, a-t-il fait remarquer qu’entre la CMA et la plateforme, il y avait une grande méfiance, même si sur le plan politique, elles continuent toujours de siéger au sein du comité de suivi de l’accord. Malgré ces difficultés, bon an, mal an, des actions de mise en œuvre de l’Accord pour la paix se poursuivent, a-t-il rassuré.
« Le fait que les deux mouvements continuent à se harceler, continuent toujours à s’affronter a été un élément de retard dans la mise en œuvre de nombreuses choses que nous devrions faire », a-t-il regretté.

La CMA bloque la mise en place du MOC de Kidal
Dans son speech, M. ANNADIF a également déclaré que la mise en place du MOC de Kidal connaît du retard à cause du refus de la CMA de libérer le camp n° 1 de la ville.
« Kidal était la première ville où on a fait le 28 juillet 2016 l’installation formelle des autorités intérimaires. Or, il est prévu dans l’accord que c’est l’opérationnalisation du MOC qui devrait sécuriser les autorités intérimaires. Jusque-là, nous n’avons pu mettre en place le MOC tout simplement parce que la CMA n’a pas libéré le camp n° 1 de Kidal qui devrait servir de lieu de cantonnement », a-t-il déploré.
Par ailleurs, il a saisi cette occasion pour interpeller solennellement les responsables de la CMA afin de libérer le camp n° 1 qui doit servir à l’opérationnalisation du MOC, tout en demandant à ce groupe de respecter les décisions prises de commun accord. Dans tous les cas, le refus de la CMA de libérer le camp n° 1 de Kidal constitue déjà un facteur blocage du processus, a-t-il martelé.
Le conférencier a indiqué que cette situation est due au fait qu’il n’y a pas de cessez-le-feu entre les deux mouvements qui s’affrontent presque au quotidien. Toutefois, prévient-il, si l’on ne prend pas garde et s’il y a une menace pour l’accord pour la paix, c’est la persistance des hostilités entre ces deux mouvements.

Par Sikou BAH

 

Source: info-matin

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